Cover Les meilleurs albums de Bob Dylan

Les meilleurs albums de Bob Dylan selon OuaZz

J’ai longtemps eu du mal à piger pourquoi Bob Dylan occupait une place si sacrée dans le panthéon musical. Pourquoi mes ainés le vénéraient comme une sorte de prophète à la guitare râpée alors que je ne jurai de mon côté que pour Nirvana ou Bowie (quelle originalité). La réponse n’était pourtant pas planquée bien loin.

Le film de Mangold a entrebâillé la porte, puis je me suis vraiment plongé dans sa musique. J'ai arrêté d’écouter distraitement. J'ai tendu l’oreille, pour de vrai, me suis laissé emporter par les textes. Par les accords de sa guitare et les désaccords de sa voix. Et là, j’ai compris – ou plutôt, j’ai ressenti. Même sans bitez toutes les paroles, tu peux sentir qu’il y a une bête tapie sous ses textes, un dragon qui crache des vérités capables de soulever une foule, de changer une vie, de porter n’importe quelle révolte.

Liste de

15 albums

créée il y a 4 mois · modifiée il y a 3 mois
Highway 61 Revisited
8
1.

Highway 61 Revisited (1965)

Sortie : 30 août 1965. Folk Rock

Album de Bob Dylan

OuaZz a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Mythique, y'a pas d'autre mot. L’album qui aura su à lui seul envoyé valser la folk d'un uppercut dans les cordes. Ou un gros coup dans les couilles, si tu préfères. Le même que celui de ton crush de la cour de récré. La trahison est encore plus que douloureuse. Mais qui aime bien, châtie bien.

L'insolence d'Ali, la puissance de Mayweather et la rage de Tyson prisonnières dans la silhouette frêle de ce petit garçon au talent gros comme une montagne.

The Freewheelin’ Bob Dylan
7.9
2.

The Freewheelin’ Bob Dylan (1963)

Sortie : 27 mai 1963. Folk, Folk, World, & Country

Album de Bob Dylan

OuaZz a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Dylan est devenu un étendard presque malgré lui, même si son goût pour le mystère et son faux cynisme envers la starification n’y est sans doute pas étranger. Fuis-moi, je te suis, ça vous dit quelque chose ?

A force de flirter avec la légende, on finit par l’incarner. Et à cette époque-là, je parle des sixties, la foudre tombait partout comme une putain de pluie de sauterelles biblique. Alors quand un arbre aussi massif que lui a poussé la porte d’un taxi pour poser un pied sur le trottoir de New York en 1962, fallait pas s’étonner qu’il se prenne l’éclair en pleine tronche et qu’il électrifie toute une jeunesse usée jusqu’à la corde de toutes ces guerres charriaient par leurs parents et un gouvernement sclérosé.

Il y a eu une faille, un immense trou à combler entre ces deux générations. Dylan a su mettre des mots là où ça brulait, là où ça grondait. Comme les Beatles savaient attraper des mélodies dans l’air, lui a attrapé la tempête et l’a recrachée en chansons.

Blonde on Blonde
7.9
3.

Blonde on Blonde (1966)

Sortie : 16 mai 1966 (France). Folk Rock

Album de Bob Dylan

OuaZz a mis 8/10.

Annotation :

On a tous déjà rencontré un p’tit branleur exécrable par son talent. Le dernier en date pour moi, c’était Dylan. Alors je vous l’accorde, c’était il y’a longtemps. Mais Internet a la fâcheuse tendance à réduire les distances.

Du reste, je ne sais pas d’où ça sort, comment il fait, ni même dans quel puits magique il puise ses louches d'inspiration, mais faut admettre que ça fout les jetons autant de talent dans un si p’tit homme. Comme ce gringalet n’a pas rompu sous le poids de son propre génie ? Son savoir-faire n’appartient qu’à lui.

La facilité déconcertante de son songwritting me fait penser à celui de Will Toledo, leader de Car Seat Headrest, dans un registre plus rock. C'est sans doute sa sincérité, la vérité criante que dépeigne ses morceaux qui pousse n’importe quel badaud à se fasciner pour sa musique. Ça résonne bien.

The Times They Are A‐Changin’
7.9
4.

The Times They Are A‐Changin’ (1964)

Sortie : 10 février 1964 (France). Acoustic, Folk Rock, Folk

Album de Bob Dylan

OuaZz a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Pheroe écrit ceci dans sa critique : « Derrière les fables et les légendes, sous les masques changeants de ses avatars successifs, une logique secrète se dessinait en lui, un récit souterrain de la mythomanie n’était que le symptôme le plus visible. C’est la vraie genèse de son génie, peut-être son premier don artistique : cette aptitude hors du commun à se raconter des histoires, c’est-à-dire instaurer les conditions mentales nécessaires à l’émergence de son art. Car que faisait-il, au fond, sinon échafauder une vaste mythologie personnelle, une scénographie intérieure à l’échelle de tout un continent. Une fantasmagorie immense, démesurée, aux dimensions de l’Amérique. Pour qu’enfin ses chansons apparaissent. Qu’elles soient le chant d’un peuple. D’un monde entier. »

Autant dire que sa mythomanie l’a mené à toucher une forme d’universalité. C’est en s’inventant ses propres histoires / mythos qu’il a pu chausser les chaussures de tout un chacun et écrire des récits qui ont touché le monde entier. Il y a quelque chose que j’adore là-dedans. Tous ces bobards l’ont poussé à devenir un parfait inconnu, mais aussi un jeune homme vieux comme le monde. Avec toutes ses lectures, il charrie derrière lui toute l’histoire de l’Amérique.

