Re:Zero S2 (1ère partie)

Avis sur Re:Zero : Starting Life in Another World 2

Avatar Coco l'asticot
Critique publiée par le

La version reboot de la saison 1 de Re : Zero s’achevait sur ce bien étrange cliffhanger qui a hanté de nombreux fans pendant des mois, le fameux « Rem te dare no kotto ? », prononcé par Emilia qui demandait « mais Subaru, c’est qui cette Rem dont tu ne fais que parler ? ». Ainsi depuis la fin de la première saison l’attente était grande quant à la suite de cet animé. La longue séquence d'introduction que constituait la saison 1 à présent terminée, nous allions enfin pouvoir rentrer dans le vif du sujet !

Et le premier épisode de cette saison 2 répondait immédiatement à cette attente. On attaquait alors directement avec un flashback se focalisant sur la scène qui se déroulait un peu avant la conversation entre Subaru et Emilia. On découvrait deux nouveaux évêques du culte de la sorcière, dont un ayant un pouvoir similaire à celui de la baleine : voler l’existence d’une personne, c’est-à-dire le souvenir que les autres ont de celle-ci. Voilà donc enfin l’explication du pourquoi du comment personne ne se rappelle de rien. On attaquait fort avec un combat dantesque contre les évêques PLUS la réponse au plus gros cliffhanger PLUS la mise en place de - ce que je croyais, à tort, être - l’objectif de la saison : sauver Rem. Problème, après 13 épisodes on n’a pas atteint le quart de celui-ci. Cette frustration quant à cette saison 2 relève alors simplement de trop hautes attentes purement individuelles. J’avais construit une espérance démesurée quant à l’annonce de cette saison, comme on en a toujours auprès des suites, et comme (presque) toujours on est déçu.

Cette saison s’ouvre sur « l’arc du sanctuaire », la guerre contre Bételgeuse et ses phalanges est terminée il faut maintenant aller récupérer les villageois qui se sont cachés dans un sanctuaire non loin du domaine de Roswaal. Et cela me semblait ne devoir constituer qu’une simple étape, une formalité, pour atteindre notre objectif global énoncé plus haut. Sauf que, cela fait maintenant 13 épisodes que nos héros y sont coincés et ne semblent pas près d’en sortir. Ainsi, le principal défaut de cette saison, à mon sens, a été le rythme beaucoup trop lent. J’ai vraiment eu l’impression de faire du sur-place tout le long. Bien sûr, d’aucuns diront que ces premiers épisodes ont été décisifs pour établir du background et développer des personnages. Toutefois, il est tout à fait possible de développer des personnages et du lore, tout en faisant progresser l’intrigue qui ne s’est contenté que de faire des sauts de puce depuis le démarrage de cette saison. Je conserve alors la sensation que les événements qui nous ont été contés auraient pu être bouclés en moitié moins de temps de sorte à avancer plus rapidement sur l’intrigue.

On me rétorquera alors évidemment que c’est là, la marque de fabrique de Re : Zero et que ce sont les boucles constantes de Subaru qui donnent cette impression de stagner mais qu’elles permettent justement à ce dernier d’obtenir grâce à chacune d’elles de nouvelles informations, afin de progresser dans sa réflexion et parvenir à trouver la réponse pour s’en sortir. Sauf que cette fois-ci on n’avance pas en ligne droite comme avant. Si l’on prend l’exemple du premier arc de la saison un, la première rencontre avec Elsa. Subaru apprend d’abord l’existence des météores, cela lui permet de négocier avec son téléphone, puis rencontre Reinhardt qui pourra constituer un Deus Ex Machina puissant par la suite. Toutes ses actions sont orientées de sorte à aller d’un point A (le checkpoint) à un point B (sauver Emilia). Alors que dans l’arc du sanctuaire, depuis 12 épisodes Subaru fait des boucles qui ne l’emmène pas à B mais un coup à D, puis à C et parfois à M. On a du mal à se représenter le plan d’ensemble. Mais peut être que cela est du au format hebdomadaire et qu’un visionnage intégral pourrait corriger cet aspect ? Sans compter que c’est un nombre d’épisodes record pour un seul arc, 12 épisodes et l’on a pas progressé d’un pouce. D’où cette impression de faire du sur-place…

Ce qui faisait la force de la saga, outre l’intrigue, c’était bien sûr le développement de personnages. Et autant la série prend un épisode entier pour nous développer la relation de Subaru et de ses parents de manière FICTIVE, autant sa relation avec Béatrice n’a quasiment pas été approfondie. De telle sorte, que lorsque vient le moment émotion et des supplications de Béa, je me suis retrouvé totalement désengagé, me demandant pourquoi toute ce drame pour une fillette de 400 ans à qui il a dû parler 4h dans sa vie entière.

D’ailleurs, parlons de Subaru qui est redevenu plus insupportable que jamais. Tout « l’arc de la capitale » avait pour but de le faire mûrir et lui faire prendre conscience de son complexe du Main Character mais finalement il est en train d’y retomber à pieds-joints. D’une part, car il est toujours incapable de déléguer et de partager son fardeau auprès de ses nouveaux amis qu’il a mis une saison à se faire. Et d’autres part car, il semble toujours vouer une sorte d’adoration malsaine à Emilia et vouloir absolument la sauver au péril de sa vie sous prétexte qu’elle ressemble à une princesse d’heroic-fantasy. L’occasion de rappeler que si Emilia avait ressemblé à un pied de table Re : Zero aurait fini minute 10. Résultat, 38 épisodes plus tard, notre héros en est toujours à proposer à la princesse de la sauver en lui prenant la seule tâche qui pouvait lui être dévolu : réussir l’épreuve du sanctuaire. Toute cette première partie se concentre alors sur Subaru (pour pas grand-chose au final), alors qu’un training montage à la Rocky sur Emilia qui se prépare à passer l’épreuve et dépasse ses traumas aurait été plus intéressant.

Tout cela concourt au final à conforter Emilia dans sa position de Manic Pixie Dream Girl. Ce concept, forgé par le critique de cinéma Nathan Rabin, servait à définir un personnage féminin qui « n'existe que dans l'imagination enflammée de réalisateurs pour apprendre aux jeunes hommes à l'âme engourdie à embrasser la vie, ses mystères et ses aventures infinis ». La MPDG n’a pas de personnalité propre, son seul rôle est d’incarner la femme idéale responsable de soulager le héros masculin de ses tracas du quotidien (cf. la scène des genoux de la saison pour prendre l’exemple le plus représentatif). Et là où cette saison 2 aurait été l’occasion de développer le background d’Emilia et de lui apporter de la profondeur, comme l’avait si bien amorcé l’OAV Frozen Bond, on a une Emilia qui continue d’affirmer sa position de personnage plot, qui vient même jusqu’à être un poids parfois pour le héros (cf. crise de folie de l’épisode 11). On repassera pour l’empowerment féminin.

Toutefois, je ne doute pas que ce dernier point et même les autres évoqués précédemment seront corrigés dans la deuxième partie de cette saison 2, prévue pour janvier prochain. Il me semble seulement que ces éléments tardent à arriver et auraient gagné à être développés dès cette première moitié.

EDIT : la 2 ème partie est incroyable et rattrape tous les problèmes de la 1ère : 10/10

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 823 fois
4 apprécient · 1 n'apprécie pas

Autres actions de Coco l'asticot Re:Zero : Starting Life in Another World 2