Le massacre continue

Avis sur Saint Seiya : Soul of Gold

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Inutile de tourner autour du pot plus longtemps : SoG n’est qu’un spin-off à visée mercantiliste de plus destiné aux post-ados biberonnés à Naruto, le tout saupoudré de fan service kurumadien à la truelle pour essayer de rattraper en cours de route les « Omega haters » et autres fans hardcore de la première heure (dont je suis).

En un sens, le pari est réussi, puisque SoG est tout de même un cran au-dessus de la bouillie naruto-poudlardesque qu’était Omega, ce qui, il faut l’avouer, n’était pas bien difficile.

Pour le reste, SoG n’est pas si éloigné que ça d’Omega, à la différence que ce sont ces bons vieux Gold Saints, mythifiés par les fans de la première heure, qui endossent le rôle des héros de service, avec Aiolia pour remplacer l’insupportable Seiya dans le rôle du héros de shōnen type.

Le problème est que si ce rôle convient bien à des Bronze Saints, il est assez pénible de voir des Gold Saints, incarnant la majesté et la sobriété par excellence, se comporter comme des ados attardés et fougueux, avec comme point d’orgue un Dohko dont le comportement dans l’épisode 2 est plus proche d’un poivrot de PMU que d’un vieux Maître pluri-centenaire, sans parler des continuels accès émotifs de Deathmask qui feraient passer Shun pour un alexithymique.

Rien que ça est évidemment normalement rédhibitoire pour tout fan de Saint Seiya qui se respecte. Toutefois, la liste de doléances est longue, tant ce spin-off est à des années–lumière de la richesse et la qualité de l’univers mytho-épique développé dans la série de 1986.

L’histoire de SoG est en elle-même en effet assez peu vraisemblable, avec un univers à mille lieux de l’univers sombre et torturé de l’Asgard pré-Poséidon, même si certaines scènes de la vie quotidienne des habitants peuvent se révéler parfois touchantes. Les God Warriors sont ici des no-names insipides, qui ne peuvent là encore en aucune façon soutenir la comparaison avec leurs charismatiques et légendaires prédécesseurs. Et ce ne sont pas les quelques éléments de mythologie nordique disséminés ci et là qui donnent de la consistance au bousin.

À l’instar d’Omega, les combats sont à la sauce Naruto-DBZ (manque plus que Saga sorte un « Kamehameha » pour compléter le tableau), avec de surcroit des attaques dont on ne ressent nullement la puissance et la spécificité, ce qui est quand même le comble. Les combats sont en outre schématisés à outrance et expédiés à vitesse grand V, ce qui les rend totalement inintéressants, alors qu’ils sont censés occuper normalement une place prépondérante dans l’univers Saint Seiya. Quant aux transformations des Cloths façon Deus ex machina, on est plus proche de la transformation en Super Sayan que de la transmutation divine.

On pourrait également épiloguer très longuement sur les ratés techniques de SoG, notamment les animations pataudes, les dessins grossiers avec les visages déformés d’un plan à l’autre, ou encore sur l’OST de très moyenne facture, mais ce serait tirer sur une ambulance.

Je vais donc m’arrêter là, en espérant que la TOEI en fasse autant, histoire que les fans de la première heure puissent (enfin) faire le deuil du Saint Seiya cher à leur cœur avec un minimum de respect et de dignité.

Merci pour eux (et pour moi).

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