La Grande, peut-être, mais pas la grande histoire

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Avatar Le Nuage en Pantalon
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Après des tonnes d'annonces, de publicités en tous genre, je me suis laissé tenter. Une série biopic sur la femme qui a donné toute sa grandeur à la russie impériale, ça avait de quoi être sommes toute sympathique. Certes, la recherche historique n'avait pas l'air de primer : sans doute serait-on dans une biopic joliment falsifié, façon Marie Antoinette, de Sofia Coppola. Mais reste qu'un destin comme celui de la grande Catherine de Russie, ça doit faire rêver ! Alors rêvons.

Un casting alléchant, aux physiques pouponnées comme des bonbons : Nicholas Hoult, Elle Fanning. Ça a de quoi plaire...

Seulement cette série se place définitivement dans une certaine ère du temps : une ère « sympathique », fade, et surtout qui renie complètement l'histoire. Les incohérences succèdent aux anachronismes, et d'une façon qui relève plus de la fainéantise scénaristique que du facétieux clin d’œil. Sofia Coppola a malicieusement glissée une paire de converses dans son film ? Ça passe miraculeusement, et apporte une véritable touche rock'n'roll à notre Marie-Antoinette. Magie du cinéma d'auteur. Ici, on ne se préoccupe de rien, tout est bon pour justifier les actes d'une trop gentille catherinette face à un « méchant » bien fade. (Pourtant, Nicholas Hoult ne démérite pas, et prend un réel plaisir dans son jeu. Quel dommage, après un piètre Tolkien, de le retrouver dans la peau d'un tsar fou mais incapable de nous faire ressentir sa cruauté, y compris en tirant sur l'animal de compagnie de son épouse.)

Non, cette série historique est beaucoup trop sucrée : les acteurs sont mignons, les dames de la cour impériales, de gentilles garces analphabètes. On retrouve des gens de couleurs – pourquoi, si ce n'est justifier des quotas ou briser définitivement toute cohérence historique – dans les rôles des ministres de la cour impériale de Russie).

Plaire, plaire, on veut plaire à tous prix, comme cette naïve jeune fille prête à tout accepter (mais pas comme la tragique Sansa Stark. Celle-ci est prête à tout pour donner plus paillettes dans sa vie) pour tenir son rôle de tsarine, y compris à se laisser tripoter sans rien dire par un prêtre, même pas catholique en plus, qui veut vérifier si madame est bien pure...

Quant aux dates...

« Que lisez-vous ?
- Un livre...écrit pas un très grand écrivain du nom de René Descartes.
- Cela vous a ému ?
- Pardonnez-moi. C'est embarrassant et dégradant. Je suis un vrai troufion.
- Ses idées éclairent l'esprit. Je le lui ai dit.
- Vous le connaissez ?
- Je l'ai déjà croisé. »

Nous parlons donc ici d'un homme décédé en 1650, qui aurait croisé et discuté avec une femme née, elle, en 1729, dans un siècle dans lequel il n'a jamais posé le pied.

Peut-être mon esprit trop historien s'acharne sur ces détails historiques, mais aborder le destin de l'un des plus grand chef d'Etats de tous les temps aurait mérité tellement mieux que cette fable glucosée et bien-pensante.

Le "1" est sans doute un peu sévère, notamment au regard des acteurs qui, eux, sont vraiment bons, quoi qu'on en dise. Mais le presque 8 de moyenne est en revanche bien peu mérité. Il faut bien donner un peu le change...

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