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Avis sur Le Seigneur de Bombay

Avatar Barlbatrouk
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Après des débuts prometteurs et des franches réussites (Narcos, Dark) le leader des services Streaming a eu du mal à convaincre avec ses production locales (Marseille, The Rain, 3%). Même le dernier buzz en date, La Casa de Papel, ne nous aura pas convaincu. On attendait donc de pied ferme la première production indienne de l’entreprise américaine.

Adapté d’un livre de Vikram A. Chandra, Le Seigneur de Bombay (Sacred Games) présente l’enquête d’un flic, assisté d’un agent du RAW et guidé par les dernières paroles d’un chef de gang notoire, pour empêcher qu’un cataclysme de nature inconnue s’abatte sur la métropole…

Le projet est coréalisé par la fine fleur du renouveau du cinéma indien : Anurag Kashyap, réalisateur des superbes Gangs of Wasseypur, Ugly, Raman Raghav 2.0, et son acolyte Vikramaditya Motwane qui l’avait soutenu au scénario ou à la production à de nombreuses reprises et qui a réalisé le récent Trapped. Du côté des acteurs on est également en bonne compagnie avec la présence de Saif Ali Khan, Radhika Apte, et surtout Nawazuddin Siddiqui. Ce dernier est un habitué d’Anurag Kashyap (Black Friday, Gangs of Wasseypur, Bombay Talkies). On peut aussi l’apercevoir dans The Lunchbox qui avait été remarqué à Cannes en 2013.

Comme d’habitude avec le duo de réalisateurs en présence, on est loin du film Bollywood et des histoires d’amour. Le Seigneur de Bombay est un polar mystique qui présente la ville indienne comme un endroit pesant et moite, souvent malsain et où le mal peut surgir à chaque recoin. En présentant un visage complètement désacralisé de l’espace urbain la série atteint un équilibre entre univers réaliste et des effluves de fantastique amenées par la mystérieuse menace.

De par sa construction, avec de nombreux flash back contant la montée au pouvoir du truand Gaitonde (Nawazuddin Siddiqui), la série permet de s’immerger dans la culture indienne. On découvre de nombreux événements peu connus par chez nous comme les nombreuses émeutes entre hindous et musulmans qui ont ensanglanté la ville.

Sans partir dans tous les sens, avec de plans contemplatifs, le show est prenant de bout en bout, le rythme est totalement maîtrisé entre flash back instructifs et une enquête palpitante. Vu la déception des deuxièmes saisons de certaines séries Netflix (Stranger Things, Sense8, 13 Reasons Why) on attendra la conclusion pour crier au génie, mais on vous encourage en tout cas à vous jeter sur la salve des huit premiers épisodes, d’ors et déjà disponibles !

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, plusieurs films d’Anurag Kashyap sont également disponibles sur Netflix. Donc, si vous ne les avez pas vus, je vous conseille That Girl In Yellow Boot, Ugly, Raman Raghav 2.0 et Bombay Talkies, ainsi que la mini série d’horreur Ghoul chapoté par des anglais mais où l’on retrouve le duo Kashyap/Motwane à la production. Bon temps devant l’écran et dépaysement garantis !

Critique à retrouver ici : https://whitelodge.fr/2018/08/31/le-seigneur-de-bombay-folle-course-contre-la-montre/

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