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Avis sur Salut les musclés

Avatar Ramlladu
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Diffusée pour la première fois en 1989, Salut Les Musclés est un immense joyau brut au sein du petit monde des séries françaises, microcosme bien trop riche en médiocrité et en concepts mous du gland. Au premier coup d’œil, celle qui nous concerne ici ne semble pas surnager dans la masse des sitcoms AB, dont elle est la pierre angulaire.

Et pourtant.

Salut les Musclés est sans contestation possible un monument de série nanarde que l'on regarde à la fois hilare, incrédule, lessivé, en ressentant une sincère sympathie devant le désastre façon Hindenburg qui se présente devant nos yeux ébahis.

L'idée est, en soi, brillantissime : on prend les membres d'un groupe de musique de génie (http://www.youtube.com/watch?v=vS0Tm54PsmI) comme personnages centraux, en conservant leurs puissants noms de scène ainsi que leurs mulets. Instantanément, les fondations sont plus que solides. On en rajoute cependant une couche en y mettant de la fuckin' S-F par le biais du personnage d'Ilgeugeu, une extraterrestre sexy capable d'un tas de trucs avec sa télécommande cheapos, et qui utilise le terme "karma" pour à peu près tout et n'importe quoi, tel le "schtroumpf" chez les lutins bleus de Peyo.

Quels évènements vont alors régir la vie de nos Musclés (qui ne le sont d'ailleurs pas vraiment, Éric étant le seul vrai badass du lot featuring moustache de daron) ? C'est simple, le groupe est animé par un but, un but unique, une obsession commune : LA CHATTE. La chatte, la moule, la schnek, la tabatière.

Un concept limité ?

MAIS QUE TU CROIS MON GARS ! On va faire durer la série cinq ans et tourner DEUX CENT SOIXANTE TROIS putains d'épisodes avec des scénarios de plus en plus surréalistes pondus en totale roue libre. On saupoudre avec quelques personnages secondaires, comme la grelu... l'ingénue Mademoiselle(uh) Catherine(uh) (l'occasion d'admirer un bien beau festival de tenues pas farouches), la furie Valériane (l'occasion de contempler une des pires performances d'actrice de l'Histoire), éternelle némésis de Minet, ou P'tit Gus, un enfant extraterrestre de la même race qu'Ilgeugeu (l'occasion de réaliser que malgré les excuses sur l'âge, un mauvais jeu d'acteur nanardise invariablement une scène).

D'apparence un petit garçon de sept ans qui a la fâcheuse tendance à titiller le quatrième mur en s'adressant de façon agaçante à la caméra en gros plan, Gus est lui aussi animé par une noble obsession : LA CHATTE. La chatte, le con, le minou, le fri-fri, la pachole. De quoi générer quantité de situations tordues. Venons-y.

Salut les Musclés, dont le titre plus approprié serait Salut les Queutards (le groupe est en permanence en quête de coups à tirer, une à plusieurs donzelles sont ciblées par épisode) est une production bien connue de tous ceux qui, gamins, ont eu Dorothée et sa bande comme deuxième famille. Mais la série prend toute sa saveur avec un regard d'adulte.

Car le nombre de situations plus que douteuses y est astronomique, et ce malgré l'utilisation intensive de termes gentillets comme "embrasser" , "chérie" , "amoureux", termes que l'on prendra un malin plaisir à remplacer par d'autres bien plus appropriés, au choix "bonnasse" , "troncher" ou "plan cul". Dans Salut Les Musclés, on tripote des femmes en pleine extase sur le canap' pendant que nos potes matent et commentent. En voilà un vrai groupe de copains bien de chez nous ! Là voilà, la vraie France Éternelle que tant se vantent prétentieusement d'en avoir saisi l'essence !

On reste dans le ton de ce qu'on pouvait parfois entrevoir au Club Dorothée.
Ah, les années Club' Do.
Là où la bande des Musclés se spécialisait dans les chansons guillerettes sentant bon le paquet prêt à exploser (big up à MC Minet et son c-c-c-combo de claque-cul à 2:39 dans ce clip de "La Musclada" : http://www.youtube.com/watch?v=48LfLs4tYHk), où Malaury Nataf a chanté la vulve à l'air devant un parterre de gosses, où ce cher Carlos a précédé de longtemps « Ma Bite, son histoire » de ce petit joueur de King Micko Black, avec son gros et gras "Papayou" faisant saliver toutes les femmes de sa région (http://www.youtube.com/watch?v=LHggatPlgKY).
Et que dire du divin barbu Corbier qui, dans "Sans ma barbe", maniait le verbe en balançant discretos du "cul bas sans caca haut" et "plus de con-sans-suce" (libéré des contraintes d'une émission pour gosses, le voici aujourd'hui voulant niquer une éléphante : http://www.youtube.com/watch?v=48eU4rWnr6Q).

Mais Salut Les Musclés, c'est aussi ces gimmicks cultes utilisés jusqu'à plus soif : Éric et son combo accent-cassoulet, René le fier Breton (RIP), évidemment marin, Minet le petit malheureux (sans armure et sans septième sens, on est tout de suite plus faible), Framboisier (RIP.. MON ENFANCE S'ENVOLE PUTAIN !) le crooner, et... et... fichtre, il me semble bien qu'il y a un cinquième type. Sans oublier un surjeu dépassant l'entendement, des intonations aux poses figées lors de gags très lourdement appuyés et des rires enregistrés placés au hasard.
Enfin, notons le Signature Move de la série, ce "pfiou" accompagné d'un secouage de main pour suggérer toute la surpuissance dramatique d'une situation.

Le visionnage de Salut les Musclés est une expérience humaine. Je vous conseille vivement de télécharger un épisode au hasard et de le mater à plusieurs (état second recommandé) : sensations garanties.

Comme si cinq saisons ne suffisaient pas, la série a engendré un spin-off, La Croisière Foll' Amour. Bien que moins délectable, on y retrouve le casting central et le même type de ton. Emballé c'est pesé, on est reparti pour 159 épisodes ("tant qu'il y a de la braise, c'est pas fini" on vous dit). C'est ça, la magie Azoulay, une nouvelle Nouvelle Vague en soit, une philosophie, une vision.

L'ensemble mis bout à bout, c'est environs CENT SOIXANTE HUIT HEURES de festival Musclés. Cadeau.

J'ai rédigé ce texte après le visionnage d'environs 50 épisodes partagés entre les deux séries, soit près de quinze petits pourcents du matériau disponible. Qui sait quels moments de grâce sont cachés dans cette mine enfouie ?

Il est temps pour le bien commun que « Salut les Musclés » ne soit plus uniquement associé à de lointains souvenirs d'enfance, et qu'un travail des plus sérieux soit effectué pour déterrer et analyser en profondeur ce monument (pas d'édition en DVD à ce jour et très peu d'extraits en ligne les coupaings !) afin de le révéler à la face du monde.

Et peut être auriez vous, au détour d'une allée, la chance d'entendre ce Lalaïtou éternel !

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