
Les meilleurs films de Werner Herzog selon takeshi29
Aguirre - La colère de Dieu (1972)
Aguirre, der Zorn Gottes
1 h 33 min. Sortie : 26 février 1975 (France). Aventure, Drame, Historique
Film de Werner Herzog
takeshi29 a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Tout simplement un film immense, où la puissance de la nature semble perceptible comme si l'on se trouvait au milieu de ces hommes, de leur folie, de leurs dérives multiples, de leur(s) solitude(s), de leur inépuisable soif de conquête et de pouvoir. Et comment ne pas parler du pouvoir d'attraction de Klaus Kinski qui semble attirer autant qu'effrayer la caméra d'Herzog. Le spectateur, comme les protagonistes, ressent de la fascination autant que de la terreur face à ce spectacle, où chaque clapotis de l'eau ressemble à un tourbillon prêt à vous dévorer.
Fitzcarraldo (1982)
2 h 38 min. Sortie : 2 mai 1982 (France). Aventure, Biopic, Drame
Film de Werner Herzog
takeshi29 a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Une grande œuvre malade et vertigineuse, ou comment illustrer mieux que jamais la mégalomanie...
On souligne toujours la performance, il est vrai impressionnante, de Klaus Kinski, mais Dieu que Claudia Cardinale y est merveilleuse.
Ennemis intimes (1999)
Mein liebster Feind: Klaus Kinski
1 h 39 min. Sortie : 17 novembre 1999 (France). Cinéma, Portrait
Documentaire de Werner Herzog
takeshi29 a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et l'a mis en envie.
Annotation :
"Ennemis intimes" est très certainement l'un des documentaires qui traitent le mieux de la création artistique, de la manière dont celle-ci se nourrit de tas d'aliments différents. Et en l'occurrence dans le cas qui nous intéresse de la passion-haine entre un réalisateur et un acteur. L'histoire entre Herzog et Kinski est allée très loin, on comprend ici qu'elle aurait pu se terminer prématurément et de façon dramatique, mais elle leur a permis de donner le meilleur d'eux-mêmes et d'accoucher respectivement de leurs plus grands films, au point que j'ai toujours dans la partie fictionnelle de sa filmo trouvé Herzog littéralement perdu sans celui qui lui pourrissait les tournages, le menaçait de mort. Le film parle très bien de cette folie à deux mais montre aussi à quel point Herzog avait un besoin presque vital de la folie de Kinski pour nourrir la sienne, à quel point la réalité féconde parfois la fiction, à quel point l'artiste est souvent manipulateur, et quelque part dangereux, pour lui-même et les autres. "Ennemis intimes" est donc un film passionnant même si on ne connait pas plus que ça le réalisateur et l'acteur allemands, et profondément émouvant si leur collaboration avait déjà provoqué chez vous quelques frissons.
Bokassa I - Échos d'un sombre empire (1990)
Echos aus einem düsteren Reich
1 h 31 min. Sortie : 28 novembre 1990. Portrait, Historique
Documentaire de Werner Herzog
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
S'il fallait choisir un cinéaste pour expliquer ce qu'est le documentaire de recherche je crois que je me tournerais vers Werner Herzog. Et pourquoi pas vers ce portrait hallucinant de Napoléon, César, l'apôtre... Bokassa. Car on y trouve bien des éléments qui singularisent l’œuvre d'un véritable auteur : tout d'abord Herzog se sert d'un intermédiaire, le journaliste Michael Goldsmith, pour "mener l'enquête", c'est comme s'il s'effaçait mais reste bien entendu aux manettes, le portrait du dictateur centrafricain se dessine certes par des archives mais surtout par des témoignages de personnes qui l'ont connu de très près, jusqu'à sa famille, nous obligeant à mettre nos propres images sur les mots d'autrui. Et puis il y a la fabrication de l'objet film lui-même, son scénario, son montage, ou encore l'accompagnement musical, élément essentiel chez Herzog car c'est en quelque sorte ce qui donne l'humeur réelle de son point de vue. Quand ici le grotesque se trouve dans les images la musique les compense, indiquant que derrière ce qui pourrait prêter à rire se cachent en permanence la monstruosité, le drame.
