Pour les 13 - 16 ans

Avis sur Love, Death & Robots

Avatar Satan Officiel
Critique publiée par le

Franchement, il y'a une réaction positive disproportionnée sur cette compilation de courts métrages que je trouve plutôt indécente. On se contente vraiment d'aussi peu?

Ça sentait évidemment la fumisterie, rien que par le titre racoleur et un peu fourre tout du projet, par le côté anthologie de SF, sans qu'au final ça n'atteigne le niveau de griefs que j'ai avec Black Mirror.

On a un peu le même enrobage ultra prétentieux, dans le logo, la présentation des épisodes, avec le mixage sonore très grave, qui fait bien comprendre que c'est du sérieux tout ça...
Mais contrairement à Black Mirror ça ne cherche pas à avoir un propos lapidaire, et puis les épisodes ne durent pas six mois, c'est déjà ça.

C'est un peu inégal, on a un ou deux épisodes assez géniaux et des grosses merdes, mais c'est surtout très banal dans l'ensemble.

Le principal problème c'est que ça semble être écrit par et pour des gamins de 13 ans qui découvrent la violence et le sexe, dans un style qui sur-ligne le cool.

Comme on est sur Netflix on peut tout se permettre. On se retrouve avec un étalage de bites et de seins en animation d'une gratuité totale. Ça n'a aucun intérêt, c'est filmé de façon très vulgaire, mais ça fait adulte, sauf que c'est juste de l'esbroufe, c'est juste l'équivalant de toi à 12 ans qui te pense trop sombre parce que t'écoutes du Linkin Park.

Il faut être honnête sur cette liberté de ton, pour la plupart des épisodes moyens, ça reste distrayant lorsque les combats sont excessivement gores, surtout qu'il y'en a des bien filmés, par contre le dernier par exemple ressemble à une cinématique de jeu vidéo, je n'en vois pas l'intérêt...

Du côté de l'écriture, ce sont les épisodes les plus légers, voire les plus ouvertement tournés vers la comédie qui sont les moins débiles et adolescents, ce sont des délires de 5-7 minutes assez excessifs et jusqu'au-boutistes (l'épisode avec Hitler ou les yaourts).
Seul L'oeuvre de zima sort vraiment du lot, ni vulgaire, ni grossier, poétique et mélancolique, et qui en même temps arrive à capter et l'infini de l'univers et sa futilité. C'est conceptuellement le plus aboutit, puisque c'est un court qui visuellement nous parle de la couleur qui envahit l'image, et c'est d'ailleurs un des plus beau.

Ce sont clairement ceux qui ne sont pas en image de synthèse qui sont les plus agréables et diversifiés (Les esprits de la nuit assez splendide, et ne se perd pas a être trop sérieux, Bonne chasse également qui se concentre sur la fugacité des déplacements) car mise à part Le Témoin, dont on voit les restes de Into the Spider-verse, mais qui reste le plus intelligible et expérimental de sa catégorie, on lorgne très souvent du côté du jeu vidéo et de la Uncanny Valley, c'est souvent assez bluffant, mais quand on se penche sur les yeux et la mouche, ça coince beaucoup.

Et puis tout ces épisodes en CGI, c'est le festival du raccourci, du cool pour le cool, de la re-pompe de figures et de structures de la pop culture, ça se présente comme une sorte d'héritier de Metal Hurlant, ce qui fonctionne parfois, mais qui est trop appuyé pour être honnête, trop dans cette mouvance racoleuse du retour des années 80 dans notre imaginaire.

Je vais pas m'attarder sur tous les épisodes, ils sont pour la plupart moyens ou tout juste corrects et suivent ce même schéma, mais j'ai quand même envie de parler de Derrière la faille qui cristallise le problème que peut créer ce format qui ne veut jamais être long, parce que pour le coup c'est celui qui méritait le plus de durer au moins quarante minutes. C'est un épisode que j'aime bien pour son ambiance d'espace lointain et désespéré et pour la noirceur de sa fin, donc forcément la longueur aurait tout simplement permis un travail plus pénétrant sur l'ambiance.
Le problème vient avant tout de l'écriture qui d'une part propose une idée complexe dans une notion de boucle, ce qu'on ne ressent pas réellement parce que tout est précipité, créant dans un autre temps un manque de caractérisation des personnages, qui n'ont pas le temps d'être autre chose de plus que des clichés, dans un cliché de perdition de science fiction moderne.
Ça va donc trop vite, on a pas le temps de se poser et de bien écrire, ça témoigne d'une écriture puérile, et ça gangrène la plupart de ces épisodes "sérieux", le pire étant Lucky 13 atteignant un niveau indécent de stupidité et de grossièreté, en nous refourguant un traitement vu et revu du lien homme/machine auquel on ne croit jamais.

C'est assez distrayant, parfois varié, parfois drôle, mais il manque quand même une écriture plus poussée, un abandon des artifices contemporains et adolescents, de ces effets qui ne servent qu'à combler l'absence de caractérisation et de réelle écriture.

Bref, pour une série autant encensée, le manque flagrant de sérieux à tous les niveaux laisse dubitatif, l'esbroufe ne me suffit pas...

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 1391 fois
34 apprécient · 9 n'apprécient pas

Autres actions de Satan Officiel Love, Death & Robots