Les meilleurs films français de 2023 selon Fwankifael

Liste de

12 films

créée il y a plus de 2 ans · modifiée il y a environ 2 mois
Anatomie d'une chute
7.7
1.

Anatomie d'une chute (2023)

2 h 30 min. Sortie : 23 août 2023. Drame, Policier, Thriller

Film de Justine Triet

Fwankifael a mis 8/10.

Annotation :

9 septembre 2023
8,5/10

Après trois Palmes d'or oscillant entre le médiocre (Triangle of Sadness) et le plutôt chouette (Parasite), Cannes aura enfin récompensé un film plein. La surprise n'est pas vraiment de taille quand on connait les qualités de Justine Triet et d'Arthur Hariri, mais le duo frappe ici un très grand coup dans le genre parfois éculé du thriller judiciaire.

En proposant d'abord une affaire où se joue autre chose que le destin étriqué de ses protagonistes, ou les triviales étiquettes que sont "innocence" et "culpabilité", mais bien le statut de la Femme au sein de la société. Le procès est immédiatement porté sur ce qu'elle peut ou ne peut pas être : écrivaine accomplie ? Mère supposément déficiente ? Adultère ? Bisexuelle ? Et tout ça sur le dos d'un conjoint moins doué qu'elle ?
En incrustant ensuite dans leur intrigue de subtils et tout sauf innocents accrocs scénaristiques. Que leur héroïne soit allemande n'est pas neutre, pas plus que le fait que la Cour la fasse se défendre en français plutôt qu'en anglais, qu'elle ait eu une relation platonique avec son avocat, ou que son enfant soit présenté comme victime de son handicap.
Chaque tesson d'intrigue diffracte la lumière de nos certitudes pour ouvrir le film sur un vaste champ de questionnements et de suppositions qui nous renvoie à un difficile cas de conscience : the fuck is Justice ?

Je verrai toujours vos visages
7.5
2.

Je verrai toujours vos visages (2023)

1 h 58 min. Sortie : 29 mars 2023. Drame

Film de Jeanne Herry

Fwankifael a mis 8/10.

Annotation :

21 avril 2023

Pour une réalisatrice qui n'en est qu'à son troisième film, "Je verrai toujours vos visages" illustre une excellente maîtrise des paramètres d'un film social qu'elle a qui plus est écrit seule : écriture fine de l'intrigue et des personnages, rythme très bien dosé, excellente direction des acteurs. Sur ce dernier point, elle est aidée par un casting très réussi et homogène, qui s'est approprié sans excès les personnages et brille en particulier au travers des interprétations d’Élodie Bouchez et Suliane Brahim. Le film a une densité très homogène de bout en bout, empruntant une ligne de crête entre dénonciation de la violence de la société et des conditions carcérales, entre distance au sujet et pathos, entre point de vue des victimes, des coupables et des institutions qui aurait pu paraitre difficile sans les qualités du film. La complexité des situations est restituée avec finesse. Seul l'épilogue du groupe de parole m'a semblé un peu excessif, même s'il ne préfigure aucune rédemption certaine.
Fort, bouleversant, profond, rare, JVTVV est vraiment un film réussi.

La Montagne
6.4
3.

La Montagne (2022)

1 h 52 min. Sortie : 1 février 2023. Drame, Fantastique, Romance

Film de Thomas Salvador

Fwankifael a mis 8/10.

Annotation :

10 février 2023

J'ai été cueilli par ce film simple et contemplatif, remarquablement interprété par son auteur. Déjà réussi dans son approche douce du mal-être d'un héros quadra peu démonstratif, qui cherche dans la solitude des sommets un remède à son spleen, le film prend une ampleur inattendue en versant dans le réalisme magique, donnant proprement vie à la Montagne. L'ivresse des cimes rencontre ici le cœur battant d'une nature à l'agonie mais dont la magie est toujours intacte. Ajoutez à cela une romance d'une délicatesse rare et le mystère qui entoure ce personnage masculin dont l'éloignement des canons de la virilité nous laisse rêveur et ému.

