"The devil's voice...

Avis sur Castle Rock

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... is sweet to hear", Stephen King.

Et dieu sait si Caste Rock est agréable à regarder... Un peu comme la voix du diable. Chaque épisode vous enfonce un peu plus sournoisement dans les entrelacs sombres de la ville, dans ses fondements les plus torturés, dans son histoire la plus vicieuse, et pourtant vous ne pouvez vous empêcher de vous jeter sur le nouvel épisode sorti.

J'écris cette critique en étant, de base, un converti au King's universe. J'ai eu la chance de pouvoir le voir lors de sa venue à Paris, de lire tous ses nouveaux romans (et de distiller les anciens comme des bonbons d'un paquet qu'on veut faire durer), de voir bon nombre de ses adaptations. Et après Ça qui m'avait déjà conquis, l'idée d'une série complète sur Monsieur-Mon-Ecrivain-Actuel-Préféré avait tendance à plutôt me plaire...

Et pour tout vous dire, je ne fus pas déçu ! Tout est pour moi l'essence même de ce que j'ai envie de voir dans une telle série : un casting disons-le parfait, une esthétique recherchée et léchée, une histoire intéressante, suffisamment de suspense, un rythme lent mais efficace.

Toutefois, avant de continuer la lecture je préfère vous prévenir des spoilers que contiendra cette critique... Ne la lisez pas avant d'avoir TERMINE la première saison de la série...

Bon, maintenant que nous sommes entre spectateurs avisés, parlons un peu de la série en elle-même. Loin d'être un découpé collé de plein de romans de King assemblés les uns après/avec les autres, la série développe une identité propre. Celle-ci est bien évidemment fortement imprégnée de l'univers kingien (qu'il s'agisse des Easter Eggs par dizaines, de la manière de développer les personnages, du fait d'utiliser des personnages banals plongés dans une atmosphère qui l'est beaucoup moins), mais, épisode après épisode, sait se forger sa propre histoire, creuser ses propres thèmes, développer ses propres personnages.

Bref, tout cela pour dire qu'il ne s'agit guère d'une adaptation, mais d'une création intégrée à la matrice de l'Univers créé par King, roman après roman. Et je crois bien que c'est là que réside toute la force de cette série...

Caste Rock

Ville au combien emblématique pour le lecteur de King, elle nous offre ici ses rues les plus sombres et ses personnages les plus tourmentés, mais sans basculer dans l'horreur ! On nous propose plutôt un thriller fantastique, crépusculaire, maudit, mené par Henry Deaver (André Holland) qui devient en quelque sorte le narrateur de notre histoire.

Sans vouloir commencer à résumer cette série, ce qui serait bien vain, retenons pour l'essentiel le casting fabuleux qui gravite autour de lui :

1) Sissy Spacek, alias Carrie dans un autre film, qui est tout simplement prodigieuse dans son rôle de grand-maman attachante atteinte d'Alzheimer

2) Bill Skarsgard, tout aussi juste comme acteur et bien connu pour son rôle de Ça

3) Melanie Lynskey et Jane Levy, parfaites elles-aussi

L'histoire dans laquelle ils évoluent est dense, suffisamment pour nous tenir en haleine sur les 10 épisodes que nous propose cette saison, dans un rythme certes lent mais anxiogène. Elle peut s'appuyer sur ce casting parfait, sur sa photographie magnifique, sur un design sonore très raccord et tout autant stressant. On suggère beaucoup de chose sans exagérer dans les effets spéciaux. Bref, tout cela permet de donner un tout cohérent, réussi et prenant.

Finalement, Castle Rock (d'ores et déjà renouvelé pour une saison 2) est une anthologie. Cela évitera les alllllloooooonnngements terrible de l'intrigue comme dans Dôme et permettra à l'histoire de se renouveler dans cet univers. Gageons qu'il s'agisse d'une anthologie à la American Horror Story, où les acteurs reviennent jouer des rôles différents, ce qui nous permettrait de continuer à nous délecter du jeu de Sissy Spacek, Bill Skarsgard et consort...

PS : pour les fans du King – ou du moins pour les lecteurs de la Tour Sombre, l'explication de fin

(des portes, les mondes parallèles...)

sera relativement évidente, mais ne gâchera pas le plaisir de voir cette série. De même, je me demande comment les gens n'ayant lu/vu aucun King (roman ou adaptation) apprécie cette série, sans pouvoir en comprendre les multiples références...

Tous les Easter Eggs sont ici : https://stephenkingfrance.fr/2018/09/castle-rock-fin-saison-1-analyse-thoerie/

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