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Une vie bouleversée par Aymeric Walden

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Une vie bouleversée… bouleversante Etty. Ecrivaine qui ne sait pas qu’elle en est une. La reconnaissance n’est venue que 30 ans après. Etty parle de la conception juive de l’exode : aux yeux des plus sages, l’histoire n’était qu’une redite de la traversée du désert vécue par le peuple hébreu. Malgré le spectacle horrifiant, qu’en tant qu’assistante sociale du camp de Westerbork, elle avait sous les yeux, son optimisme demeura intact.

Elle a voulu épouser l’histoire de son temps : la déportation vers la Pologne des juifs de Hollande. Transmettre un message. Le message de la beauté de la vie en dépit des circonstances extérieures qui sont liées aux hommes. Il y a réellement un courant inextinguible qui nous traverse tant qu’on ne nous a pas tué, la vie nous relève quoi qu’il nous arrive, on a les ressources pour se relever physiquement et moralement. Etty l’a vécu des dizaines de fois, chaque fois elle a patienté, et chaque fois la vie en elle s’est révélée plus forte que les affres qu’elle endurait.

C’est une personne intègre, profondément humaine, douée d’une force morale, qui s’efforce de poser un regard sans préjugé sur toutes les situations. Souvent elle s’en amuse même dans la noirceur, dans la boue. Sans pathos même de circonstance, la jeune femme reste très digne. Elle déploie un courage à toute épreuve.

Ne dut-elle toucher qu’une personne par ses écrits, cette personne ce serait le lecteur/la lectrice, sa mission serait accomplie. Partout dans des camps des compagnons d’infortune luttaient pour que ces sombres heures ne soient pas vaines mais prélude d’un monde métamorphosé, brillaient comme des lanternes d’espoir. Etty était l’une d’elles. Encore aujourd’hui elle nous interpelle.

Son œuvre n’en est que plus réaliste par l’absence de réalisme qu’elle a choisi délibérément de lui imposer. L’absence de contours de l’époque et du lieu terribles dans lesquels elle vit est délimitée par la description précise de ses états intérieurs.

15 jours avant sa déportation on trouve parmi ses lettres une description d’un réalisme poignant : c’est volontairement qu’avant elle a choisi de ne pas écrire sur les allemands, les juifs qui ont retourné leur veste. Une description de comédie : avant le départ le train siffle, très cérémonial, impression d’être dans un cauchemar. Elle qui n’a jamais parlé que de relations humaines, de vie intérieure...

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