Et il y a cette fin bouleversante mais aussi tellement éclairante sur ce qu'est Herzog, sur la façon qu'il a de montrer le film en train de se faire, lui en train de créer quitte à transiger avec ses protagonistes. Mais comme souvent c'est lui qui a raison : le plan de ce chimpanzé qui fume est terrifiante, raconte tout de la folie de l'ère Bokassa, et il devait donc durer afin de nous marquer en profondeur.
Au cœur des volcans - Requiem pour Katia et Maurice Krafft (2022)
The Fire Within: A Requiem for Katia and Maurice Krafft
1 h 24 min. Sortie : 24 septembre 2022. Portrait
Documentaire de Werner Herzog
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
On comprend très rapidement ce qui a amené Werner Herzog à consacrer un film à Katia et Maurice Krafft. En effet il n'en est pas fait mystère puisque révélé dès les premières minutes : ces amoureux des volcans sont morts de leur passion, et c'est donc bel et bien la nature qu'ils ont inlassablement filmée qui les a tués. Ainsi donc le cinéaste allemand continue à explorer sur le même plan beauté et hostilité des éléments, et tout comme dans les monuments "Aguirre" et "Fitzcarraldo" il ne dissocie jamais la conquête de nouveaux territoires d'une forme d'inconscience, de folie. Mais ici, convaincu du pouvoir de fascination des images capturées par les Krafft, il fait la part belle à ces dernières. Souvent renversantes de beauté, parfois effrayantes, douloureuses, elles sont magnifiées par les musiques du "Requiem" évoqué dans le sous-titre, par la voix si particulière d'Herzog. En un mot c'est un vertigineux voyage, qui nous propose moins d'explorer les entrailles de la terre que sa surface, suivant ainsi la trajectoire d'un couple qui aura de plus en plus dirigé sa caméra vers l'humain, celui qui devait composer, non sans drame, avec ce qui l'entourait.
NB : Si j'ai bien compris Arte a diffusé le film fin 2022, mais uniquement en VF. Suite à une erreur technique j'ai pu entendre cette version durant quelques minutes et c'est tout simplement insupportable, une véritable ineptie. Rassurez-vous, les salles qui programmeront "Au cœur des volcans" à partir du 18 décembre auront le choix entre la voix d'Herzog horriblement doublée et la vraie.
Gasherbrum - La Montagne lumineuse (1984)
Gasherbrum - Der leuchtende Berg
44 min. Sortie : 3 décembre 2014 (France). Portrait, Nature, Sport
Documentaire TV de Werner Herzog
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Mettre "Gasherbrum" en face de "Cerro Torre" dont je parlais à l'instant a quelque chose de cruel, et confirme ce qu'il est aisé de constater : Herzog est passionné par la nature humaine, par ceux qui jouent avec les limites de préférence, alors quand il en approche qui sortent non pas d'un scénario mais de la vraie vie on le sent jubiler à sonder le pourquoi de leur passion, de leur obsession que rien ne peut stopper, pas même la perspective de la mort. Ce doc est donc saisissant, comme l'était dix ans plus tôt "La Grande extase du sculpteur sur bois Steiner", Herzog se montrant le plus fort quand il s'agit de sortir ce qu'il y a de douloureux, voire névrotique, dans tout dépassement de soi.
Leçons de ténèbres (1992)
Lektionen in Finsternis
52 min. Sortie : 27 février 1992 (Allemagne). Guerre
Documentaire TV de Werner Herzog
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Herzog et sa fascination pour ce qui lie l'humain à la destruction, mais aussi la poésie de ces ravages. Comme il l'a fait régulièrement et encore il y a peu dans son impressionnant documentaire sur les Kraft, "Au cœur des volcans", il s'empare de ces images quasiment apocalyptiques et en transcende la beauté par des plans spectaculaires, des artifices de mise en scène, et l'utilisation de la musique classique dont il connait si bien le pouvoir.
