Ils errent, infiniment riches, mais condamnés.

Avis sur Vol de nuit

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Rivière, homme à la poigne de fer, ordonne et commande une compagnie postale. A travers un récit court et vibrant, on suit ses pensées, complexes, droites. Parfois, sèches et torturées. Le devoir, toujours le devoir. Nous n'existons que par l'action. Glisser dans un avion, s'envoler à travers la nuit. Certains, comme le robuste Fabien, iront même toucher les étoiles. La mission se hisse au-delà des risques, au-delà de la peur. La peur, Rivière y veille, l'interdit à ses hommes. La peur est punie. L'échec également.

Le règlement est semblable aux rites d'une religion qui semblent
absurdes mais façonnent les hommes.

Aussi, l'homme n'est-il qu'une cire que Rivière tente de façonner. Lancer l'homme hors de lui. L'élever. Lui permettre d'exister, au sens le plus propre, se tenir hors de soi.

Dans Vol de Nuit, c'est une véritable définition du devoir que nous livre Saint-Exupéry. Le devoir comme être, comme raison d'être. Cependant, Saint-Exupéry se perd régulièrement dans un style appesanti, dans des métaphores obscures, et certaines phrases finissent par devenir indigestes. Nous sommes encore loin de la légèreté poétique du Petit Prince à venir.

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