Bringing It All Back Home
7.9
5.

Bringing It All Back Home (1965)

Sortie : 22 mars 1965 (France). Folk Rock, Folk

Album de Bob Dylan

OuaZz a mis 8/10.

Annotation :

Dylan met un premier orteil dans le rock, délaissant les mélodies acoustiques pour se frotter à la fureur électrique. Il se libère de ses chaînes qu’on lui a foutu au pied pour goûter à la liberté du rock'n'roll.

C'est aussi ça la terreur d’être le nouveau Moise : devoir des comptes à ceux qui croient en nous. Mais le Bob, il en à rien carrer et fait ce qui lui chante. Il signe sa Déclaration d’Indépendance pour informer le monde et leurs avis qu’il s’en sépare.

Blood on the Tracks
7.8
6.

Blood on the Tracks (1975)

Sortie : 20 janvier 1975. Folk Rock

Album de Bob Dylan

OuaZz a mis 8/10.

Annotation :

Dylan reprend du poil de la bête après une moitié de décennie à jouer au chat et à la souris avec sa propre identité. Il remet les mains à la patte pour nous enfourner cette onctueuse galettes remplies de pépites chocolatées comme au bon vieux temps et à même de te désaxer l'âme.

Un album qui cache sa profonde mélancolie derrière un folk agité. Bob nous parle de sa rupture avec sa femme. Lui qui avait passé sa jeunesse à s'enivrer de bobards décide de faire demi-tour pour servir son coeur sur la table avec une sincérité sans fard. Voilà le secret de sa pérennité : l'authenticité.

Desire
7.8
7.

Desire (1976)

Sortie : 5 janvier 1976. Folk Rock

Album de Bob Dylan

OuaZz a mis 8/10.

Annotation :

Dylan a passé toute sa carrière à boxer le regard des autres, à esquiver ce qu’on voulait bien projeter en lui. C'est le revers du talent et de la célébrité : chacun veut te posséder, te faire parler à sa place.

Ce gamin du Minnesota a d’abord servi de mégaphone à une armée de yupins protestataires, convaincus que ses chansons avaient la force de renverser le monde. Puis il est devenu l’antéchrist des puristes de la folk qui l’avait au préalable hissé au rang de leur nouveau Dieu avec sa trilogie électrique. Ensuite, Dylan s’est attaque à pire encore : sa propre légende. Il a tenté de dissocier Dylan de Zimmerman comme un personnage de comics, arrachant l’icône du type en chair et en os. Il est retourné aux sources de sa passion folk simplicité, a encore brouillé les pistes en faisant tourner la tête de ses fans comme des girouettes. Puis Blood on the Tracks l’a remis sur le ring de la scène rock, avant qu’il de faire exploser au C4 le dernier rang de ses fidèles avec ce Desire en 76 – un disque incompris aux sonorités gitanes injustement boudé par la presse (mais rétroactivement reconsidéré à sa juste valeur).

Celui qu’on a communément dénommé le Rimbaud du rock n’a jamais cessé de muer. Insaisissable, imprévisible, parfois agaçant. Mais c’est peut-être précisément cette fuite en avant permanente qui a forgé sa légende et définie son génie et lui aura même fait arracher le Nobel (jusqu’au bout, le mec restera hors des clous).

Un mot sur le disque ? Ah, ben, troquer l’harmonica au profil du violon était une bonne idée. Même s’il ne pouvait s’empêcher de le ranger trop longtemps : Sara, sublime.

John Wesley Harding
7.3
8.

John Wesley Harding (1967)

Sortie : 27 décembre 1967. Folk Rock, Folk

Album de Bob Dylan

OuaZz a mis 7/10.

Annotation :

Difficile de suivre le mastodonte et premier double album de l’histoire du rock : Blonde on Blonde. Néanmoins, Bob montre qu’il en a encore sous la calanque.

6 ans avant de signer la BO du légendaire film de Peckinpah, le gamin du Minnesota se la joue cowboy et indien (à en croire la pochette). Une avalanche de balades aux allures de chevauchées fantastiques.

Another Side of Bob Dylan
7.4
9.

Another Side of Bob Dylan (1964)

Sortie : 8 août 1964. Folk

Album de Bob Dylan

OuaZz a mis 7/10.

