Lo. Lii. Ta.

Avis sur Lolita

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"Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois, contre les dents. Lo. Lii. Ta."

Voilà. Vous avez là toutes les raisons de lire Lolita. Que dis-je ? De vivre Lolita, d'aimer Lolita.

Une histoire que l'on ne présente plus, je crois. Le pauvre Humbert Humbert, passionné par les nymphettes. Les nymphettes, ces jeunes filles charmantes, très charmantes même, mais très jeunes, aussi.

Pourtant, Humbert Humbert, on l'aime. Vraiment, on l'aime bien. On le comprend, vous savez. Je veux dire, on en vient même à penser que c'est lui, la victime, rongé par un désir qu'il sait interdit. Il s'exprime tellement bien, Humbert Humbert (et oui, je compte l'écrire en entier à chaque fois, parce que je trouve ce pseudonyme génial.), qu'on lui céderait le bon Dieu sans confession. (Vieille expression, bonjour.). Et même, quand vient ce mot, ce mot affreux, ce mot qu'on refusait de penser, tant il semblait inadapté au pauvre Humbert Humbert... Ce mot, "pédophile". Argh, je vous jure, ça a fait un court circuit dans mon cerveau. Non, non, je ne voulais pas voir Humbert Humbert comme tel, malgré les faits accablants. Non, Humbert Humbert, ce n'est pas de la pédophilie, lui c'est de l'amour, de la passion. Pas juste un désir sexuel. (Ahah, que je suis naïve.). Ce mot vient après quelques chapitres, quand on ne peut plus rien nier, c'est Humbert Humbert lui même qui l'utilise. Mais non, non, il n'a pas voulu passer. Pour vous dire, sur ces quelques centaines de pages, je me souviens avoir vu ce mot là, très exactement, au début d'un chapitre de la première partie. Et je vous promets que j'ai encore bêtement du mal à avaler ce fait pourtant indéniable.

Lolita, il l'aime. Vraiment. D'un Amour que personne n'aurait pu retranscrire aussi bien. Un Amour violent. Un Amour coupable. Et chaque fois que cet Amour est évoqué, c'est à en avoir des frissons.

Parce que Nabokov écrit comme un Dieu. Je raconte n'importe quoi, il écrit mieux que Dieu lui même. Dieu écrit comme un CP qui tient son crayon avec les pieds à côté de Vladimir. Non, mais vraiment. N'ayez pas l'air sceptique comme ça, vous n'avez pas lu le début de ma critique ou quoi ? Je vous jure, à plusieurs reprises, j'ai relu des phrases, paragraphes, voire chapitres entiers tellement ils étaient des chef d'oeuvres d'écriture. Je les relisais, et je me disais qu'on n'aurait pas pu mieux formuler l'idée. Que la phrase était parfaite. Que les mots s'enchaînaient génialement naturellement. J'ai dû relire le premier chapitre au moins 10 fois et le dernier 15. Donc forcément, là, je ne peux vous dire qu'une chose, au lieu de lire cette critique, courrez dans une librairie/bibliothèque/médiathèque, agressez un employé, volez Lolita, et aimez la.

J'ai vu ce qu'on reprochait au livre : une seconde partie plus faible que la première et trop de références.
Ok. J'accepte la critique. (Oui, j'aime ce livre tellement profondément qu'un reproche me semble être une attaque personnelle.)
Je dirais que je suis d'accord pour dire que la seconde partie ne vaut pas la première. La conquête de Dolly est forcément plus captivante que ce qui peut s'en suivre. Mais la fin. Cette fin ! Mon Dieu. Cette fin est parfaite. Vraiment. Parfaite. Je ne peux pas en dire plus, je ne voudrais pas vous spoiler. (Remarquons que je me suis auto-spoilée en lisant des critiques et le résumé du film, mais que ça n'a rien gâché. Mais ne lisez pas le résumé SensCritique du Lolita de Kubrick, c'est une infâme fourberie.)

Pour les références, ok, il y en a beaucoup, ok, je ne revendique pas les avoir toutes saisies parfaitement. Mais il y en a des saisissables, et il y a des notes qui expliquent. Merde, je sais que c'est chiant de lire les notes, mais faut faire un effort, aussi, des fois. On ne peut pas tout vous pré-mâcher dans la vie.

Sinon, je voulais originalement le lire en Anglais. Mais je suis une grosse larve et après quelques chapitres, je suis passée au Français. Mais la traduction ne gâche vraiment en rien l'écriture. Vraiment. Et finalement, je suis contente de l'avoir lu en Français, comme ça maintenant, je vais pouvoir redécouvrir Lolita, dans sa langue natale.

Nabokov, mon Dieu.

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