Les meilleurs films d'Aki Kaurismäki selon Arthur Debussy

+ Melrose: Rich Little Bitch (1987) - 6/10 coeur : De tous les clips musicaux d'Aki Kaurismäki à ses débuts, celui qu'il a tourné pour la chanson Rich Little Bitch des Melrose est de loin celui que je préfère. Il est beaucoup plus maîtrisé que ses clips bricolés pour les Leningrad Cowboys. Ici, il s'agit d'un court métrage à la mise en scène particulièrement musicale, dont le montage est en rythme avec les inflexions de la chanson. Les musiciens et le chanteur font du play back, mais ils se donnent à fond, en bon groupe de punk, et les voir jouer ainsi est particulièrement réjouissant. Sans parler des paroles savoureuses. Voilà donc un bref court métrage très appréciable, davantage à la mesure du talent (et de l'humour) d'Aki Kaurismäki.

+ L.A. Woman (1987) - 5/10 coeur : Les Leningrad Cowboys reprennent le célébrissime L.A. Woman des Doors, et c'est fort sympathique. C'est probablement le clip le plus conventionnel qu'Aki Kaurismäki signe pour ses amis musiciens. Il consiste en la captation d'un live, avec une nouveauté : c'est filmé en couleur. Celle-ci n'est pas foncièrement maîtrisée, mais la photographie rétro et délavée de ce clip lui confère un cachet très cool, à l'image de ces musiciens qui jouent en toute décontraction, la clope au bec.

Liste de 11 films créée il y a plus de 2 ans · modifiée il y a environ 1 an
L'Homme sans passé
7.2
1.

L'Homme sans passé (2002)

Mies vailla menneisyyttä

1 h 37 min. Sortie : 6 novembre 2002 (France). Comédie, Drame, Romance

Film de Aki Kaurismäki

Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

C'est toujours un immense plaisir que de découvrir un grand cinéaste. Cela faisait longtemps que je voulais regarder un film de Kaurismäki et je n'ai pas été déçu, au contraire. Enfin un réalisateur qui propose du cinéma ! Le réalisateur finlandais sait filmer, indéniablement. Son art passe par l'image davantage que par la parole, comme chez tout bon cinéaste digne de ce nom.

Mais plus encore, il a un véritable regard, très personnel et original. A la fois légèrement cynique, et en même temps bourré d'humanité. Il filme des laissés pour compte, mais qui possèdent une grande dignité qui leur donne un charme et un panache incomparables. Avec trois fois rien, Kaurismäki signe-là une comédie dramatique à la fois quasi hollywoodienne... et totalement finlandaise.

Homme de paradoxes et subtil, Kaurismäki a manifestement bien du talent. Et c'est avec joie que je vais me pencher davantage sur sa riche filmographie.

Les Feuilles mortes
6.8
2.

Les Feuilles mortes (2023)

Kuolleet lehdet

1 h 21 min. Sortie : 20 septembre 2023 (France). Comédie, Drame, Romance

Film de Aki Kaurismäki

Arthur Debussy a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

Ce sera donc un 8/10. A vrai dire j'hésitais avec un 7 (7,5 pour être précis), car Les Feuilles Mortes m'a donné l'impression d'être un film très simple. Trop simple ? Peut-être... Ou peut-être pas. J'ai très envie de le revoir en salles, et j'anticipe, car je suis certain que de toutes les façons, j'aurais fini par mettre un 8. Soit pour moi la note des chefs-d’œuvre, même les "petits" chefs-d’œuvre comme celui-ci.

Car la simplicité apparentes des Feuilles Mortes est très trompeuse. Comme le disait je ne sais plus qui, ce film ne dure que 1h21 (ce qui nous laisse un peu sur notre faim)... Mais il a fallu 43 ans de carrière à Aki Kaurismäki pour en arriver là.

Dans ce film, chaque image fait mouche. Chaque plan est savamment construit. Avec une beauté simple, discrète. Mais réelle. Avec un côté artificiel... et en même temps vivant, concret. Aki Kaurismäki, c'est un peu le poète du réel, une sorte d'héritier du réalisme poétique de Prévert et Carné, mais à sa façon... D'ailleurs, il n'est pas anodin que la célèbre chanson de Prévert donne son titre à ce magnifique long métrage.

Chaque plan, chaque geste, chaque chanson vient sublimer ce film. Mais le summum, ce sont les corps et les visages de nos deux héros principaux. Un regard, une attitude... et puis un sourire... viennent chavirer notre cœur.

