Cover Les meilleurs films de 1948
Liste de 6 films créée il y a presque 4 ans · modifiée il y a 10 jours
La Rivière rouge
7.7
1.

La Rivière rouge (1948)

Red River

2 h 13 min. Sortie : 10 août 1949 (France). Western, Drame

Film de Howard Hawks

Homdepaille a mis 7/10.

Annotation :

De belles séquences épiques en extérieur autour du déplacement de cet immense troupeau. L'histoire est forte entre ce vieillard monstrueux : voleur, assassin et bien d'autres horreur pour s'enrichir (un film médiocre se contenterait de cette figure comme métaphore des US capitalistes mais Hawks va ailleurs : dans le drame humain) et son jeune poulain qui le double. C'est cru et violent, que ce soit des centaines de vaches en furie ou un dialogue entre deux personnages. Dès le début, un homme et une femme se séparent avec fougue et celle-ci est tuée par les indiens quelques minutes à peine après.
Dommage qu'il y ai quelques problème d'écriture, la censure ayant fortement joué sur le personnage féminin passant de prostituée à "on ne sait pas trop mais certainement pas prostituée". Il lui reste quelques dialogues mais ses décisions semblent irrationnelles et difficilement motivées sans l'appât du gain. Ainsi l'une des scènes les plus marquantes : Wayne qui la regarde sous toutes les coutures une femme avant de lui proposer de devenir sa génisse perd de son piquant une fois la proposition rejetée par amour pour un coup d'un soir. Incompréhensible aussi le destin de la tête brûlée, introduite en grande pompe puis complètement effacée jusqu'à de mourir sans que qui que ce soit s'en émeuve.

Tentations
-
2.

Tentations (1948)

Yuwaku

1 h 24 min. Sortie : 25 février 1948 (Japon). Drame, Romance

Film de Kōzaburō Yoshimura

Homdepaille a mis 7/10.

Annotation :

Romance non-verbalisée entre un homme marié et une étudiante où tout passe impeccablement par les gestes et mots anodins. Ce qui ne veut pas dire que tout est internalisé, bien au contraire, il y a une forte tension qui finit par exploser en deux temps (superbe scène de danse, puis la concrétisation avec l'apparition soudaine de la femme). D'une grande maîtrise technique, le non-dit n'est donc pas chiant Yoshimura était un boss dans les années 30-50, son cinéma va vite avec des scènes qui vont à l'essentiel, sans surplus, et qui s'enchaînent et les actions ont un découpage précis principalement en raccords mouvements vivifiants.
Le petit hic vient à la fin. La femme qui débarque comme un fantôme vengeur, pour aussi vite faire marche arrière sur ses malédictions, bénir leur amour et avoir le bon goût de mourir en laissant bonne conscience aux amants. Un peu facile ce remords qui vient et part aussi vite, surtout qu'au lit de mort le rythme ralentit pour du larmoyant un peu laborieux.
Ah et puis Setsuko Hara m'est toujours aussi pénible avec son sourire à la fois niais et crispé.

Asu wa nipponbare
-
3.

Asu wa nipponbare (1948)

明日は日本晴れ

1 h 05 min. Sortie : 7 décembre 1948 (Japon). Comédie dramatique

Film de Hiroshi Shimizu

Homdepaille a mis 7/10.

Annotation :

Une dizaine d'année et une guerre perdue plus tard, Shimizu rejoue l'insouciant Mr. Arigato avec une note amère. Au lieu du joyeux parcours ce bus est à l'arrêt, le moteur enrayé, un peu comme ses passagers handicapés par la guerre, transportant des cendres d'enfant, bloqué dans l'amertume d'un amour perdu, etc. Il ne faut jamais se blaser de l'incroyable modernité de Shimizu à filmer des histoires sans rebondissements simplement sur des discussions et à obtenir en lumière naturelle de si beaux contrastes (entre un homme assis à l'extérieur du bus en plein soleil et son ex-amante à l'ombre de l'intérieur).
On peut trouver facile que le vieil officier, incarnation des dirigeants va-t-en-guerre, soit rongé par la culpabilité, alors que ces criminels sont assez peu nombreux à se repentir dans la réalité, et que sur le principe de pouvoir avancer on nous sert presque la doctrine MacArthur qui laisse s'en tirer de nombreux coupables. Mais, plus qu'un homme complaisant, Shimizu est un auteur dont les meilleurs films font fi des grands drames. Donc il s'agit de laisser le passé derrière et, Shimizu oblige, de le faire en travelling avec la caméra embarquée sur le bus.

Le Trésor de la Sierra Madre
7.9
4.

Le Trésor de la Sierra Madre (1948)

The Treasure of the Sierra Madre

2 h 06 min. Sortie : 11 février 1949 (France). Aventure, Drame, Western

Film de John Huston

Homdepaille a mis 7/10.

Annotation :

Des bonhommes autodestructeurs qui partent à l'aventure. Je pense que je préfère d'autres Huston sur ce pitch, d'où la note raisonnable, mais celui-ci envoi avec précision. J'ai eu un peu peur que la folie de Bogart soit trop en linéaire. Crainte injustifiée car des rebondissements arrivent toujours pour relancer l'aventure (surtout les magnifiques bandits aux trognes et à la verve pas possible).
Surprise de découvrir Huston en caméo cracher à Bogart "Va falloir se débrouiller sans moi"

Le Massacre de Fort Apache
7.5
5.

Le Massacre de Fort Apache (1948)

Fort Apache

2 h 08 min. Sortie : 4 août 1948 (France). Western

Film de John Ford

Homdepaille a mis 6/10.

Annotation :

plus faiblard ou je me lasse des westerns de Ford. Sans aucun doute, le sergent irlandais alcoolique en side-kick comique me lasse. Rien ne me touche : la romance un peu empêchée se résout facilement, l'adieu au mari qu'on pourrait sauver mais qu'on laisse partir à la mort n'est peut-être pas assez appuyé. A propos du mari mort, la fin effaçant tous les morts derrière le collectif est étrange.
Première version de L'Homme qui tua Liberty Valence où l'Histoire des US s'est forgée dans la création de mythes ; ici l'antipathique colonel devient héros massacré par les sauvages.

Jeunesse perdue
6.5
6.

Jeunesse perdue (1948)

Gioventù perduta

1 h 20 min. Sortie : 16 juin 1950 (France). Drame, Policier, Film noir

Film de Pietro Germi

Homdepaille a mis 6/10.