Les journaux télévisés de l'époque ont montré ce genre d'images, simplement là, livrées à plat pour illustrer une information. Quand un artiste s'en empare pour en faire un documentaire de création ça peut soudain prendre une dimension incroyable.
Le Pays du silence et de l'obscurité (1971)
Land des Schweigens und der Dunkelheit
1 h 24 min. Sortie : 19 mars 1980 (France). Société
Documentaire de Werner Herzog
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
J'ai eu le cœur serré, et même mal au ventre, durant 84 minutes. Il y a une humanité folle dans la façon dont Werner Herzog nous donne à voir ces personnes isolées par la nature même de leur handicap, isolement renforcé par la manière dont la société les considère. Terrible, et bouleversant comme une musique de Vivaldi ou de Bach...
La Soufrière (1977)
La Soufrière – Warten auf eine unausweichliche Katastrophe
30 min. Sortie : 3 décembre 2014 (France). Nature, Société
Court-métrage documentaire de Werner Herzog
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Si je n'avais que 30 minutes pour présenter le cinéma de Werner Herzog je crois que je choisirais celles-ci. Parce qu'elles le représentent parfaitement, avec un attrait presque surnaturel pour cette nature hostile, pour l'évènement qui pourrait ou non se produire, et enfin cette passion pour l'humanité capable de surnager alors que tout réclame sa non-présence.
Avenir handicapé (1971)
Behinderte Zukunft
43 min. Sortie : 1971 (France). Société
Documentaire TV de Werner Herzog
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
La même année que l'impressionnant "Pays du silence et de l'obscurité" Werner Herzog réalisait pour la télévision allemande une sorte de complément indispensable, "Avenir handicapé", qui donne la parole à ces enfants et ces mères victimes de la thalidomide. Avec une question : que font nos sociétés pour les personnes en situation de handicap, sommes-nous capables de leur offrir un lendemain ?
Mesures contre les fanatiques (1969)
Massnahmen gegen Fanatiker
11 min. Sortie : 1969 (France). Comédie
Court-métrage de Werner Herzog
takeshi29 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Un an après l'île grecque c'est dans un hippodrome que Werner Herzog nous convie. Là aussi les gens sont bavards, se répètent beaucoup et paraissent il faut l'avouer bien perchés. Certes l'objet est abscons mais si on se laisse prendre il est surtout drôlatique.
Les Cloches des profondeurs (1993)
Glocken aus der Tiefe - Glaube und Aberglaube in Rußland
1 h 01 min. Sortie : 15 novembre 2018 (France). Société
Documentaire de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
J'évoquais il y a peu la passion de Werner Herzog pour les fous, et ici il y adjoint un autre de ses sujets de prédilection, la religion, qu'il avait déjà traitée par exemple dans "Le Sermon de Huie" et "Fric et Foi". Là il quitte les USA et va jusqu'en Sibérie pour trouver ses fous de Dieu. Il en tire un objet documentaire (mais pas que car les amateurs du bonhomme savent qu'il a scénarisé l'hallucinante scène de la glace) à la fois effrayant et d'une beauté saisissante.
Fric et Foi (1981)
Glaube und Währung - Dr. Gene Scott, Fernsehprediger
44 min. Sortie : 17 mai 1981 (République fédérale d'Allemagne). Portrait, Société
Documentaire TV de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
En 1981 c'était double programme religion pour Herzog, avec pour commencer ce film édifiant, effrayant, amusant, qui dresse le portrait d'un prédicateur pratiquant 8 à 10 heures par jour une sorte de Téléthon de la foi et de l'arnaque où l'arnaqué se fait engueuler si les dons n'affluent pas suffisamment, mais aussi d'un drôle de pays qui rend une telle pratique possible. On remarque ici tout le talent du cinéaste allemand qui laisse ce Gene Scott s'épancher, se lamenter, remettre en cause un système responsable de ces 70 procès en cours. Parfois l'absence de piège est un piège...
