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Overlord n'est pas facile à décrire.
Tout d'abord, les résumés ne lui rendent pas hommage : on y comprend une vague histoire de jeu vidéo, de personnage principal piégé dans son jeu préféré, de la découverte de sa condition, de l'exploration du monde, de sa surpuissance par rapport aux autres protagonistes ... ça vous rappelle quelque chose ? Oui, Sword Art online. D'ailleurs le genre Isekai a complètement explosé après le succès relatif de SAO.
C'est vrai que c'est très aguicheur : être piégé dans son jeu préféré ? Devoir faire une force de sa difference ? Voilà qui fait frémir la foule de geeks rêveurs et un poil chuunibyou que nous sommes ;)
Et bien voilà, c'est le premier piège d'Overlord. Oui, techniquement c'est un Isekai par définition. Mais non, on est pas du tout dans une pâle copie de SAO. (D'ailleurs chronologiquement Overlord est antérieur à SAO mais bon, le débat peut durer longtemps...)
Overlord est d'abord un light Novel s'adaptant difficilement en anime : beaucoup de détails difficiles à retranscrire mais qui pourtant font tellement de choses ! Le novel en lui même est moyennement écrit et même très passable par moment mais ce n'est pas ce qui fait sa valeur. Ce qui capte dans Overlord, c'est le fil et le sens que prend l'histoire au fil des tomes.
La première saison est elle, pleine d'action et remplis le contrat de base de tout Isekai qui se respecte : le personnage fait étalage de sa force, quelques jolies donzelles pour se pâmer devant les jeunes spectateurs, une musique épique (non, sérieusement, la musique est excellente, allez tout de suite l'écouter), un opening catchy et des combats dantesques. Voilà, le spectateur est laissé à la fin des 13 premiers épisodes avec une bonne envie de voir la suite et une production de dopamine suffisante pour tenir éveillé une nuit complète. On veut en voir plus, nous voulons de la puissance, de la magie crépitante et des pouvoirs ténébreux faisant l'apologie du seigneur squelette que nous vénérons.
Sauf que bon, voilà, l'histoire du personnage OP qui détruit ses adversaires est condamnée systématiquement à l'ennui, ou pire : au syndrome DragonBall : des ennemis toujours plus puissants pour entretenir les combats, jusqu'à l’essoufflement. Et c'est là que Overlord trouve un autre chemin, et prend son Envol.

Nous nous retrouvons donc au début d'une deuxième saison avec notre personnage (ou plutôt NOS personnages) principaux arrivés dans un monde où leur puissance fait légitimement d'eux des dieux, mais où Ainz comprend que le danger peut être partout et invisible : un adversaire puissant pourrait être caché dans ce monde qu'ils maîtrisent mal, il faut donc en prendre le contrôle de manière plus subtile. Laissant de coté les espérances de combats déchaînés, là où la saison 1 nous faisait baver et amenait les fans à coup de formule Isekai, la vraie force d'Overlord se dévoile petit à petit : son "World building" gargantuesque. Développement de personnages secondaires, dont le but n'est pas de présenter un spectacle éphémère mais d'alimenter une intrigue plus longue, et vraie personnalisation des gardiens de Nazarick (la forteresse et les serviteurs de Ainz ) ainsi que leur rapport à leur maitre et les choix difficiles ou cruels pour les humains fragiles ou autres, habitants de ce monde, qu'ils devront faire pour servir.
Petit à petit, la toile de l'intrigue se tisse et le voile se déchire : ce n'est plus l'histoire de Momonga qui découvre un nouveau monde, c'est aussi l'histoire de ce nouveau monde qui se retrouve crue-ment et cruellement écrasé par la présence de Nazarick. En témoignent les quelques épisodes du début de la saison sur les lézards : un passage beaucoup critiqué et certes moins palpitant mais Ô combien nécessaire pour saisir l'impact d'Ainz sur des victimes innocentes de sa conquête. Des alliances se forment, des informations sont recherchées, la construction des personnages renforcent notre identification aux situations qu'ils rencontrent. La conquête d'Ainz ne se fait plus par les armes, mais par la politique et la manipulation, et rien ne le ralentira, et s'il faut écorcher vif tout le pays, il est prêt à le faire.
C'est à ce moment là que le terme de "personnage principal" devient flou. Qui voulons nous voir gagner telle bataille, tel combat ? Les vaillants héros, mus par un devoir de défendre leur pays et leurs amis ? Ou Ainz, dont les forces écrasantes semblent implacables ?
Les nouveaux protagonistes sont plus complexes qu'ils n'y paraissent : des lézards très humains, un roi perdu dans les abysses des intrigues de sa cour que même le puissant Capitaine ne semble pouvoir aider, un jeune héro naïf, une princesse cachant bien son jeu, des aventuriers charismatiques et un épéiste cherchant à vaincre son traumatisme.
A ce point, il est bien loin le résumé d'un "salaryman lambda se retrouvant piégé dans un jeu vidéo". Les règles du jeu ne sont qu'un faible cadre, le monde dans lequel évoluent les personnages est bien réel, et la mort n'est pas un amas de pixels.

En résumé, n'ayez pas peur des quelques épisodes repoussoirs du début de saison, l'intrigue se construit et la conclusion vaut l'attente. Ne vous forcez pas si vous abhorrez vraiment la série, mais cet anime vaut clairement le détour. Cette saison contribue beaucoup à la description de l'univers et mange peu son pain blanc, ce qui présage d'une saison 3 éblouissante à vous rendre chèvre ( ;p ).
Cette série mérite un budget plus conséquent pour être exploitée à son maximum et beaucoup d’efforts peuvent être encore faits sur la qualité graphique et les synchronisations des musiques ainsi que le pacing, trop rapide par moment, trop lent dans d'autres, mais les informations principales sont présentes, les caractères importants des personnages sont bien travaillés, et les combats sont toujours épiques.
Le studio a bien saisi l'orientation que prend l'histoire et c'est très appréciable.

Bon visionnage.

Et longue vie à Ainz Ooal Gown !

Diskianterezh
9
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