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Trotsky par Gyongoros

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Quand Netflix nous balance la série russe Trotsky, traitant du révolutionnaire éponyme, rien de mieux que de se caler devant avec des bières et un pote. Après quelques minutes de visionnage, nous sommes d’accord : l’histoire se fait lacérer, dépoitrailler, mais c’est prenant et surtout loin d’être ennuyant. Les effets spéciaux ne m’ont pas choqué outre mesure, bien au contraire, j’ai trouvé la réalisation de très bonne qualité. Les épisodes se suivent agréablement, il n’y a pas de temps mort.

Mais surtout, c’est une série virile ! Tout est viril ! Même le train blindé est viril. Le blouson en cuir de Trotsky ? Viril. La femme de Trotsky ? Virile ! La série ne fait pas dans la dentelle et évite les larmoiements en nous présentant les bolcheviks comme des révolutionnaire prêts à tout pour faire triompher le communisme. Alors certes, c’est violent. Jean-Eudes du quatorzième, le collabo qui se serait pris d’affection pour Sigmund durant l’Occupation (le fameux Sigmund qui a joué au football avec des têtes de Juifs ukrainiens fraîchement assassinés), gueulera sûrement « les rouges, quelle bande de vandales ! Voilà la preuve que le communisme est une plaie pour notre Europäische Zivilisation… euh, vive la France ! ». Mais on s’en branle du moment qu’il nous reste un pack de Baltika pour mieux savourer les coups de sang de Lev, ses séances de fornication avec Frida Kahlo/Larissa Reisner/sa femme/la Russie tsariste, ses ordres de décimation pour remettre de l’ordre dans les rangs de l’Armée rouge.

On remarque quand même une fixette sur les origines israélites de Trotsky et de certains de ses comparses bolcheviks. La série étant russe, on sent poindre dans l’air des odeurs de barbecue labellisé pogrom, ce qui m’a fait peur au début. Mais ce n’est que pour mieux rappeler l’antisémitisme rampant de la patrie des futurs gopniks – rien de méchant et cela donne un peu plus de relief à la série.

Niveau personnages historiques, on rencontre du beau monde : Lénine grimé en petit tacticien emmerdeur, Staline la racaille du Caucase, Mercader le cosmopolite russo-espagnol et sa peur des crocodiles, bref à voir ! Mais attention : c’est bien moins chiant qu’un Truffaut. Le train express régional, numéro 10/1917, en provenance de Moscou et à destination de Petrograd va partir, accrochez-vous les gars ça va défourailler sec.

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