Les meilleurs films de Costa-Gavras selon Arthur Debussy

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Z
7.7
1.

Z (1969)

2 h 07 min. Sortie : 26 février 1969. Drame, Historique, Thriller

Film de Costa-Gavras

Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Peut-être le plus grand thriller politique de tous les temps ? Un film implacable, mené de main de maître de A à Z (c'est le cas de le dire). Costa-Gavras frappe très très fort avec son troisième long métrage, que personne ne voulait financer et produire : trop engagé, trop politique, trop sérieux, pas assez de stars...

Et pourtant, la réussite éclatante de Z a donné raison au cinéaste franco-grec. Un succès critique et public à la fois en France, aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde. Deux Oscars parfaitement mérités : meilleur film en langue étrangère et meilleur montage. Deux prix au Festival de Cannes tout aussi mérités : Prix du jury à l'unanimité et Prix d'interprétation masculine pour Jean-Louis Trintignant, qui est juste exceptionnel dans ce film.

Du début à la fin, Costa-Gavras nous tient en haleine, grâce au scénario de Jorge Semprún et au montage virtuose de Françoise Bonnot, qui a également réalisé le montage de rien moins que L'Armée des Ombres de Melville, d'Un singe en hiver et Mélodie en sous-sol de son mari Henri Verneuil, ou de L'Année du Dragon de Michael Cimino.

Z a marqué son temps et est encore édifiant aujourd'hui, il n'a rien perdu de sa force. Il est même urgent de le voir et de le revoir, tant le fascisme ressurgit partout dans le monde. Il nous faut ce genre d’œuvre pour en démonter les rouages et nous donner le courage de résister.

L'Aveu
7.7
2.

L'Aveu (1970)

2 h 19 min. Sortie : 29 avril 1970. Drame, Thriller

Film de Costa-Gavras

Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Sorti en 1970, Costa-Gavras signe un film courageux avec L'Aveu, qui dévoile l'ignominie des procès politiques en URSS et dans ses pays satellites, alors que le PCF était tout puissant en France.

Avec un Yves Montand impeccable, il s'agit d'un film puissant et intemporel, tant la cruauté des hommes n'est pas près de prendre fin. On le voit avec la guerre en Ukraine, au Moyen-Orient, au Congo et dans bien des régions du monde...

L'Aveu a donc une valeur inestimable : oeuvre historique et de mémoire, elle nous rappelle les horreurs du passé, en nous incitant à tout faire pour que cela ne se reproduise plus. Ce qui semble hélas peu probable...

État de siège
7.1
3.

État de siège (1973)

2 h 10 min. Sortie : 8 février 1973 (France). Policier, Drame, Thriller

Film de Costa-Gavras

Arthur Debussy a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Un peu moins percutant que L'Aveu et surtout que Z, qui restera peut-être comme le meilleur film de Costa-Gavras, Etat de siège n'en est pas moins un film très intéressant et un thriller politique prenant.

Costa-Gavras continue son exploration des dictatures, après le fascisme en Grèce et le communisme en Tchécoslovaquie, pour revenir au fascisme, mais cette fois en Amérique du Sud, en Uruguay. Comme pour Z et L'Aveu, Costa-Gavras se base sur des faits réels, à savoir l'enlèvement de Dan Mitrione, agent secret des Etats-Unis, venu en Uruguay pour piloter la police nationale et accentuer la torture et la répression dans le pays.

Une fois de plus, Costa-Gavras réunit un excellent casting, avec cette fois Yves Montand, toujours aussi bon, dans le rôle d'un salaud au sang froid. Construit à rebours, par de multiples flash-backs, Etat de siège met tout de même un peu de temps à démarrer, et il faut parfois s'accrocher car la majeure partie de l'intrigue passe par les dialogues, riches de connotations historiques et politiques.

Néanmoins, Costa-Gavras n'oublie pas de bien filmer, avec une mise en scène sobre, efficace et fluide, à grands renforts de mouvements de caméras, de zooms et de gros plans, pour mieux accentuer la tension.

Tourné au Chili en 1973, peu de temps avant le coup d'état qui a renversé Salvador Allende, Etat de siège démontre que Costa-Gavras était toujours là où on ne l'attendait pas, avec un coup d'avance, pour dénoncer de sanglantes dictatures partout dans le monde, avec en arrière-plan l'influence néfaste des Etats-Unis (l'autre bloc, soviétique, étant quant à lui bien dénoncé dans L'Aveu).

C'est ce qui fait qu'Etat de siège, tout comme Z et L'Aveu n'ont quasiment pas vieilli et ont beaucoup à nous enseigner sur notre monde actuel, héritier de siècles d'oppression et de violence.

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