La revanche des mères de familles

Avis sur The Big C

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Nous vous parlions dans un précédent article de The Big C, nouvelle série de Showtime. Notre première réaction n'était pas très enthousiaste mais, après visionnage des trois saisons (et en attente des quatre épisodes qui viendront clore la série au printemps 2013), nous ne pouvons finalement que vous en recommander chaudement la découverte !!

Certes, le sujet est lourd : une femme apprend qu'elle a un mélanome et qu'il ne lui reste que peu de temps à vivre (une année tout au plus). Cette nouvelle, qu'elle refuse d'abord de partager avec sa famille, va bien entendu chambouler sa vie.

Cathy, le personnage principal, est dans la lignée de ces autres mères de familles quarantenaires scrutées par Showtime ces dernières années. Tout comme Nancy de Weeds et Tara de United States of Tara, sa vie de mère de famille dans une banlieue pavillonnaire tranquille est bouleversée par un événement. Tout comme elles, en essayant de faire face, elle va être amenée à sortir des normes, de ses habitudes et va mettre en question sa façon de vivre et de penser.

The Big C est elle aussi une comédie tragique où le rire et les larmes sont francs, détonants, inattendus. Ces séries ont également en commun un décentrage progressif (suivi d'un recentrage) de l'héroïne vers d'autres personnages. Cathy a un fils en pleine crise d'adolescence, un mari loufoque, une voisine acariâtre, une élève noire obèse mais so girly, un compagnon dans la maladie bouddhiste et gay et, surtout, un frère : le savoureux Sean (écologiste sans domicile fixe, anti-capitaliste, freegan, électron libertaire et anarchiste).

Le temps est ralenti dans The Big C : les trois saisons couvrent quelques mois, sursis sur la vie oblige. On y trouve les passages obligés de séries plus classiques : les fêtes d'Halloween et Thanksgiving, par exemple. Mais la fête de famille traditionnelle est subvertie et tourne au pugilat. Chaque personnalité est explorée jusqu'au bout, dans ces moindres idiosyncrasies et contradictions. Des rebondissements inattendus et sans demi-mesure nous tiennent en haleine et font avancer l'histoire par violents à-coups. La vie peut basculer à chaque instant... pas forcément là où l'on s'y attendait.
Avec The Big C, Showtime continue de montrer l'envers du décor de la vie rêvée de la classe moyenne américaine, du suburb et de la housewife comme aboutissement du rêve américain tel qu'il est présenté dans les médias (séries télé en tête) depuis les années 50-60. Comme dans Weeds, les allusions contre l'Amérique bien pensante et ses choix politico-économiques fusent.

Et, comme dans United States of Tara, la famille d'aujourd'hui est post-moderne, à géométrie variable et certaines questions, dépassées, ne s'y posent plus (par exemple celle de l'acceptation de l'homosexualité).

Comme souvent, les bonnes séries semblent avoir une longueur d'avance sur la réalité et c'est là leur force : représenter une avant-garde socio-culturelle tout en étant grand public.

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