Annotation :

Après s'être casser les reins à dépoussiérer la Folk et soulever tout un tas de branleur à sa cause, Dylan raccroche aux racines qui l'on mené sur les sentiers de la musique pour nous offrir un album moins lourd, presque enjoué.

Pat Garrett & Billy the Kid (OST)
7.6
10.

Pat Garrett & Billy the Kid (OST) (1973)

Sortie : 13 juillet 1973 (France). Rock, Soundtrack, Folk Rock

Bande-originale de Bob Dylan

Annotation :

Knockin' on Heaven's Door. Que voulez-vous dire de plus ? Encore une chanson légendaire à la résonance immortelle comme Dylan en a le secret.

Nashville Skyline
7.2
11.

Nashville Skyline (1969)

Sortie : 9 avril 1969. Country Rock, Folk Rock, Country

Album de Bob Dylan

OuaZz a mis 7/10.

Annotation :

Alors là mes amis, le Dylan, il a dû prendre le premier train en direction du trou du cul de la pampa américaine pour sortir un album aussi country. Je me plains pas, hein. Des p’tites balades tranquilles qui sentent le foin, pourquoi pas. Surtout quand c’est aussi bien ficelé.

Intronisé par Johnny (le leur, pas le nôtre), l’album s’écoute nickel. Fallait au moins le talent du Bob pour que je trempe mon biscuit dans cette sauce. 27mn de bergerie champêtre et de balade forestière au coin des chênes.

Ça m’a fait bizarre cette voix, au début. Comme l’impression que le gamin de New York avait connu sa mue ou abandonner sa voix d'enrhumé pour embrasser le style crooner au fin fond d’une grange. Zimmerman revient aux sources, à ses premières inspirations. Et c’est plutôt mignon. Amical. Ça coule aussi bien que le son de rivière tandis qu’on se beurre une tartine aux aurores.

The Basement Tapes
7.3
12.

The Basement Tapes (1975)

Sortie : 26 juin 1975 (France). Rock, Folk Rock, Classic Rock

Album de Bob Dylan et The Band

Annotation :

Accompagné par son Band, Dylan nous plonge dans les sous-sols de sa créativité pour nous délivrer un satané cocktail hétérogène. Les musiques s'enchaînent comme les spectacles d'un cirque bordélique.

Ne vous fiez pas à la date sur la pochette, le projet a été enregistrée en 67 après Blonde on Blonde, juste un peu avant que le Bob pète un câble et balance sa guitare électrique dans le fleuve pour s’installer dans sa grange à côté de Woodstock afin de tourner "définitivement" le dos au succès.

24 titres encapsulés plus tard, on tient cette pastille psychédélique sur le bout de la langue : un trip à la tonalité si particulière qu'on ne saurait où la ranger dans la discographie de ce Rimbaud du rock.

New Morning
6.7
13.

New Morning (1970)

Sortie : 21 octobre 1970 (France). Rock, Folk Rock, Country Rock

Album de Bob Dylan

OuaZz a mis 6/10.

Annotation :

Dylan a décidément décroché les wagons pour prendre ses distances de la scène rock : il en avait sa claque d’être idéalisé ou vénéré. Il fait bien comprendre que si les Américains veulent une idole, ça sera sans lui. Le Zim se fait donc plaisir et compose ses petites conneries sympathiques dans sa cabane de Woodstock, loin des tonitruants morceaux ayant fait sa renommer ou des longues et verbeuses balades magiques.

Ici, aucune musique ne dépasse les 4mn. Simple, efficace, avec un style toujours aussi imparable – du moins quand ça sonne encore juste. Une musique sans doute plus attachante et plus chaleureuse que ses pamphlets politiques. Parfait pour une promenade de digestion. Moins marquant que ses classiques, mais toujours aussi cool. Nan mais attendez, cette musique... c’est celle du DUDE !!

Planet Waves
6.7
14.

Planet Waves (1974)

Sortie : 17 janvier 1974 (France). Rock, Folk Rock, Country Rock

Album de Bob Dylan

OuaZz a mis 6/10.

Annotation :

La première moitié des seventies n'a pas été très facile pour le Bob. Néanmoins, il garde son esprit vif pour nous mijoter un album inégal, mais qui réserve de belles surprises : Haze, Forever Young et Dirge, en tête. La suite de Pat Garrett en attendant Blood on the Tracks.

Bob Dylan Live at Carnegie Hall 1963 (Live)
-
15.

Bob Dylan Live at Carnegie Hall 1963 (Live) (2005)

Sortie : 15 novembre 2005 (France).

Live de Bob Dylan

Annotation :

Dans une ambiance feutrée, presque intimiste, Dylan donne ce court concert au Carnegie Hall, lieu mythique, avant la sortie du titanesque "The Times They Are A‐Changin’". La set-list égrène en avant-première quelques-unes de ses futurs lingots de folk. Touchant dans son épure.

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