Mars Express
7.4
4.

Mars Express (2023)

1 h 29 min. Sortie : 22 novembre 2023. Animation, Science-fiction

Long-métrage d'animation de Jérémie Périn

Fwankifael a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

2 décembre 2023

Quitté avec beaucoup de satisfaction à l'issue de le spin-off TV réussi de "Lastman" et le délirant "Crisis Jung", c'est avec plaisir que je retrouve Jérémie Périn pour ce "Mars Express" assez cool. Sans révolutionner le genre, ni nous époustoufler par sa réalisation, ce premier long-métrage se révèle très solide, tant en matière d'écriture que de mise en scène et de dessin.

"Mars express" emprunte au thriller policier ses codes les plus robustes en les assaisonnant à sa sauce avec un duo mi-bot mi-humaine assez savoureux. L'enquête, qui soulève évidemment une intrigue politico-économique d'ampleur, propose une approche chouette du rapport homme-robot qui n'est pas rappeler le pitch d'un Ghost in the Shell, référence à laquelle il n'est pas malvenu de se rapporter. Le rythme est bon, et pour un SF d'animation française, on peut - le ridicule n'a jamais tué personne - lancer un bon vieux cocorico.

Le Règne animal
6.9
5.

Le Règne animal (2023)

2 h 07 min. Sortie : 4 octobre 2023. Science-fiction, Aventure, Drame

Film de Thomas Cailley

Fwankifael a mis 7/10.

Annotation :

7 octobre 2023

Thomas Cailley parvient tout au long du "Règne animal" à conserver une ligne de crête étroite entre thriller monstrueux et drame familial, sans verser dans le gore, le pathétique ou l'excès quant à l'exploitation du filon fantastique qui constitue la colonne vertébrale de son film. Si j'ai pu trouver Romain Duris un brin emprunté, notamment au début du film, le casting parvient à donner chair et sincérité à cette histoire qui interroge notre rapport à l'autre. C'est d'ailleurs là la grande réussite du film que de questionner notre rapport à la différence et nos pulsions quant à cette dernière, qu'il s'agisse de détruire par peur ou de vouloir guérir par amour. Quelques très jolies scènes comme ces appels en voiture au début, ou surtout la chasse dans les champs de maïs à la fin.

Retour à Séoul
6.2
6.

Retour à Séoul (2022)

1 h 59 min. Sortie : 25 janvier 2023. Drame

Film de Davy Chou

Fwankifael a mis 7/10.

Annotation :

7 février 2023

"Retour à Séoul" est un film tendu, d'une efficacité rare dans la proportion déployée entre les moyens mis en oeuvre et les objectifs poursuivis. Le biais d'exubérance pour un jeune cinéaste comme Davy Chou que j'avais découvert avec le prometteur "Diamond Island", ne semble pourtant pas si facile à éviter quand on voit à quel point certains se regardent filmer.

J'ai aimé son sujet, sur la difficile reconquête d'une part de soi d'une héroïne ambiguë, tourmentée et dure avec elle-même et les autres. La qualité du métrage tient aussi à ses choix techniques payants, une justesse de l'écriture des personnages et à une interprétation sur le fil de Park Ji-Min qu'il convient de saluer. Finalement, il aura manqué une certaine ampleur à cette histoire, juste un poil longue, pour la rendre vraiment incontournable.

Nuptse : l'inaccessible absolu
7.1
7.

Nuptse : l'inaccessible absolu (2023)

1 h 06 min. Sortie : 2023 (France). Aventure

Court-métrage documentaire

Fwankifael a mis 8/10.

Annotation :

23 novembre 2023
Festival Montagne en Scène

Pour ouvrir cette nouvelle édition du festival, un premier court sérieux, remarquablement monté compte tenu de la profusion du matériau, et rendu très drôle humain par les témoignages face caméra des 4 larrons évoquant leur aventure. Beaucoup de rythme, pour une histoire qui n'en manquait pas.

Rien à perdre
6.5
8.

