Cover Les meilleurs morceaux de 2014

Les meilleurs morceaux de 2014 selon Woopo

Encore une année qui s’achève, plutôt chargée d’ailleurs. Comme l’an dernier je constate que je ne parle plus du tout sur Senscritique, pas de critique, pas de liste, juste des pense-bêtes.. Alors comme l’an dernier, et au lieu de faire 150 top2014, je m’en tiendrais à une selection de morceaux pour illustrer ce qui a rythmé mon année et parler des albums dont ils sont issus, ou pas.
Histoire de ne pas faire une liste à rallonge, je ne sélectionne qu’une dizaine de projets que j’ai énormément écoutés, mais je touche quand même un petit mot sur des trucs qui n’intègrent pas mon top mais que je me dois d’aborder rapidement..
Pas de Sia et Lana Del Rey dans le haut du panier, cela dit les deux starlettes ont sorti des disques pas du tout dégueulasses dans leurs genres.
Todd Terje a sorti un album très funky aussi, super cool.
On a déterré de vieux fossiles aussi, Wu-Tang Clan, Souls of Mischief, Pink Floyd entre autre, avec plus ou moins de réussite. Rien de très mémorable non plus.
Des surprises surprennement surprenantes, genre Freddie Gibbs qui sort un bon disque. Avoir Madlib à ses cotés ça aide beaucoup, mais Gibbs a réellement élevé son jeu.
Open Mike Eagle, Logic, Mick Jenkins et J. Cole ont rendu de très bonnes copies. En réalité j’ai pas encore eu le temps de bien écouter le J. Cole mais je reste sur une bonne impression.

Voilà en gros.

Liste de 15 morceaux créée il y a presque 12 ans · modifiée il y a presque 12 ans
Betray My Heart
7.9
1.

Betray My Heart

5:55.

Morceau de D’Angelo et The Vanguard

Annotation :

Black Messiah

Le retour de D’angelo fait l’effet d’une bombe, 15ans apres son dernier album et 2ans après son retour sur scène. Néanmoins son album avait tout du mirage, on était dans l’incertitude, et surtout que faire après tout ce temps passé à attendre une suite à ses deux albums incroyables que sont Brown Sugar et Voodoo. Logiquement l’album devait décevoir, et pourtant..
Le disque est incroyable de goût, de maîtrise, du début à la fin. Je parie sur le fait que Black Messiah s’imposera comme un album qui s’affranchira du sensationnalisme de la sortie et s’installera dans le temps comme un nouveau standard de l’artiste.
Le groove de Betray my heart, sérieusement… peut on faire mieux ?

Dying Breed
8.1
2.

Dying Breed

3:19.

Morceau de CunninLynguists

Annotation :

Strange Journey vol.3

Un album des Cunninlynguists est toujours un évènement pour moi. Je ne cache pas mon admiration sans borne pour Kno à la production et ne minimise jamais le talent des mcs. Le concept, le songwriting et le fait que tous les invités restent dans les clous et participent à la cohérence à travers tout le projet est remarquable. Tous les guests remplissent leurs rôles admirablement bien. J’adore la série des Strage Journey, mais celui ci est réellement plus réfléchi et mieux exécuté dans son ensemble, pas une seule track en trop, une atmosphère toujours aussi envoutante et variée. La qualité de la discographie des Cunninlynguists est à faire pâlir les plus belles carrières du genre.
Dying Breed est le morceau dont je suis tombé amoureux instantanément, sentiment jamais démenti depuis.

Soul Food
7.3
3.

Soul Food

3:48.

Morceau de Big K.R.I.T. et Raphael Saadiq

Annotation :

Cadillactica

J’ai vu des avis mitigés ici et là, des critiques parfois sévères. Je pense comprendre pourquoi, je ne savais pas trop quoi en penser après les premières écoutes, mais j’y revenais toujours, encore et encore, quelque chose retenait mon attention. Finalement j’adore ce disque. J’adore ce disque. J’adore ce disque. Le meilleur projet rap mainstream de l’année haut la main, Krit s’impose définitivement comme la relève de Outkast et UGK dont les influences sont d’une évidence pas du tout subtile mais impossible pour moi de cacher mon plaisir coupable. C’est vachement bien.
Et ce single avec Raphael Saadiq ? Excellent.

Camera Thief
7.6
4.

Camera Thief

4:45.

Morceau de Atmosphere

Annotation :

Southsiders

Atmosphere accompagne la vie de beaucoup de monde depuis 10ans. Slug c’est un peu le frangin, le mentor, la figure paternelle, le double fantasmagorique, le diable, le révélateur de conscience, celui qui mets des mots sur toutes les émotions d’un être humain et mieux que tous les autres. Il y a forcément un morceau écrit pour vous dans le catalogue désormais assez immense de ce groupe culte. Alors quand Atmosphere sort un album, c’est toujours un évenement, surtout qu’ils n’ont jamais sorti un album qui n’est pas bon. Pire, Slug n’a à ma connaissance jamais délivré un mauvais couplet. C’est aussi con que ça. En tout cas à l’écoute de ce dernier projet, Slug va bien, ou en tout cas mieux qu’avant. A 40 piges passées, sa sagesse est apaisante et heureusement son cynisme assez intact. Impression qui se ressent aussi dans les sonorités, Ant a concocté avec sa formule perso un joli bric à brac très cohérent qui tranche avec la mélancolie très acoustique de l’album précédent. Alors effectivement on n’a rien de vraiment neuf, mais c’est comme toujours un boulot remarquable, un de mes albums préférés de 2014, hands down.

Coronus, the Terminator
7.6
5.

Coronus, the Terminator

2:40.

