J’ai un bureau, c’est la table de ma cuisine, est-ce que je mérite le peloton d’exécution ? Quant au mot blême, il ne me dérange pas à ce titre qu’il apparaît dans ce qui est sûrement le plus beau poème de Verlaine « Mon rêve familier ».


J’ai dû procéder à une deuxième lecture de l’ouvrage tellement il ne m’en était rien resté. Est-ce ma mémoire qui défaille, qui sélectionne ou est-ce ici la preuve de la grande vacuité littéraire de Moix ?


Moix aime jouer avec les mots, en construire des associations insolites dont certaines claquent et d’autres sont d’une laideur épouvantable, comme si enfermé dans un monde clos, différent du nôtre, il écrit ce qui chez lui sonne juste et dissone chez les formatés de la belle langue. Son autisme prosodique ne parle qu’à lui-même et je ne suis pas à l’abri d’être atteint d’un mal similaire.


Une lettre d’amour, entre rancœur et analyse, constat d’échec, d’incompatibilité, déballage d’un ressentiment irréconciliable.


Enfin une lettre, plutôt un long poème, une longue litanie en prose, du moins pour la première partie du bouquin, la seconde étant plus douce à l’intellect, des réflexions qui font parfois mouche sur l’universel masculin.


Pour conclure, un livre inutile, du vent sur papier, de l’ampoulé moderne, Moix dans ses pires inclinations.


Il joue à l’original, au créateur de nouvelles formes, au déstructurant et ça tombe lamentablement au fond d’un abîme littéraire, même si je salue la volonté et l’ambition de proposer et produire.


Une minuscule brique dans le mur d’un édifice dont le temps jugera de la valeur.


                    Samuel d’Halescourt

http://vicissitudesdukindred.blogspot.fr/

Créée

le 13 sept. 2015

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