... de la mise en scène et de la production

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"- Okay ! Ton scénar, il est pas mal, Coco, mais c'est pas l’Amérique, ici... Canal, c'est plus la grande époque...
- Pas de problème, on a une assoce, on vous fait ça en plan s€quence, à l'€paule, sans €clairage !
- Ah ! Ouais ?... Banco ! Tiens ! Deux millions pour 160 minutes...
- Hein ?
- Quoi ? Ça coûtait combien tes trucs sur youtube ? ... bon, ben tu prends la même équipe et tu rapportes la monnaie...
- Okay... merci...
- Bon ! Sinon, tu peux tourner en mode eco-responsable, histoire de coller au thème ? C'est déductible des impôts..."

D'accord ! Je caricature peut-être un peu...
Quoi qu'il en soit, après un choix économique réel (2M€/160'), le drame commence (et pas celui qu'on espérait)...
Permettez-moi un aparté sur les titres des épisodes, qui en disent un peu sur le manque de créativité : "le supermarché, la station service, l'aérodrome, le hameau, l'île... " On est dans "Oui-Oui part en voyage". La saison prochaine on aura le droit à "Le parc d'attraction, la piscine, le château..."

Donc, commençons (ça ne sera pas long)
Première constatation, ça secoue (seulement les images). Ça manque pourtant pas de stabilisateurs sur le marché, bon sang !
Ensuite, comment éprouver de l'empathie pour ces silhouettes mal filmées aux visages perdus parmi les visages ? Les arrières plans bâclés avec une figuration molle ajoutent un air d'amateurisme gênant à l'ensemble. Les acteurs font ce qu'ils peuvent dans cette mise en scène incertaine entre désir de naturel et réalité technique et budgétaire.
On est à hauteur d'humain et, malgré une chorégraphie correctement exécutée, on regrette l'absence de chorégraphe professionnel.
À noter quand même une belle performance technique et de comédie dans l'épisode "l'île" (au réalisme douteux, quand même, malgré les intentions) et une interprétation très intéressante dans "la maison de retraite" (pas ou peu de figu).

Ce choix "ambitieux" de pseudo plans séquence devient rapidement un exercice de style inapproprié ; intéressant pour les techniciens, incommodant pour le public. Cela créé plus de problèmes ou de limitations que de solutions ou d'originalité. Il aurait fallu plus de réflexion ou/et de travail (donc, de budget) pour espérer un résultat convaincant.

Canal plus Création Décalée nous annonce t-on... pas avare de jeux de mots, je dirais plutôt Canal Plus Création Mal calée. Car, il n'y a aucun décalage, ni dans le fond, ni dans la forme. Tout a déjà été vu et souvent mieux vu.

Deuxième aparté :
Pour rappel, dans la vie nous sommes stabilisés. Enfin, notre regard est stable. Nos yeux ne sont pas victimes des secousses de notre corps, même lorsque nous courons... ça serait invivable ! Alors, cette légende qui dit que plus ça bouge plus c'est subjectif, c'est de la stylisation aussi pénible qu'inefficace lorsqu'elle est systématique.

On parle de la musique ? Un ersatz d'un "Lilly" (AaRON) sur un générique bien long. Bien pénible à la fin... Piano stratosphérique et nappes en mineur... la recette generiquefacile.com !

En conclusion, car il ne s'agit pas d'aller plus loin pour une œuvre qui reste dans les starting blocks, non seulement, la série - très parisienne - ne dit rien de nouveau ou d'intéressant, mais elle brasse les clichés à chaque épisode, comme on feuillette un herbier du jardin de mamie, tranquille, sans surprise.

Le dernier épisode, peut-être le plus navrant de tous et le plus mal interprété (le plus casse-gueule aussi : ça ne marche pratiquement jamais la mise en scène d'émission TV), nous confirme la qualité médiocre de l'ensemble.

160 minutes de ma vie :
Tout cela me laisse avec le sentiment agaçant d'avoir regardé dans l'imaginaire d'un ado, militant sans vision, d'une cause juste et bien plus complexe qu'il ne peut l'entendre.

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