Le Sermon de Huie (1981)
Huie's Predigt
40 min. Sortie : 14 juin 1981 (République fédérale d'Allemagne). Société
Documentaire TV de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Après le faux prophète, Gene Scott, Werner Herzog nous fait rencontrer le vrai, Huie L. Rogers, qui prêche dans son église de Brooklyn. Bien entendu cette affirmation est totalement remise en question par ces 40 minutes de sermon que la caméra capte quasiment sans nous laisser respirer. Avec une conclusion possible : rares sont les spectacles gratuits...
Les Ailes de l'espoir (1999)
Julianes Sturz in den Dschungel
1 h 05 min. Sortie : 13 juillet 2020 (France).
Documentaire de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
J'ai aimé ce film principalement pour deux raisons : parce qu'il est "Herzoguien" au possible, avec ce destin exceptionnel, cette forêt, cette nature hostile. Mais encore plus parce qu'il est passionnant, et par instants amusant, de voir le cinéaste allemand se heurter à son sujet, à cette femme cartésienne au possible là où Herzog la voudrait dans l'émotion. Alors il multiplie les artifices, convoque comme souvent "Persifal" et use de sa voix-off pour contredire ce qu'on voit à l'écran, aussi volubile que Juliane Koepcke est taiseuse. L'objet est donc assez dingue, tout autant dans l'histoire racontée que dans le fait d'assister en direct à quelque chose de rare : un créateur tenter de maitriser sa créature qui lui échappe, de construire une héroïne qui ramène tout à une forme de banalité, bref de sauver un film qui semble ne plus lui appartenir.
Les Médecins volants de l'Afrique de l'Est (1970)
Die fliegenden Ärzte von Ostafrika
45 min. Sortie : 3 mai 1970 (République fédérale d'Allemagne). Société
Documentaire TV de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Nouvelle illustration de ce que je disais de Werner Herzog en évoquant "La Ballade du petit soldat" : ici aussi ce qui se passe concrètement est certainement ce qui l'amène à poser sa caméra, mais progressivement celle-ci va fixer les médecins plus que leur action, pourtant remarquable. Avant que Herzog ne soit plus attiré par le comportement des soignés que par celui des soignants. On en revient donc toujours au même avec lui, l'humain finit toujours pas être plus important que ses actes. Précepte qui semble tellement décalé par rapport à ce que glorifie l'époque actuelle.
How Much Wood Would a Woodchuck Chuck... (1976)
How Much Wood Would a Woodchuck Chuck... - Beobachtungen zu Einer Neuen Sprache
45 min. Sortie : 1976 (France). Société
Documentaire TV de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
C'est pour ça que j'aime tant Werner Herzog, parce que tout l'intéresse, parce que dès qu'il y a de l'humain il y va, même quand il s'agit de faire 45 minutes sur un championnat de commissaires-priseurs de vente de bétail en Pennsylvanie. Et vous savez ce qui est le plus fou ? C'est qu'avec lui, avec sa voix, son approche toujours étonnante d'un sujet, ça en devient passionnant. C'est ça le talent, rendre attractif quelque chose qui vous est totalement étranger et qui sur le papier a peu de chance de vous retenir plus de trois minutes.
Cobra Verde (1987)
1 h 50 min. Sortie : 13 janvier 1988 (France). Aventure, Drame
Film de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Ça c'est typique du film qu'il vaut mieux voir quand on connait parfaitement un réal, son œuvre, son parcours. Et donc oui comme je le supputais j'avais vu "Cobra Verde" trop tôt et je n'y avais donc perçu qu'un film d'aventures décousu, un film qui parle certes des ravages du colonialisme mais qui dilue l'idée dans la confusion du récit, et qui ne souffrait d'évidence pas la comparaison avec les monuments "Aguirre" et "Fitzcarraldo". Je n'y avais pas perçu ce qui m'a cette fois sauté aux yeux, à quel point la confusion qui handicape le métrage est en réalité la confusion mentale du personnage mais aussi de l'acteur, celle de Herzog dans sa relation à Kinski et son incapacité cette fois à le canaliser suffisamment pour qu'il soit totalement celui qu'il est censé incarner. C'est donc un film déchirant dans ce qu'il montre de la relation de ces "Ennemis intimes", et en cela la dernière scène est incroyable car on y perçoit autant la perte de contrôle de Francisco/Klaus, sa mort prochaine, que celle d'un metteur en scène qui semble comprendre que ce sera leur dernière collaboration.
