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Utopia (US) par Olivier Antoine

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J'irai pas par 4 chemins: c'est de la merde.
A ce niveau ce n'est plus un remake mais un plagiat, un vol, un détournement de l'oeuvre originale tant ce qui faisait son identité se trouve ici dénaturé au profit d'un divertissement formaté et sans saveur.
Utopia uk a fait l'objet d'un travail formel très poussé à tous les niveaux essentiels: visuels, sonore (l'ost est une perle et utilisé avec une grande intelligence dans la mise en scène), cast, écriture et acting, et je dois dire un mot de Neil Maskell qui incarne le "méchant" car il est tout simplement monstrueux et porté par des thèmes musicaux instillant malaise, mystère et compassion, son avatar us quant à lui... je n'ai pas de mot, je n'ai pas de mot. Le remake n'a absolument rien compris à l'original, alors proposer une version différente du matériau de base pourquoi pas mais la condition sine qua non me semble quand même de l'avoir compris.
L'écriture de Denis Kelly est immersive, privilégiant le réalisme, l'incompréhension et le trouble ce qui crée une empathie forte avec les personnages: au même titre que les personnages on ne comprend pas à quoi on assiste, dans quoi on est embarqué mais on trouve cela étrange et inquiétant et le sentiment de menace est fort, du à la sensation de malaise et d'étrange qui plane sur la série grace à des antagonistes bizarres, inquiétants et brillamment interprétés (j'ai déjà parle de Neil Maskell mais Paul Ready n'est pas en reste et on le retrouve d'ailleurs dans un registre différent dans l'excellent The Terror).
La version us quant à elle nous propose de l'acting à l'américaine: bavard, superficiel, hystérique, mitraillant à l'envi des "what the fuck what the fuck?!" évoquant des miniatures youtube pour des vidéos d'unboxing, vous voyez, avec la bouche et les yeux grands ouverts.
Là où l'écriture de Kelly nous immerge, celle du remake nous tient à l'écart dans notre rôle de spectateur/consommateur en surexpliquant tout et en posant d'emblée tous les enjeux, dont la plupart sont d'ailleurs des ajouts histoire de bien appuyer sur la thématique du complot car nous nous trouvons ici face à une écriture très américaine: le complot tentaculaire à multiples embranchements, dont la fonction est depuis longtemps de simuler la profondeur et la complexité de l'écriture de soaps superficiels là où l'original proposait une histoire plus simple mais plus impactante du fait du traitement général de l'ensemble.
Un exemple?
Uk: les personnages se rencontrent pour la première fois dans un petit pub désert, cadre intimiste, c'est l'occasion pour nous d'apprendre à les connaitre.
Us: les personnages se rencontrent pour la première fois dans un hôtel gigantesque, lieu d'une comicon rempli de geek affublé de cosplay le tout porté par une musique tapageuse.

Va mourir, Utopia Us, va bien mourir.

Ha mais j'apprends que la personne réalisant cette série est la même que celle de Sharp Object, objet tout à fait creux et prétentieux.

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