L'allégorie du cliché

Avis sur Nous, La Vague

Avatar Roro-blochon
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Je n'ai regardé que le premier épisode, et je m'arrêterai là. Celui-ci du moins est un ramassis idéologique qui illustre parfaitement le rôle politique assumé de Netflix, qui après s'être attribué le rôle d'éducateur en matière sexuelle (Sex Education) a pris celui d'éducateur politique.

En un seul épisode, tout y passe : les méchants nationalistes, complètement racistes et aux instincts meurtriers, crachant à la figure d'une arabe ou pourchassant un libanais en le traitant de "sale arabe" après avoir essayé de l'écraser en voiture. Lui, pleure rien qu'à l'idée de les croiser dans la rue. La critique est lourde, surfaite, généralisante et surtout idéologiquement biaisée.

Mais c'est aussi le mauvais industriel qui y passe, ce salaud qui a pollué toutes les rivières avoisinantes et qui dispose des meilleurs avocats pour gagner ses procès face aux petits agriculteurs bios qui ont fait faillite à cause de lui. On a aussi droit à des plans sur des champs pollués avec des usines nucléaires en fond, c'est épique.

Les personnage plus âgés que la moyenne des lycéens sont débiles, ne réfléchissent pas et sont l'image d'une société décadente qui s'est laissée bercer dans son confort et sa mollesse, n'ayant aucune conscience écologique, ne remettant pas en question leur stéréotypes. Là encore la critique est grossière, lourde, surfaite...

On est dans un cliché de bout en bout, et c'est à se demander si la série n'est pas elle-même parodique. Les personnages sont complètement creux, réagissent de manière incohérente avec les événements de l'histoire, et selon le caractère qui leur a été donné. Par exemple il suffit de deux jours de cours pour que Léa, influencée par le rebelle Tristan, finisse par donner tous ses fringues et chaussures qu'elle avait acquise telle la consumériste de base. Elle a lu la préface du livre "Logos, non merci" et ça y est le savoir s'est infusé en elle, quelle efficacité ! Plus de fringues, maintenant elle rejoint le camp du bien, et va se mettre à dos toute la société patriarcale et irresponsable. On sent la graine de la future Greta, mais plus jolie quand même, c'est plus vendeur.

Et le Tristan, quelle pépite ! Le beau blond rebelle qui s'habille pas comme les autres, à la culture redoutable et brillant par son intelligence. Il ne s'est pas laissé envahir l'esprit par la société moderne, et a systématiquement un avis critique sur les choses, défendant le pauvre et l'opprimé. Et puis il est grand, beau garçon, il sait jouer du piano, il sait parler arabe, est cultivé, sais se battre, et il s'habille comme un rebelle... Trop original, Léa la vierge effarouchée craque directement sur lui alors qu'elle est en couple avec un type, cliché du gars protecteur et richissime.

Pointe de cynisme, on notera le placement de produit pour Apple...

Bref, une série inutile, mais dangereuse en ce qu'elle repose uniquement sur un sentimentalisme exacerbé pour persuader le spectateur de s'identifier à l'idéologie vendue à l'écran.

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