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Mobile Suit Zeta Gundam par Down

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Zeta Gundam, séquelle du tout premier Gundam, est l'une des séries les plus appréciées de la franchise. Le succès à retardement de la première série puis de ses films permet à l'auteur, Tomino, d'être plus libre dans ce qu'il fait sur cette série que sur la première, d'où une production dans la droite lignée de son aînée mais plus sombre et qui se libère des derniers restes des animés super robot qui dominaient jusqu'ici la production.

On y retrouve pas mal des personnages de la première série, mais cette fois ci le point de vue est inversé: la faction que l'on suivait dans Gundam premier du nom est à présent une faction ennemie. Fait exemplifié par le personnage de Char qui de rival dans le premier Gundam, devient le mentor du héros dans Zeta. Ce qui matérialise bien le non-manichéisme de la série: on est ici dans de la science-fiction militaire où deux puis trois factions s'entre-déchirent, avec de chaque coté des humains, de chaque coté des drames, des victimes. Il s'agit d'un des points forts de la série, un point qui existait déjà chez son prédécesseur et que l'on retrouve à travers (à peu près) tout Gundam: on veut montrer que la guerre, c'est moche. Zeta Gundam est donc une série assez sombre, qui culmine en un final apocalyptique qui laisse un goût amer.

On s'attarde aussi pas mal sur la psychologie de certains personnages, notamment le héros, Kamille Bidan. Son caractère, et l'évolution de celui-ci au cours de 50 épisodes, m'a personnellement beaucoup plus, et en dehors de quelque écarts assez incompréhensibles, il s'agit d'un personnage franchement réussi. Un autre personnage marquant est celui de Four, qui participe justement énormément à l'évolution de Kamille, et dont les arcs scénaristiques restent parmi les meilleurs de la série. Ce que vivent ces deux personnages reste pour moi l'une des grandes réussites de Zeta.
Tout n'est pas parfait, puisque Zeta Gundam a aussi son lot de personnages un peu stagnants voire quelques revirements incompréhensibles et un peu frustrants, mais globalement le traitement est bon.
L'utilisation du drame l'est parfois un peu moins. Ou disons inégal: là où certaines scènes extrêmement frappantes touchent complètement au but, d'autres peinent à faire développer une vraie empathie. La faute peut-être, là encore, à un traitement pas forcément toujours réussi des personnages. Toujours est-il que l'impression difficile à expliquer me reste que Zeta Gundam a parfois du mal à sonner juste, à donner une impression réussie. Faute de mise en scène? D'écriture? De personnages? J'ai du mal à cerner l'origine de cette impression, mais elle existe.

Pour parler un peu plus technique, la chose qui frappe de prime abord dans Zeta, c'est la qualité de sa construction épisodique.
Chaque épisode raconte presque une histoire en lui-même, et le contenu narratif est de fait assez dense: un seul épisode paraît en fait long de par tout ce qu'il contient, et pourtant certainement pas ennuyant grâce au rythme et à la tension présente. Pas d'usage abusif du cliffhanger, d'action ou de dialogue trop étiré: le fait qu'on ne puisse s'ennuyer en 50 épisode est une vraie qualité de construction qu'il faut reconnaître à Zeta Gundam, et qu'on retrouve somme toute assez rarement.

Là où le bat blesse, c'est lorsque l'on s'intéresse à l'évolution de la narration globale. Car c'est déjà moins glorieux. L'avancement parfois patine, avec des épisodes qui répètent des escarmouches sans importance ou qui ne font pas grand chose, et parfois embraye à pleine vitesse en passant trop rapidement sur les évènements. Mais surtout, la trame principale reste souvent, quelques épisodes exceptés, trop en transparence par rapport à l'action de l'épisode même. Certains faits sont désinvoltement balancés sans grandes explications, alors même qu'on aimerait une description des enjeux, une vue globale de l'ensemble du conflit. C'est d'autant plus dommage que l'intrigue de Zeta est très politisée et assez riche, et que cela aurait pu donner une vrai allure de space-opéra au tout. C'est là vraiment le défaut rédhibitoire de la série: un fil rouge trop négligé et mal raconté.

Un autre des bons points de Zeta Gundam, c'est son graphisme. Les décors, les couleurs s'en sortent franchement bien, ce à quoi s'ajoute un chara-design toujours aussi efficace - certes d'un style maintenant assez rétro mais très bon.
C'est plus au niveau de son animation que la série accuse un peu son âge. C'est flagrant dans les scènes sur Terre et surtout dans les interactions des personnages (batailles à main nues, etc) qui ne sont pas d'une grande réussite: sur ce point il me semble que la série n'était, déjà à son époque, pas à la pointe de ce qui se faisait. Les scènes dans l'espace s'en sortent mieux, d'une part parce que l'absence de gravité simplifie la tâche et permet quelques facilités, d'autre part parce que bien sûr, les batailles spatiales ressortent tout les artifices et techniques qui permettent à partir de recyclage et de pas grand chose, d'assurer le spectacle.

Zeta Gundam est un très bon animé. Je ne peux pas me déclarer fan, parce qu'il n'a pas su me toucher de plein fouet comme il l'aurait pu, la faute à du drame pas toujours maitrisé et une intrigue pas assez mise en avant. Mais l'ensemble des thèmes abordés et le traitement de certains personnages et de certains passages franchement excellents en font assez certainement une série à voir, sa construction épisodique réussie supportant bien le tout.

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