The OA : la nouvelle claque made in Netflix

Avis sur The OA

Avatar Sandra R
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Sortie sans tambours ni trompettes, The OA renouvelle encore une fois le genre et rappelle que Netflix met les moyens du côté de la création, de l'écriture, mais également de la photo. Réalisée avec un soin tout particulier, jouant avec les codes de l'image, de la vidéo low def (première scène au téléphone, journal intime en vidéo d'inspiration Blair Witch) et de l'image ciné, OA emporte loin les spectateurs et renouvelle le genre de la série qui explore les questions de l'afterlife.

Souvent, une série met du temps à trouver son rythme. Il n'en est rien ici où dès les premières minutes, OA vous transporte dans un autre monde. Super huit émotionnel, la série joue piano sur la réalité, allegro sur le ressenti, et utilise les ficelles des Thanatonautes et du huis clos pour parler autrement de la vie. Dans un univers dont on ne sait s'il est fantasme ou réalité, le passage d ela vie à la mort sert de toile de fond à une critique de la société où n'est pas prisonnier qui croit et n'est pas adulte qui le dit.

Comme dans Stranger Things, un groupe de misfits, d'outcats, d'adolescents et d'adultes en proie à des crises personnelles graves et des drames de l'existence vont recréer un groupe, une petite société en secret, pour affronter la vie.

Entre préceptes issus de la méditation, questionnements discrets sur le genre et le sens de la vie, OA est une petite lumière incohérente dans la noirceur de nos jours.

Pas parfaite, avec parfois de grosses ficelles, l'énergie et la force de cette série reposent sur des personnages attachants, ni bons ni mauvais, toujours sur la corde raide, et qui évoluent, encore une fois, dans ces petites villes américaines où l'opprobre sociale l'emporte sur l'esprit critique.

Dans une époque où l'individualisme fait loi, cette réflexion SF sur le pouvoir du collectif fait du bien. On y est perdus, comme le sont les personnages, comme nous le sommes dans nos propres vies. On y est dubitatifs, devant les lourdeurs (parfois) du ressort fantastique et les représentations entre la vie et la mort, mais on reste tout de même suspendus, comme les personnages, à cette histoire sans queue ni tête qui place le don de soi et la quête de l'identité au cœur d'un système où seule la performance décide.

5 prisonniers, 5 extérieurs, 1 héroïne à la limite de la folie... et nous, spectateurs impuissants face à la cruauté, face à l'acharnement, face à l'enfermement. Au propre comme au figuré.

Gros plus : une bande son léchée, dans les bruitages comme dans les musiques. Claustrophobes, traumatisé-es, s'abstenir : TW.

Si vous n'accrochez pas au 1er épisode, passez votre tour. Les détours et allégories qui commencent au 4e et montent jusqu'au final vont vous ennuyer. Si vous appréciez ces personnages fragiles et perdus, mais témoignant toustes d'une rage de faire face, continuez, malgré les lourdeurs des images de l'au-delà.

Merci Netflix, you ruined my weekend again ;)

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