Gruiiiiiiiik !

Avis sur Truismes

Avatar Colibri des Bois
Critique publiée par le

Je sais à quel point cette critique pourra semer de trouble et d angoisse, à quel point elle perturbera de gens. Je me doute que le site qui acceptera de prendre en charge ce ressenti s'exposera à d'infinis ennuis. Le confinement ne lui sera sans doute pas épargné, je tiens à lui demander tout de suite pardon pour le dérangement. Mais il faut que j écrive ces propos sans plus tarder, parce que si on me retrouve dans l'état où je suis maintenant après ma lecture, personne ne voudra ni m'écouter ni me croire. Or taper sur un clavier me donne de terribles crampes. Je manque aussi de lumière, je suis obligé de m'arrêter quand la nuit tombe, et j écris très, très lentement. Je ne vous parle pas de la difficulté pour trouver cet ordinateur, ni de la boue, qui salit tout, qui dilue l'encre à peine sèche. J'espère que le site de Sens Critique aura la patience de déchiffrer cette écriture malséante et voudra bien prendre en considération les efforts terribles que je fais pour écrire le plus lisiblement possible. L'action même de me souvenir m'est très difficile. Mais si je me concentre très fort et que j'essaie de remonter aussi loin que je peux, c'est à-dire juste avant les événements, je parviens à retrouver des images.

Depuis la lecture de ce livre, j'ai pris un peu de poids, peut-être dix kilos, vingt, allons disons trente maximum. Je me suis mis à avoir constamment faim et ces kilos de trop ne se sont pas harmonieusement répartis sur toute ma personne, je le vois dans le miroir. J'essaie de ne plus manger le midi et de sauter des repas. Page après page, je n'entre plus dans mes vêtements. Je fais des rêves bizarres, ils se terminent en eau de boudin. Je me lève pour vomir parterre. Quand on m'invite au restaurant je mange comme quatre. Heureusement grâce au passe sanitaire je n'y vais plus. Je n'arrivais plus de toute façon à passer la porte de chez moi. Cette prise de poids a sans doute constitué les tout premiers symptômes de ma métamorphose. Mes grognements gênent les voisins. Mes cris effraient les enfants. Ils me font envie. J'ai faim sans arrêt. Je mange tout ce qui me tombe sous le sabot. Les fleurs dans le vase y sont passées. Plus j'enfle plus mon compte en banque se creuse. Je cours au désastre. Mon corps se déforme. Mes yeux porcins se brouillent. Je n'arrive plus à relire mes notes. Gruiiiiik. Pour ne rien arranger, j'ai de plus en plus une écriture de cochon.

Nowowak

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