Un passé trop reluisant

Avis sur La Légende de Korra

Avatar Dr Montparnos
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Le dernier maître de l'air, ou le dessin animé à se refaire une fois tous les ans, ou tous les deux ans, tant il nous transporte. Quelques années après les aventures de Aang et de ses compagnons de routes et de vie, la légende de Korra nous replonge dans cet univers et nous présente au nouvel Avatar, la sus nommée Korra. Quatre livres d'une douzaine d'épisodes chacun et un sacré défi à relever pour la jeune fille de l'eau. Premier bilan au moment où débute tranquillement le dernier livre de ces aventures.

On ne saurait cracher sur l'esthétisme et la direction artistique qui nous permettent, dès le premier coup d’œil, de nous immerger dans cette nouvelle aventure. Osé est également le choix de marquer le temps qui passe par une révolution industrielle et des modes de vie, au détriment d'un certain exotisme peut être. Republic City ne fonctionne plus à voile mais à vapeur. Korra y débarque, galère un peu dans ce nouvel environnement, à l'image du spectateur du Dernier Maître de l'air qui passait par là, a vu de la lumière et a jeté des yeux curieux. Les règles sont posées, il est temps d'aller dans le dur.

Le grand défaut de cette série réside dans ce qui avait fait les heures glorieuses de la précédente: le développement des personnages. On nous demande de suer, trimer, nous battre ou rire avec des personnages aux personnalités monolithiques et qu'on vient à peine de rencontrer, la palme du personnage dispensable revenant sans aucun doute à Asami. Remarque, les frères-trop-ghetto-mais-ça-c'était-avant sont assez palots dans ce genre. Même Korra, pourtant le personnage central de l'anime, ne fait pas preuve d'une réelle fulgurance d'écriture

Mais les grands héros ne sont ils pas définis par les ennemis qu'ils affrontent me direz vous ? Mais bien sûr vous répondrai-je dans ce qui semble être un dialogue schizophrénique de haute volée. Malheureusement, là encore, la soupe nous a été servie froide avec un cheveu dessus. Le méchant est méchant et on attend de nous d'admettre que c'est un grand méchant. Alors que, du début à la fin, c'est un méchant et il se fait bouillave sans aucun dommage collatéral. Ce problème de développement est directement lié au temps alloué à chaque livre et à l'absence d'intrigue globale pour la série entière. Alors oui la saison 1 était un crash test et devait se suffire à elle même. Mais pour les trois autres il aurait fallu pousser les murs, instaurer un rythme plus lent et faire durer le plaisir ! Outre la team avatar qui sonne toujours aussi faux au fil des épisodes, les personnages secondaires pullulent, le fan-service dégringole du plafond et on sait plus trop ce qu'on fout là.

Ha si, les deux épisodes de milieu de saison 2, la genèse de tout ce qui nous a fait vibrer quand l'avatar était encore ce gamin chauve qui comprenait pas tout et qui avait des tatouages bleus. Ces épisodes, de par leur caractère inattendu, le style et l'histoire m'ont transcendé, un vrai bonheur. Je suis persuadé que le reste de la saison n'est là que pour broder autour de ce que voulaient vraiment montrer les auteurs, ces épisodes. Répondre aux questions qu'on ne s'était jamais vraiment posées, voilà un beau cadeau qui nous a été fait.

La série va s'achever et aura eu le mérite de me donner une forte envie de revoir Le dernier maître de l'air. La Légende de Korra souffre malheureusement trop de l'héritage qui lui incombe et on ne peut qu'être déçu devant ce spin off aux bonnes intentions mais qui est en tout point, ou presque, inférieur au bijou auquel il succède.

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