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The Romanoffs par homocavernus

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Le créateur de Mad Men se lance dans une mini-série produite par Amazon. L'idée est originale : chaque épisode est indépendant et raconte donc une petite histoire qui se suffit en elle-même. Du coup, les épisodes sont assez longs et sont donc, au niveau de leur durée entre le format série et le format film.
Le générique est assez outrancier et pourrait choquer les plus jeunes spectateurs. D'une manière générale les épisodes sont assez léchés, comme c'était le cas pour Mad Men : un soin important est accordé aux costumes, aux décors et à la photographie.

Le premier épisode, qui se passe à Paris est selon moi le moins réussi de cette mini série. Il enchaine un certain nombre de clichés, avec une certaine vulgarité, pour une histoire qui finalement traine et n'est pas très intéressante.

Une vieille femme pense être Anastasia Romanov, elle est tout à fait désagréable et vit seule dans un immense appartement parisien. Les aides à domicile qu'on lui envoie sont renvoyées les unes après les autres : en effet, la femme, en plus d'être très désagréable est aussi raciste, et on lui envoie alors une aide à domicile française d'origine maghrébine et musulmane (elle porte en effet un foulard sur la tête). Mais malgré les commentaires racistes, la fille ne se laisse pas démonter, et reste au service de la vieille folle, qui va finir par bien l'aimer. On remarquera que c'est presque le scénario du film Intouchables !

Note : 4/10

Donc, n'en restez pas à ce premier épisode, si vous l'avez déjà vu, ou n'hésitez pas à passer directement au suivant pour les autres.

Le second épisode , dans lequel on retrouve Corey Stoll qu'on avait pu voir dans le rôle de Peter Russo dans la saison 1 de House of Cards, se déroule cette fois aux états-unis. Le scénario est ici beaucoup plus travaillé, et bien mené ce qui donne un résultat intéressant, avec un humour noir très sympathique.
Note : 8,5/10

Dans le troisième épisode, qui se déroule en Autriche on retrouve Christina Hendricks qu'on avait déjà pu voir dans Mad Men face à Isabelle Huppert et Jack Huston qui jouait le rôle de Richard Harrow, la gueule cassée dans Boardwalk Empire. On trouve ici un type de récit où un épisode de série montre le tournage d'un film, où, évidemment, la réalité va dépasser la fiction, avec une ambiance film de fantômes.

Notons la présence d'une scène de viol dans le film qui est tourné, mais où l'actrice n'est pas prévenue de la scène, ce qui rappelle ce qui s'est passé pour le tournage du Dernier Tango à Paris.

Note 8/10

Dans le quatrième épisode, qui se déroule cette fois à New York (ville où se déroule également Mad Men), on retrouve John Slattery qui jouait le personnage de Roger Sterling dans Mad Men.
Une femme a eu une histoire avec lui dans sa jeunesse, et elle est restée proche de lui malgré qu'elle se soit mariée avec son meilleur ami. Elle a eu une fille, et sa propre fille attend maintenant un enfant. Est-ce le moment de lui révéler les secrets qui la rongent ?

Note : 7/10

Le cinquième épisode se déroule également aux Etats-Unis. On y retrouve Diane Lane qu'on a pu voir dans l'ultime saison de House of Cards, et qui jouait un petit rôle dans l'épisode précédent. Cette fois elle y joue une mère de famille

confrontée aux soupçons qui pèsent sur le professeur de piano de ses enfants et de plusieurs des enfants de ses amies.

Cet épisode porte sur les soupçons, sur les ragots et sur ce que ça peut faire à la réputation d'un homme. Bien sûr, cette affaire rappelle les affaires #Metoo, et les lynchages publics et autres dénonciations calomnieuses qui ont pu avoir lieu ensuite (en plus de celles qui étaient justifiées).
Un épisode très personnel puisque Matthiew Weiner a lui-même été accusé de harcèlement sexuel par une des scénaristes de Mad Men.
Note : 6/10

Le sixième épisode se déroule dans la ville de Mexico. On y retrouve un séduisant journaliste qui essaie d'infiltrer une clinique privée qui prétend soigner des patients atteints de maladies incurables.
Note: 6/10

Le septième épisode est le seul à se dérouler en Russie. On suit ici un couple infertile qui après avoir essayé tout ce qui était possible pour avoir des enfants décide d'aller en adopter en Russie, car la femme prétend être une descendante des Romanoffs. Ils se rendent dans une orphelinat à Vladivostok, mais le bébé qu'on leur propose ne correspond pas à ce à quoi ils s'attendaient. S'ensuit une dispute entre le couple.
Cet épisode, assez particulier, et très glauque, par rapport aux autres, est assez décevant et l'un des moins bons de la série.
Note : 5,5/10

Le huitième épisode se déroule dans un train qui relie Paris à Londres. On peut d'ailleurs apercevoir les protagonistes du premier épisode qui effectuent un caméo dans la scène de la gare, au début de l'épisode.
Cet épisode a la particularité d'utiliser la forme du récit-cadre. En effet, la passagère va raconter une histoire au passager du train à côté d'elle qui est scénariste, et travaille sur une mini-série qui a pour thème la famille Romanoff. Dans son récit, elle en arrive à raconter une histoire qu'un protagoniste raconte à une autre personne, il y a donc la un récit enchâssé dans le second récit.
La résolution de ces récits est tout à fait intéressante, mais ne saurait être racontée sans gâcher l'un des meilleurs épisodes qui clôt la série avec brio, bien mieux qu'elle n'avait commencé avec le premier épisode.
Note : 8/10

Bref, malgré des épisodes de qualité inégale, une très bonne mini-série de Matthew Weiner

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