Pas de destin mais ce que nous faisons.

Avis sur Terminator - Les Chroniques de Sarah Connor

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1984 et 1991 verront les sorties de Terminator 1 et 2 créés par James Cameron, encensés à l'unanimité tant par les critiques que par le public et décorés de prix divers et variés dont plusieurs Oscars . En outre, en 2008, la national Film Registry de la Bibliothèque du Congrès Américain sélectionnera The Terminator pour y être conservé comme étant, je cite : "culturellement, historiquement ou esthétiquement important". Autant dire que, près de 30 ans après, présenter un projet d'adaptation du film au travers d'une série, se profile à coup sûr comme un projet ambitieux, casse-gueule et à double tranchant : être loué ou haché menu par les fans purs et durs de Cameron.

L'aveuglement du fan de base ne cessera jamais de me confondre car s'il est logique et légitime de vouloir se fondre dans l'univers de Cameron, il est tout aussi logique que le projet de Josh Friedmann s'écarte sensiblement de la voie précédemment tracée vers des sentiers pour le moins inattendus. La série, si elle reprend ostensiblement les grandes lignes du scénario initial, nous prend à contre-pied dès le premier épisode en choisissant d'axer l'histoire autour du personnage de Sarah, la mère de John Connor merveilleusement interprétée par Lena Headey (nominée meilleure actrice pour une série aux Saturn Awards 2008), secondée par son fils John interprété par Thomas Dekker (nominé révélation masculine de l'année dans une série aux Teen Choice Awards 2008 et nominé meilleur acteur dans une série action/aventures à ceux de 2009) et Cameron Phillips superbement interprétée par Summer Glau (sacrée meilleure actrice dans un second rôle pour une série aux Saturn Awards 2008). Bien que le Terminator de Cameron soit rythmé par de l'action et des effets spéciaux à profusion, la série, quant à elle, se focalisera sur l'aspect psychologique, introspectif de l'histoire (concept de la singularité, conséquences potentiellement dangereuses de la création d'une intelligence artificielle, un possible futur apocalyptique qu'il soit causé par des machines ou tout autre événement déclenché par l'être humain, syndrome du vétéran, etc ...). Les effets spéciaux n'apporteront rien de neuf puisqu'ils ont été initiés dans le film et seront globalement discrets, tout comme l'action qui se verra relayée en arrière plan, afin de mettre en lumière les relations entre les différents protagonistes.

Comme cela arrive souvent, au bout de seulement 31 épisodes, la chaîne américaine Fox ne reconduira pas la série pour une 3ème saison car boudée de manière injustifiée par le grand public qui ne voit pas l'intérêt que la série continue de se développer.

C'est évidemment aussi là que le bât blesse, les fans de Cameron crieront au blasphème telles de petites filles choquées sans prendre un instant, la mesure d'un recul nécessaire et essentiel pour qui veut poser un regard neuf, critique et si possible, impartial. Le Terminator de Cameron véhiculait un rythme propre à son époque et il va de soi que, singulièrement, l'adaptation de Friedman colle à notre époque : par son caractère autocritique, la série nous pousse à nous questionner sur le sens de notre existence, sur la teneur de nos choix (mensonge ou vérité) et nous alerte sur la fâcheuse constante qu'a l'être humain de se parer de son orgueil et de se prendre pour Dieu, faisant fi des conséquences inévitables sur sa survie future.

Le "Pas de destin mais ce que nous faisons" gravé au couteau dans le bois de la Sarah Connor originelle nous est, de nouveau jeté en pleine face comme pour nous rappeler l'importance de mesurer nos actes avant de les mettre en oeuvre. Il semblerait que cela n'ait pas été du goût de beaucoup d'entre nous ... à méditer.

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