Pour moi, il s'agit d'un classique instantané. Un film qu'on aura un très grand plaisir à revoir dans 5, 10, 50 ans. Pour nous qui connaissions déjà Aki Kaurismäki (un tout petit peu pour ma part), nous nous sentons peut-être trop en terrain connu. Et puis, cette sublime bande-annonce (une des meilleures que j'aie vues ces 10 dernières années) dévoilait sans doute trop du film, le desservant ainsi. Mais je pense sincèrement qu'il s'agit une fois de plus d'un "grand petit film" pour Aki Kaurismäki : un film modeste en apparence, mais d'une très grande générosité et d'une très grande maîtrise, qui durera...

Crime et Châtiment
6.7
3.

Crime et Châtiment (1983)

Rikos ja rangaistus

1 h 33 min. Sortie : 2 décembre 1983 (Finlande). Drame, Policier

Film de Aki Kaurismäki

Arthur Debussy a mis 8/10.

Annotation :

Incroyable de voir que dès son premier long métrage de fiction, le style si particulier de Kaurismäki est déjà totalement en place.

C'est aussi très clair avec ce film que Kaurismäki est fortement influencé par Bresson, ce film évoquant immédiatement L'Argent ou bien sûr Pickpocket, autre fameuse adaptation de Crime et Châtiment.

Il paraît qu'Hitchcock n'avait pas osé s'attaquer au monument de Dostoïevski et que notre Aki Kaurismäki, bravache, a décidé de relever le défi.

Et il a complètement réussi son pari. Il livre une adaptation à la fois fidèle - dans l'esprit - et très personnelle. Avec des acteurs habités, un scénario complexe et une grande noirceur, un ton violemment désespéré.

Quel plaisir de découvrir ce grand film et de constater combien dès ses débuts Kaurismäki maîtrisait parfaitement son art. C'est très impressionnant...

Au loin s'en vont les nuages
7.3
4.

Au loin s'en vont les nuages (1996)

Kauas Pilvet Karkaavat

1 h 36 min. Sortie : 2 octobre 1996 (France). Comédie dramatique

Film de Aki Kaurismäki

Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Au loin s'en vont les nuages est l'un des films les plus subtils de Kaurismäki, ce qui peut être assez déconcertant au début. L'humour habituel du cinéaste finlandais est bien présent, mais assez discret. Et surtout, il nous plonge dans la vie sans éclat et difficile d'un couple de travailleurs, qui s'aiment, mais luttent pour vivre, chacun et chacune dans leur emploi respectif.

Il s'agit d'un film moins flamboyant qu'à l'ordinaire pour Aki Kaurismäki. L'intrigue est centrée sur ce rapport au travail, si compliqué et pourtant si important pour nous autres, humains. S'il est considéré comme faisant partie de la "trilogie finlandaise" ou des "laissés pour compte", il aurait pu aussi figurer dans la "trilogie du prolétariat", même si nos héros font partie d'une classe sociale légèrement supérieure, mais tout de même bien modeste.

Ainsi, Aki Kaurismäki ausculte le quotidien et même l'âme de ces travailleurs, tout comme il ausculte ce couple plutôt heureux, malgré le malheur qui les entoure. Plus encore, une fois de plus Kaurismäki montre la force de l'union entre les personnes et les travailleurs face au "système", ou au capitalisme effréné. Il montre l'importance de la solidarité pour vivre dignement. Si le film me semblait relativement mineur pendant toute une partie, la séquence finale le fait entrer dans une autre dimension. Là, il atteint les cimes de l'art cinématographique, et s'achève d'une bien belle et émouvante façon.

La Fille aux allumettes
7.1
5.

La Fille aux allumettes (1990)

Tulitikkutehtaan tyttö

1 h 10 min. Sortie : 2 mai 1990 (France). Comédie dramatique

Film de Aki Kaurismäki

Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

L'un des films d'Aki Kaurismäki les plus sombres et désespérés... L'humour habituel du cinéma finlandais y est bien rare. C'est un long métrage déchirant, avec une héroïne accablée par la tristesse, interprétée avec talent par Kati Outinen. L'aspect social y est très important : il s'agit du dernier volet de la trilogie du prolétariat, qui sera complétée plus tard par Les Feuilles Mortes en 2023. La Fille aux allumettes est un beau et terrible hommage à ces travailleurs et travailleuses pauvres, qui galèrent dans la vie tout en se tuant à la tâche... Un film fort, qui marque durablement.

Ariel
7
6.

Ariel (1988)

1 h 13 min. Sortie : 30 août 1989 (France). Drame, Comédie, Policier

Film de Aki Kaurismäki

Arthur Debussy a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

Encore un magnifique long métrage signé Aki Kaurismäki. J'hésitais à mettre 7/10, mais ce sera un 8/10 franc et net, tellement j'ai aimé ce film. Que ce soit la belle mise en scène, ces acteurs et ces personnages particulièrement attachants, cet humour omniprésent, cette grande sensibilité qui couve derrière le paravent de la drôlerie... Tout est réussi, malgré la simplicité extrême des apparences. Décidément, Aki Kaurismäki a une sacrée personnalité artistique : ses films ont beaucoup de points communs, mais chacun est unique, et son style n'appartient qu'à lui. Je ne fais qu'entrevoir sa filmographie, et ce qui m'attend est particulièrement réjouissant, j'ai hâte de découvrir ses autres œuvres !

