Soeurs - Bernard Minier

Avis sur Sœurs

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Certains auteurs ont un don pour donner vie à des personnages dont l’envergure dépasse largement le contexte d’un seul livre (Franck Thilliez notamment, intarissable pour le duo Sharko/Hennebelle). Bernard Minier quant à lui, donné au commandant Martin Servaz un destin hors du commun et prouve qu’un personnage construit sur des bases solides peut avoir une belle carrière, d’autant plus si sa vie privée et professionnelle s’entremêlent pour le faire évoluer plus loin encore…

Soeurs est le cinquième opus de la série consacrée au commandant Martin Servaz. Si Glacé et Cercle m’ont fasciné et envoûté au même titre que certains essentiels tels que Les Rivières Pourpres de J.C Grangé ou La Chambre des Morts de F.Thilliez, plaçant Bernard Minier à une place indétrônable, je vous avoue m’être depuis quelque peu égarée en cours de route : N’éteins pas la lumière n’a pas atteint à mon goût la force de conviction de ses prédécesseurs. Quant à Nuit, je l’ai trouvé un peu trop retors et (honte à moi) je l’ai finalement vite oublié… Mais je pense aussi qu’à certaines périodes de nos vies de lecteurs, nous pouvons être pour X raisons moins réceptifs à une oeuvre et passer tout bonnement à côté de sa juste valeur.

J’ai passé un bon moment de lecture avec Soeurs, même si je n’ai pas retrouvé mon engouement pour les premiers titres de l’auteur. Bernard Minier a choisi de situer l’intrigue sur deux périodes. En 1993, deux soeurs d’une vingtaine d’années sont retrouvées mortes sur une petite île de la Garonne, entravées et vêtues de robes de communiantes… Ce sera la première enquête du jeune Servaz alors âgé de 24 ans, qui porte déjà le deuil douloureux de son propre père… L’enquête se dirige rapidement vers l’écrivain Erik Lang dont les jeunes femmes étaient fans, et dont le titre d’un de ses succès est La Communiante… Vingt-cinq ans plus tard, en 2018, Amalia, la femme de l’écrivain est assassinée dans sa propriété… Un meurtre qui replonge Martin Servaz dans le passé, remettant en cause le dénouement de sa première enquête…

L’intérêt de cette intrigue qui s’étire sur plus de 25 ans est double : elle va permettre à l’auteur de développer en amont le personnage de Martin Servaz, qui a ses débuts de jeune flic avait déjà « une façon non conventionnelle de raisonner« , de l’enrichir d’un passé complexe, ce qui à mon avis est judicieux et plaisant. C’est aussi l’occasion de comparer l’évolution des procédures judiciaires sur les deux époques, notamment sur la mise en garde à vue des suspects…

Sans rien dévoiler de l’intrigue, celle-ci donne lieu a plusieurs réflexions autour de l’écrivain : la relation entre un auteur et ses fans, la portée d’une oeuvre, ou encore le métier d’écrivain à l’heure des réseaux sociaux. Il y a assez peu de personnages et hormis les événements du départ, assez peu d’action, mais ce n’est pas une critique, loin de là, car le livre se dévore du début à la fin. Bernard Minier, en grand spécialiste des rebondissements inattendus nous réserve quelques surprises, et une chose est sûre : la vérité une fois éclose n’épargne personne…
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