Woyzeck (1979)
1 h 22 min. Sortie : 15 juillet 1979 (France). Drame
Film de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Werner Herzog a régulièrement aimé se frotter à la folie, et son histoire d'amour-haine avec Klaus Kinski était à elle seule un révélateur de cet attrait. "Woyzeck" est loin d'être un film facile à dompter, il faut s'abandonner à ce récit heurté, qui glissera doucement mais sûrement vers la tragédie. Tragédie qu'Herzog filme avec maestria, pour un final qui fout des frissons.
Fata Morgana (1971)
1 h 16 min. Sortie : 16 février 2018 (France).
Documentaire de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
On peut dire sans grande chance de se tromper qu'il s'agit là du film le plus radical de Werner Herzog. Ce qui devait être à l'origine une fiction de SF se transforme en quelque chose d'indéfinissable, doc expérimental, essai, ou tout autre chose on ne sait pas. En revanche on sait que c'est un poème visuel en trois actes, "La Création", "Le Paradis" et "L’Âge d’or". Visuel mais aussi sonore car ce trip hypnotique est certes rythmé par les voix off mais aussi par celle de Leonard Cohen.
Dernières paroles (1968)
Letzte Worte
13 min. Sortie : 1968 (France). Comédie dramatique
Court-métrage de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Autre incongruité courte signée Werner Herzog "Dernières paroles" nous transporte dans une île grecque où des habitants témoignent face caméra à propos de celui qui ne parle plus. C'est plein de soleil, de musique, de répétitions, on n'y comprend pas grand chose, et c'est donc formidable pour ceux qui aiment se perdre.
La Grande extase du sculpteur sur bois Steiner (1974)
Die große Ekstase des Bildschnitzers Steiner
45 min. Sortie : 14 novembre 1974 (Allemagne). Portrait, Sport
Documentaire de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
On se demande pourquoi Werner Herzog a été fasciné par ce Walter Steiner, par le sport qu'il incarne. Et on se demande encore plus pourquoi nous, spectateurs, sommes à notre tour fascinés. Peut-être pour ces splendides images au ralenti, peut-être parce que ce qui guide cet homme volant nous dépasse et donc nous subjugue. Peut-être parce que voler reste le fantasme ultime...
The White Diamond (2004)
1 h 30 min. Sortie : 16 juillet 2020 (France). Science, Nature
Documentaire de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Dans la série "Moi, Werner Herzog et ses copains qui aiment bien faire joujou avec la mort", laissez-moi vous présenter son "merveilleux fou volant dans sa drôle de machine", sorte d'obsessionnel bien décidé à survoler la forêt guyanaise à bord de son dirigeable DIY. Mais, et c'est pour ça que j'aime tant Herzog, au gré du tournage il balade souvent son regard ailleurs que sur son sujet initial, trouvant des personnages secondaires qui finissent par être essentiels.
La Roue du temps (2003)
Wheel of Time
1 h 20 min. Sortie : 30 octobre 2003 (Allemagne). Société
Documentaire de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
J'aime follement Werner Herzog, sa curiosité, sa voix qui nous guide à travers des territoires, des vies inconnus, Alors à rythme très régulier je pioche dans sa riche filmographie et cette fois il m'a pris dans ses bagages direction le temple de Mahabodi, en Inde. Et une fois de plus il m'a passionné, étonné, fait voyager, et pas seulement géographiquement.
Family Romance, LLC (2019)
1 h 29 min. Sortie : 19 août 2020 (France). Drame
Film de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Il y a fort à parier que cet OFNI, qui si tout se passe bien sortira le 19 août, va diviser : absence de "filtre cinéma", dispositif ultra-léger, acteurs non-professionnels, il faut laisser l'œil et le cerveau s'acclimater aussi bien à la forme qu'au fond, lui aussi très décalé.
