A ne pas mettre entre toutes les mains.

Avis sur Simoun

Avatar UltimeTofu
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Je ne sais pas trop quoi penser de Simoun. A part dire qu’il s’agit d’une série ayant un énorme potentiel de base mais qui a peu à peu muté en…Un truc? Il n’y a rien d’autre à déclarer.

Première chose pouvant rebuter le large public est évidemment le yuri, les relations homosexuelles entre femmes. Beaucoup n’iront pas au-delà du générique à partir du moment où ils verront deux filles s’embrasser…Et c’est bien dommage ! Car au final, cela n’est qu’une infime partie de l’histoire. Mais nous y reviendrons.

La deuxième chose pouvant rebuter le large public, ou même le public plus spécialisé, est l’animation. On ne va pas se mentir, malgré un style de dessin magnifique, l’animation est véritablement médiocre. Les séquences répétées, le nombre d’images par seconde allant parfois jusqu’à 2 (pour vous donner une idée, un dessin-animé du Studio Ghibli varie entre 20 et 24 images par seconde. Un dessin animé « normal » sera correctement animé et fluide à partir de 9.) et l’utilisation à profusion des Harmony Cels. Mon Dieu ces Harmony Cels !

A la base, il s’agit d’une sorte d’arrêt sur image coloré dans un style crayonné mettant en valeur une scène. Souvent utilisé dans les vieux animés, à la fin d’un épisode, pour plus d’esthétique et en général montré à l’écran durant un laps de temps ne dépassant pas deux minutes. Dans Simoun, il y’a une utilisation des Harmony Cels exagérée. Malgré leur incontestable beauté, il s’agit d’un seul dessin, ne l’oublions pas ! Il y’a carrément une scène où 4 Harmony Cels se succèdent durant plus de trois minutes lors d’un moment de climax !

Du coup, nous pouvons nous demander s’il ne s’agit pas plus d’une restriction budgétaire masquée. Car il est clair que le studio Deen n’avait pas de moyens pour financer Simoun. C’est évident.
A tel point qu’il est possible d’attester que les fonds épurés et les quelques musiques rabâchées durant toute la série sont eux aussi une question de manque d'argent. Ce qui est assez triste au final.

Passés ces défauts de forme, parlons maintenant du fond.

La narration de Simoun est lente. Très lente. Il est vrai qu’il faut s’accrocher pour ne pas éteindre l’ordi et jouer à Sonic pour se remettre en route. Ironique pour une série qui a pour thème principal la guerre n’est-ce pas ? Et bien pas vraiment. Car Simoun est avant tout un drame psychologique.
Comment des adolescentes surmontent-elles l’horreur de la guerre ? Contrairement à beaucoup de séries sur le même sujet, cet aspect « nous sommes capables de détruire des villes entières alors que nous sommes de simples humaines » est particulièrement bien traité.

Les héroïnes sont vues comme des déesses par leurs pairs alors que pourtant, chacune d’elles possède ses défauts, ses remises en questions, ses problèmes. Elles ont toutes le sens des responsabilités et, malgré le manque de maturité de certaines, grandissent au fur et à mesure de l’histoire. Leur développement est véritablement bien travaillé. De ce fait, à cela je dis «chapeau» car peu de séries offrent un tel spectacle.

Les thèmes abordés sont divers mais pas paradoxaux. L’amour (dans toutes ses formes) bien que central, n’est que la face visible de l’iceberg. L’acceptation de soi, des autres, l’horreur de la guerre, le deuil, la beauté de la vie et surtout le passage à l’âge adulte. Tous ces sujets sont dépeints avec brio, c’en est jouissif par moments.

Les personnages, quant à eux, sont tous traités de manière à peu près égale. L’héroïne n’est au final pas si mise en valeur que ça et ce n’est pas plus mal. Le passé des filles, souvent peu développé, montre à quel point l’histoire est prise en cours de route. Nous vivons avec elles. Certains personnages, comme Yun, sont frappants et d’autres, comme Floe, sont…Malheureusement présents. Et ça passe ou ça casse comme on dit.

Les relations amoureuses entre filles, au final, n’est qu’un point assez mineur. A part pour le personnage de Paraietta qui est en conflit intérieur par rapport à cela, nous ne sommes pas bassinés par des amourettes d’adolescentes. Bien évidemment, il y’en a. Mais comme l’illustre la relation entre les deux héroïnes Aaeru et Neviril, cela reste pudique. Simoun est un animé véritablement pudique.

La fin quant à elle, représente la série. Tout en sous-entendu, le spectateur n’ayant regardé que d’un œil les épisodes précédents ne pourra la comprendre. Pour ma part je l’ai trouvé parfaite !
En bref, tout comme le générique de début, cette série est un parti pris. Ça passe ou ça casse.

Si vous êtes curieux et ouvert d'esprit, jetez-y un œil. Elle n’est pas inoubliable mais peu facilement faire passer un bon moment.

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