Les meilleures BD de 2024 selon Fwankifael
5 BD
créée il y a 12 mois · modifiée il y a environ 2 moisMoi ce que j'aime c'est les monstres, tome 2 (2024)
My Favorite Thing Is Monsters 2
Sortie : 8 novembre 2024 (France).
Roman graphique de Emil Ferris
Fwankifael a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
5 avril 2025
7,5/10
Après des années d'attente fébrile, voilà enfin l'occasion de se plonger dans le deuxième tome des aventures de Karen, qui poursuit l'élucidation du crime de sa voisine et de la part obscure de son frère. Je suis de nouveau très vite marqué par l'inventivité, la spontanéité et la tendresse de ce récit à hauteur d'un enfant pas comme les autres. Certaines séries de planches sont merveilleusement suspendues, comme cette séquence dans le métro de Chicago ou les récits posthumes d'Anka.
Emil Ferris profite de ce deuxième tome pour accélérer le tempo de son intrigue. Elle rompt rapidement le charme qui entourait l'étrangeté de sa protagoniste en révélant son homosexualité. Cet outing remet en perspective le caractère et les fantasmes de l'héroïne, mais se traduit tout de même par un approfondissement réussi et touchant de ses motifs. Le personnage de Deez conserve pour sa part une grande épaisseur de mystère et c'est sans forcer qu'il s'établit au cœur des préoccupations enquêtrices de Karen.
Ce deuxième tome souffre tout de même de certaines longueurs, au gré de digressions qui apportent un certain rythme à l'ouvrage, mais qui égarent un peu le lecteur dans le propos. Et la succession d'évènements qui frappe notre héroïne nous emmène sur un chemin rocambolesque dont les contours et l'intérêt demeurent difficiles à cerner. On verra donc ce qu'il en est dans le troisième tome à venir.
Fragile (2024)
Sortie : 3 avril 2024.
BD (divers) de Mathilde Ducrest
Fwankifael a mis 6/10.
Annotation :
14 août 2025
Mathilde Ducrest signe, au scénario, au dessin et à la colorisation, une première BD assez ambitieuse et intrigante sur les préjugés, au travers d'une bluette lesbienne solaire. Le début de ce roman graphique est le plus réussi. Il augure une réflexion large et relativement profonde sur la cohabitation générationnelle, la mémoire, la sororité, sur fond d'intrigue familiale. Mais c'est finalement vers une romance moderne, sans guère d'autres enjeux que celui de l'aveu des sentiments dans une relation économiquement asymétrique, drapée toutefois d'un soupçon d'érotisme, que s'oriente l'autrice. J'ai trouvé ça dommage.
Formellement, "Fragile" est réussi, notamment sa colorisation. Les visages et les expressions m'ont cependant paru très lisses.
La Révolte sans précédent (2024)
Sortie : 11 octobre 2024.
BD franco-belge de Guillaume Meurice et Sandrine Deloffre
Fwankifael a mis 4/10.
Annotation :
17 août 2025
Cadeau d'évidence de copains, je ne peux que saluer l'objectif d'intérêt public (alerter sur la maltraitance et l'exploitation animale ainsi que sur l'effondrement de la biodiversité) de cette BD de Guillaume Meurice et Sandrine Deloffre. Mais j'ai trouvé cet album pas vraiment adapté au lecteur que je suis : humour facile, récit linéaire et sans profondeur, mise en dessin sommaire, enjeux évidents... Sans doute à mettre entre des mains plus jeunes et moins informées que les miennes.
(1986-1994) - L'Arabe du futur : Moi, Fadi, le frère volé, tome 1 (2024)
Sortie : 8 octobre 2024.
BD franco-belge de Riad Sattouf
Fwankifael a mis 6/10.
Champs de bataille : L'Histoire enfouie du remembrement (2024)
Sortie : 20 novembre 2024.
BD (divers) de Inès Léraud et Pierre Van Hove
Fwankifael a mis 8/10.
Annotation :
14 février 2026
Entre deux conférences de Bruno Latour sur Gaïa (notation à venir), je me distrais en plongeant dans un des plus odieux chapitres français de l'anthropocène : le remembrement.
Inès Léraud frappe à nouveau un grand coup. Car si le sujet est médiatiquement moins brûlant que celui des algues vertes, thème de son précédent volume cosigné avec Pierre Van Hove au dessin, il n'en demeure pas moins d'actualité : le bocage disparait à vitesse grand V, malgré tous les prétendus plans pour le sauver. C'est d'ailleurs un exemple éloquent de ce qui fut une "solution fondée sur la nature" - concept aujourd'hui brandi pour lutter raisonnablement, loin des techno-solutions, contre les bouleversements climatiques. Le bocage est absolument artificiel, créé par l'homme pour ses besoins. Mais cette intervention humaine s'est accompagnée du développement d'écosystèmes uniques aujourd'hui en péril, et toujours dans le respect des cycles hydrauliques.
En retraçant l'histoire du remembrement, inspiré de l'industrialisation de l'agriculture en Allemagne au XIXème siècle, poussé par les feux de Vichy puis des corporations agro-industrielles parvenues au pouvoir économique et politique au mitan du siècle, Léraud s'attarde surtout sur le désastre humain que fut cette politique imposée d'en haut. On comprend d'autant mieux la défiance des campagnes contre le pouvoir politique, encore vive aujourd'hui en ces périodes de calamités agricoles accélérées, quand on voit ce qu'on a imposé de souffrances, de déséquilibres et de renoncements aux paysans au nom du progrès technique.