Rien à perdre (2022)

1 h 52 min. Sortie : 22 novembre 2023. Drame

Film de Delphine Deloget

Fwankifael a mis 7/10.

Annotation :

13 novembre 2023
En avant-première, en présence de l'équipe (sauf Virginie, au risque de vous décevoir)

Le film social français est un genre tellement convenu aujourd'hui qu'il est difficile d'en proposer une déclinaison originale qui échappe en tout point aux recettes éculées et autres poncifs. Ce premier long métrage de fiction de Delphine Deloget relève plutôt bien le défi, peut-être grâce à son bagage de documentariste. A écouter la metteuse en scène à l'issue de la projection, ce point ne fait d'ailleurs guère de doute : la fiction sert ici d'écrin plus souple à une véritable démarche d'appropriation scientifique de son sujet (le placement des enfants suite à une IP). Fidèle à ses habitudes, la documentariste est allée massivement à la recherche de son matériau et a souhaité conserver une certaine mesure dans son intrigue et une certaine neutralité dans son traitement, ce qui, il faut en convenir, permet au film de rester à peu près sur une délicate ligne de crête entre institutions-bashing d'un côté et portrait diabolisant d'une mère en perdition de l'autre.

Bon, mais ça c'est la théorie. En pratique, le film semble à plusieurs reprises prêt à basculer d'un côté et de l'autre. Si le sujet est maîtrisé, et malgré le choix d'une situation familiale assez subtile, l'écriture du personnage principal, omniprésent, donne lieu à certains excès qui nourrissent le rythme du film mais conduisent parfois à tourner un peu en rond. En ce sens, la performance de Virginie Efira, et plus encore, de Félix Lefebvre (jeune acteur à suivre !), donne un souffle salvateur à cet intéressant "Rien à perdre".

Houria
6.3
9.

Houria (2022)

1 h 38 min. Sortie : 15 mars 2023. Drame

Film de Mounia Meddour

Fwankifael a mis 6/10.

Annotation :

30 janvier 2023
6,5/10 - Vu en avant-première en présence de la réalisatrice Mounia Meddour.

Trois rythmes se succèdent dans ce film à la fois engagé et à hauteur de femme. D'abord une mise en situation lumineuse, très drôle, bien servie par l'allégresse algéroise. Ensuite, un long tunnel de souffrance et de reconstruction que j'ai trouvé inégal, à la fois superficiel et maillé d'un propos sincère et touchant sur la sororité, finalement incarné avec distance par Lyna Khoudri. Enfin, une dernière partie plus puissante, qui embrasse les démons algériens et récompense ses personnages par une sortie intersectionnelle réussie.

Il m'aura fallu le commentaire de Mounia Meddour, décidée et assez charismatique, pour mieux saisir le sens du film. Ses choix scénaristiques et de réalisation ne m'ont pas tous convaincu, à commencer par ce cadrage très près des visages, mais au-delà des galères du tournage en temps de pandémie, elle avait un message fort, unanime et porteur d'espoir à faire passer qu'on ne pourra enlever au film.

Le Livre des solutions
6.2
10.

Le Livre des solutions (2023)

1 h 42 min. Sortie : 13 septembre 2023. Comédie, Drame

Film de Michel Gondry

Fwankifael a mis 6/10.

Annotation :

14 octobre 2023

Me suis toujours tenu à l'écart de Pierre Niney, je sais pas trop pourquoi mais je suis pas à l'aise avec ce qu'il dégage ou la hype qui l'a accompagné un temps. Par contre Michel Gondry je fais tout pour lui tomber dessus depuis l'inégalable "Be kind, rewind". Entre les deux, mon cœur a balancé avant de me rendre à une séance de ce "Livre des solutions".