Le Havre
6.4
7.

Le Havre (2011)

1 h 33 min. Sortie : 21 décembre 2011 (France). Drame

Film de Aki Kaurismäki

Arthur Debussy a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Une belle réussite de plus pour Aki Kaurismäki, qui arrive à se fondre dans la culture française, en lui rendant hommage, sans rien perdre de son style si personnel. Visuellement, Le Havre est sublime. Et sur le fond, il serre le cœur, avec cette histoire de jeune migrant qui a "échoué" dans la ville portuaire, alors qu'il tentait de rejoindre Londres avec sa famille. La direction d'acteurs de Kaurismäki est vraiment excellente, malgré la barrière de la langue : c'est toujours un plaisir de le voir filmer ses interprètes avec autant d'amour. Le Havre n'est pas exempt de défauts, mais ils sont mineurs. C'est avant tout un magnifique film, particulièrement généreux, qui confirme le talent incroyable de ce cinéaste finlandais si attachant.

Thru the Wire
-
8.

Thru the Wire (1987)

06 min. Sortie : 1987 (France). Musique

Court-métrage de Aki Kaurismäki

Arthur Debussy a mis 5/10.

Annotation :

Autre clip réalisé par Aki Kaurismäki pour les Leningrad Cowboys. Cette fois, il y a un vrai saut qualitatif par rapport à Rocky VI, mais ça reste encore bancal. Le côté parodie fauchée de film noir américain est sans doute voulu ceci dit, quand on sait à quel point Aki Kaurismäki maîtrisait ses longs métrages de fiction réalisés antérieurement. C'est donc encore une pochade amusante, plutôt sympa, mais pas franchement incroyable.

Rocky VI
5.4
9.

Rocky VI (1986)

09 min. Sortie : 1986 (France).

Court-métrage de Aki Kaurismäki

Arthur Debussy a mis 5/10.

Annotation :

Sauf erreur des différents sites internet où je me suis renseigné, Aki Kaurismäki a réalisé plusieurs moyens et longs métrages avant de réaliser des courts, ce qui n'est pas si courant pour un réalisateur néophyte. Il a notamment réalisé son long métrage Crime et Châtiment en 1983, qui est une œuvre de jeunesse sacrément virtuose.

Rocky VI, sorti en 1986, surprend donc un peu. Il s'agit du premier clip réalisé par le cinéaste finlandais pour le vrai-faux groupe des Leningrad Cowboys. Il s'agit d'une parodie foutraque et bancale d'un film de la saga américaine Rocky. Ici un boxer géant soviétique (aux gros sourcils) met la pâtée à un frêle boxeur censé être américain (c'est en fait un des chanteurs de ce groupe finlandais).

C'est à la fois drôle et fauché, assez délirant, et somme toute très sympathique. Ça reste aussi très anecdotique, d'où mon 5/10, car c'est quand même très en deçà de la qualité des long métrages d'Aki Kaurismäki. On sent que c'est un essai récréatif, et c'est tout à fait divertissant.

Those were the days
6.1
10.

Those were the days (1991)

06 min.

Court-métrage de Aki Kaurismäki

Arthur Debussy a mis 5/10.

Annotation :

Cette fois, pour ce clip des Leningrad Cowboys, Aki Kaurismäki signe une parodie de film français des années 30 ou 50 en noir et blanc. C'est toujours aussi délirant, assez bricolé... Et nos Leningrad Cowboys commencent à arborer leur tenue distinctive : mèches de cheveux à la Elvis démesurément étirées (effet hilarant garanti) et boots là encore avec des pointes démesurées, on avoisine peut-être le mètre de longueur (!).

These Boots
5.6
11.

These Boots (1993)

05 min. Sortie : 10 septembre 1993 (France).

Court-métrage de Aki Kaurismäki

Arthur Debussy a mis 5/10.

Annotation :

Les Leningrad Cowboys reprennent la célèbre chanson de Nancy Sinatra, et ils livrent avec l'aide d'Aki Kaurismäki une parodie de simili western familial et gentillet des années 50. C'est franchement de mauvais goût, mais c'est bien sûr fait exprès, c'est drôle, mais c'est aussi un peu trop débile pour moi, malgré tout le bien que je pense de Kaurismäki et de ces musiciens potaches.

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