Sans nostalgie, passez votre chemin…

Avis sur Ranma ½

Avatar Terhemis
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Je n’ai pas vu la série quand j’étais petit. Quelques extraits ici ou là peut-être, mais donc, ça ne fait pas partie de cette animation japonaise qui m’a tant bien que mal accompagné dans les dernières années du Club Dorothée.
Par association, j’avais de celle-ci un a priori positif. Alors de la même manière que j’ai regardé, adulte et dans les bonnes conditions cette fois (version originale sous-titrée, non censurée, tous les épisodes et même dans le bon ordre !) les intégrales de Saint Seiya, Kimagure Orange Road puis plus récemment de Dragon Ball Z (via Kai, faut pas pousser)… j’ai tenté ces derniers jours la même épreuve avec Ranma ½.

Après avoir tenu 17 épisodes, et voyant que l’histoire stagnait affreusement, j’ai abandonné, en jetant tout de même d’abord un œil à ce que proposaient les 140 autres : une succession sans fin de pitreries et gags accompagnés d’une musique burlesque alors insupportable, de démolitions du décor (ce qui est déconcertant et donc assez amusant dans un premier temps) et de hurlements, de bagarres… le tout sans le moindre enjeu, puisqu’il n’y a ni blessé ni mort.

Ni la série (j’ai regardé les deux derniers épisodes, qui persévèrent), ni les OAV (simples objets commerciaux supplémentaires, là où certains OAV de Dragon Ball restent parmi mes préférés), ni les films ne s’attachent visiblement faire progresser, encore moins à conclure, les relations amoureuses ou les tensions guerrières, qui resteront, dans cette version animée de l’histoire, indéfiniment puériles. On a donc clairement à faire à de la production pour remplir les créneaux horaires de la télévision le plus longtemps possible.

Cela dit, le début est étonnement bien animé (la fin beaucoup moins). Et l’ambiance visuelle typique de cette époque, beaucoup plus organique qu’aujourd’hui (assez proche de l’aquarelle, comme dans Kimagure) est agréable. Les couleurs sont souvent chaudes, les personnages sont libérés de toute contrainte, ils vivent ensemble dans une famille composée où chacun tient son rôle (c’est rassurant, un peu comme dans les « sitcoms ») ou se retrouvent dans le même collège. En plus d’un humour auquel on peut adhérer (surtout quand on est enfant donc), tout ça a forcément participé positivement à l’attachement de certains pour cette œuvre dont les fondements restent originaux et bien trouvés.
Qui plus est, Ranma n’est pas loin du super héros (imbattable, il vole de toits en toits, sa fiancée sous le bras à l’occasion, la protégeant même si elle n’en avait pas franchement besoin), et pour les garçons (et les filles ?) qui s’y identifieraient, c’est surtout un tombeur qui accumule les prétendantes, lesquelles passent donc leur temps à se battre avec ou pour lui.

Du fait de cette focalisation sur le protagoniste masculin (sur le protagoniste dans sa version masculine), et même si de nombreux personnages féminins ont des comportements virils et volontaires, il faudrait sacrément contorsionner tout ça pour y voir un propos féministe ou même simplement décloisonnant. Enfin si : les filles peuvent se battre. C’est mieux que Saori, incarnation d’Athéna, qui passe son temps à se faire enlever, vous me direz (sauf dans le superbe Tenkai-hen Josô Overture, où elle prend à son tour soin de Seiya et même s’interpose)… Mais des deux sœurs d’Akané, l’une ne fait ici qu’à manger, quand l’autre ne s’intéresse qu’à l’argent… Et la première vit une romance avec… le bon docteur-chiropracteur, un peu comme dans toutes ces « romances pour femmes » qui rêvent de chirurgien.

Bref, le jeu sur les identités (humain ou animal ? et pourquoi pas les deux ?) et le dédoublement de genre (homme ou femme ? et pourquoi pas les deux ?) auraient pu être rafraîchissants ou avant-gardistes s’ils n’avaient pas servi uniquement de prétexte aux gags. Et tout ça aurait pu me divertir plus longuement si ces gags n’avaient pas été hypers redondants (au point de rendre fou avec la musique et les démolitions et les hurlements déjà mentionnés).

Reste que je découvrirais bien le manga, désormais. Peut-être est-il un peu plus subtil ou varié. Peut-être sa vision des relations sentimentales n’est-elle pas arrêtée à l’école primaire malgré ses personnages collégiens (ou lycéens?) aux physiques d’adulte. Et puis, je n’aime guère laisser une romance inachevée en suspend…

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À très vite !

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