Le film est pas mal parce que le sujet et les personnages secondaires sont assez chouettes, mais il manque un peu de rythme. Les péripéties sont quasi-systématiquement amenées par une scène de harcèlement au travail très désinhibée qui a fait beaucoup (trop) rire le public autour de moi. Malaise. Niney joue très bien ce héros narcissique au possible mais qui, par couches successives, finit par révéler plus d'humanité que ce que les prémisses laissaient présager. Au passage, le film ayant un aspect autobiographique affirmé, il renseigne sur la vision désastreuse que Gondry a de lui-même et inquiète quant à la prise en compte du bien-être psychologique et émotionnel de ses proches et collaborateurs...
Dans cette nouvelle quête autour de l'acte de création, Gondry trouve quelques fois de superbes inspirations, comme dans cette scène d'enregistrement de la BO.

The Son
6.2
11.

The Son (2022)

2 h 03 min. Sortie : 1 mars 2023 (France). Drame

Film de Florian Zeller

Fwankifael a mis 6/10.

Annotation :

3 mars 2023

Je n'attendais pas Florian Zeller si tôt.

Le voici déjà revenu, après le stupéfiant "The Father" il y a deux ans, avec "The Son", nouvelle adaptation d'une de ses pièces. Il y aurait pas mal de choses à dire sur ce film, bien moins réussi que son aîné, mais je resterai bref. Déjà, exit la réalisation virtuose du premier film de Zeller, qui avait trouvé dans le jeu mouvant des décors un parallèle avec l'effritement mémoriel de son personnage touché par la maladie d'Alzheimer. Ici, Zeller revient à un plus grand classicisme.

Ensuite et surtout, le film a échoué à parfaitement me toucher. La détresse de Nicholas (le fils) est bouleversante mais, d'une certaine manière, mise à distance par le parti pris du film de s'intéresser surtout au personnage de son père, Peter, interprété par Hugh Jackman. Comme si Zeller refusait à son protagoniste principal, ou du moins celui ayant donné son nom au film, la possibilité de partager son ressenti autrement que par les yeux de ses proches, ce qui est toujours délicat lorsqu'on parle de dépression. Les personnages sont loin d'être inintéressants et traduisent une réelle écriture de leurs enjeux propres, comme l'illustre parfaitement celui de Beth, jeune mère que les affres de la famille de son conjoint renvoient à ses angoisses légitimes mais qui sonnent comme égocentriques. Le caméo d'Anthony Hopkins est somptueux, et rappelle cruellement l'écart entre "The Father" et "The Son" qu'on aurait pourtant tort de comparer.

La seule bravoure du film est finalement sa fin, même si la dernière scène est un peu convenue.

Notre corps
8
12.

Notre corps (2023)

2 h 49 min. Sortie : 4 octobre 2023. Société

Documentaire de Claire Simon

Fwankifael a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

13 mars 2026
8,5/10

Claire Simon signe un format rare (2h50) pour aborder la difficile question de la singularité de la santé des femmes, comme si elle n'avait pu se résoudre à faire le tri dans son matériau de base. Intime, engagé, percutant, "Notre corps" est une sensible et patiente mise en lumière des parcours de vie de patientes qui affrontent ou apprennent à vivre avec la maladie, un désir d'enfant ou d'indépendance, une sexualité ou un genre d'attribution qui ne leur correspond pas... Dans l'intimité des salles d'examen ou des blocs opératoire, ce document d'utilité publique expose avec pudeur et soutien le destin bouleversant de ces femmes de tous les jours. J'éprouve une empathie immense à leur égard, pour leur courage et leur humilité.

Dans un dispositif sans parole (sauf dans ces moments suspendus où la réalisatrice, incapable de contenir son émotion, parle à son sujet en plein tournage pour la soutenir), le regard de Claire Simon, rattrapée elle-même en plein tournage par la maladie, embrasse tout ce qui se présente à elle, dans sa douceur ou dans sa violence. L'hôpital sort parfois grandi par sa capacité technique, l'humanité de ses soignants, parfois diminué par sa lourdeur et la froideur de ses soignants. Il n'y a pas de parti pris, pas de méthode, une simple réalité mise à nu, dans des images rares où les corps et les esprits se révèlent dans la beauté de leur diversité et leur tragique organicité.

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