Mais si on se laisse faire, on s'attache rapidement aux personnages, à cette douceur mélancolique, à ce "Black Mirror" (et sa société factice) ouaté qui navigue en permanence entre ombre et lumière.
Et puis comment ne pas être touché de voir Werner Herzog faire du cinéma sans un rond, mais comme un enfant qui écarquillerait les yeux en recevant un nouveau jouet.
La Ballade du petit soldat (1984)
Ballade vom kleinen Soldaten
45 min. Sortie : 5 novembre 1984 (République fédérale d'Allemagne). Guerre
Documentaire TV de Werner Herzog et Denis Reichle
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Il y a toujours quelque chose de politique dans les films de Werner Herzog mais sa motivation première, ou du moins ce que montre le "produit fini", est bien plus intime. Ainsi quand il va chercher les Indiens Miskito au fin fond de la jungle nicaraguayenne il montre bien sûr l'ingérence des USA, un peuple contraint de muter avec comme issue inéluctable sa perte, mais il resserre resserre son point de vue pour finalement se concentrer sur ces enfants soldats qu'on pétrit. Pour finalement resserrer encore et zoomer sur des visages, des sourires, pour écarter le soldat et ne garder que l'enfant qui subsiste malgré tout. Du Herzog quoi...
La Défense sans pareil de la forteresse Deutschkreutz (1967)
Die beispiellose Verteidigung der Festung Deutschkreuz
15 min. Sortie : 1967 (France). Comédie dramatique
Court-métrage de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Werner Herzog signe ici un court dont il avait le secret, principalement à la fin des années 60. Avec ces drôles d'objets on ne sait jamais vraiment ce qui est de l'ordre du documentaire ou de la pure fiction. Dans cette "Défense sans pareil de la forteresse Deutschkreutz" quatre hommes font la guerre sans guerre, comme une plongée pour le moins déstabilisante en absurdie.
La Ballade de Bruno (1977)
Stroszek
1 h 55 min. Sortie : 26 octobre 1977 (France). Comédie dramatique
Film de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Trois ans après "L'Énigme de Kaspar Hauser" Werner Herzog tourne à nouveau avec l'amateur Bruno Schleinstein et signe un film mêlant légèreté et gravité, dans un récit se faisant finalement peu d'illusion sur la nature humaine. L'emballage est particulièrement étonnant, passant de la grisaille de l'Allemagne de l'Ouest à une forme de road movie à la Wenders, où la lumière est omniprésente. Mais l'espoir, le rêve d'un avenir meilleur se heurteront au soleil brûlant alors qu'ils avaient leur place dans l'ombre.
Signes de vie (1968)
Lebenszeichen
1 h 30 min. Sortie : 5 juillet 1968 (République fédérale d'Allemagne). Drame, Guerre
Film de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Certains réalisateurs ne mettent pas longtemps à se créer un univers, à planter le décor de leurs thématiques et obsessions. C'est ainsi que tout Werner Herzog est là dès 1968 et ce "Signes de vie" : la fragilité de l'homme, sa propension à glisser vers la folie, attiré par des éléments extérieurs souvent indéfinis. Ici même sa célèbre voix off est là, et son Stroszek préfigure un frère jumeau qui naitra 11 ans plus tard : Woyzeck. Je sais c'est étrange un frère jumeau qui nait 11 ans plus tard mais n'oubliez pas que vous êtes chez Herzog...
Après, tous les cinéastes n'ont pas dès leur début fait preuve d'une telle maitrise, d'une telle faculté à créer du beau, de l'étrangeté poétique.
Herakles (1962)
10 min. Sortie : 1962 (France). Société
Court-métrage documentaire de Werner Herzog
takeshi29 a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Werner Herzog avait à peine 20 ans lorsqu'il réalisa ce premier court, preuve immédiate d'un talent précoce et d'une conscience politique aiguisée qui passe par la compréhension de ce qu'on appelle cerveau chez le bipède. Ici en 10 minutes et par un montage parallèle il parle de cette volonté de surpuissance inhérente à l'homme. Même si celle-ci le mène à sa perte.
