Morceau de Flying Lotus (Steven Ellison)

Annotation :

You're Dead

Hypnotique, psychédélique, puissant, immersif, le nouveau FlyLo est à ranger à coté de Cosmograma, aucune fausse note dans ce nouveau projet jazz ultra bien foutu. Flying Lotus est devenu incontournable et il mérite son succès. Une de ses grandes forces est d’éviter les répétitions et ne s’est jamais enfermé dans un format qui a fait son succès avec Cosmograma, ses propositions sont toujours innovantes, et on aivait jamais vu un casting pareil sur ses projets antérieurs, Snoop, Herbie Hancock, Thundercat, Kendrick..
Incontournable.

4 Noble Truths
-
6.

4 Noble Truths

5:13.

Morceau de José James

Annotation :

While You Were Sleeping

Ceux qui ont suivi sa carrière savent que cet album est particulier. On a vu son jazz perdre en élitisme et s’ouvrir à une audience plus large, son rapprochement avec Emily King a dû y contribuer un peu. Avec ce nouvel album, les expérimentations sont nombreuses, et perdront probablement une partie de sa fan base. Tout en nappe de synthé du coté de Bodhisattva, des accents folk pleine de basses et de métal pour 4 noble Truths, des guitares électriques sur Anywhere u go, des moogs hyper bruyants sur everylittlething, c’est très perturbant au début. Mais la voix de velours de José James fait passer la pilule discrètement, et son talent de compo nous prend par la main dans ce délire qui s’avère assez dingue et jouissif.

Something for Nothing
-
7.

Something for Nothing

4:09.

Morceau de Asher Roth et Coyle Girelli

Annotation :

Retrohash

C’est toujours cool de voir un artiste au passé bancal s’élever, à ma grande surprise, c’est arrivé avec Retrohash. Asher Roth n’a jamais été spécialement un mauvais rappeur, mais rien dans ses précédentes sorties n’avait eveillé mes sens et mon attention, perdu dans la masse, il était un parmi d’autre. Mais tout a changé en un projet, qui j’espère ne sera pas un cas isolé dans sa carrière. Retrohash c’est un bol d’air, un groove à toute épreuve, des mélodies infectieuses, superbement produit de A à Z. Concentré de rock, de soul et même de disco, toujours smooth, pas de grand écart, juste une belle vitrine de l’univers de Asher qui s’impose désormais comme un artiste original à suivre. Un des meilleurs albums de l’année.

Black Mambo
7.1
8.

Black Mambo

4:08.

Morceau de Glass Animals

Annotation :

ZABA

Quand le monde de la pop indé a les yeux rivés sur FKA Twiggs et autres Little Dragons, Glass Animals fait discrètement son chemin entre les mastodontes du buzz, et livre simplement mon album préféré du genre cette année. Pop minimaliste et coloré, un peu maladroit ici et là mais qui n’ajoute qu’à l’humble sincérité de ce projet hautement addictif. Même la pochette est cool.

Crown
7.5
9.

Crown

3:46.

Morceau de Run the Jewels et Diane Coffee

Annotation :

Run The Jewels 2

OH MY !
Ils avaient crée le buzz l’an dernier, l’association inattendue entre El-P et Killer Mike n’était finalement pas du coup un petit projet isolé mais bien un nouveau groupe de bouchers en colère. J’avais bien aimé sans réellement plonger dedans complètement, un peu trop brut de décoffrage sur la forme, mais ce nouvel album est beaucoup plus travaillé. Si les concepts, l’agressivité et la bonne entente évidente entre les 2 bonhommes sont toujours aussi présents, l’album gagne en réalisation et en diversité, se permettant même des mélodies entêtantes très bien foutu, comme sur Crown, l’exemple parfait de cette nouvelle formule. Une réussite totale.

Triangle
7.5
10.

Triangle

3:47.

Morceau de BADBADNOTGOOD

Woopo a mis 9/10.

Annotation :

III

L’autre représentant jazz barré de l’année c’est bien BADBADNOTGOOD, il faut dire qu’il fait tout pour monopoliser l’attention sans arrêt. Alors oui, Flying Lotus cannibalise le genre avec un album meilleur, mais il serait bête de passer à coté d’un nouveau projet solide et efficace. Il manque peut être un peu d’audace et d’étincelles, mais c’est quand même très très cool dès l’intro.

Let Your Thoughts Fly Away
-
11.

Let Your Thoughts Fly Away

4:27.

Morceau de Dilated Peoples

Annotation :

Directors of Photography

Le retour des Dilated Peoples était attendu depuis 8ans. C’est long. Et en même temps l’a-t-on vraiment ressenti ? Pas vraiment, la boulimie de travail de Evidence y est pour beaucoup, et depuis le passage chez Rhymesayers les choses ont l’air de couler harmonieusement. Je ne peux pas dire que je rangerais l’album dans le haut du panier de l’année, mais je ne bouderais pas mon plaisir, c’est quand même très carré. Le single avec Aloe Blacc et produit par Jake One est addictif, quelques petites pépites ici et là, il ne m’en fallait pas plus.
Je place ici Let your thoughts fly away, produit par le légendaire Diamond D (qui a lui aussi sorti un disque récemment), morceau méditatif et hypnotisant qui m’a beaucoup accompagné cette année

Weight of Love
8.3
12.

Weight of Love

6:50.

Morceau de The Black Keys

Annotation :

Turn Blue

Etant un gros fan des Black Keys depuis longtemps, j’avais beaucoup apprécié leur ouverture vers d’autres horizons sonores il y a quelques années avec Attack & Release et surtout Brothers, en bossant avec DangerMouse qui leur a donné une impulsion très nette dans leur succès. La magie opère beaucoup moins pour moi avec ce nouveau disque, pas très inspiré. Si l’album démarre en fanfare avec les excellents Weight of love, in Time et Turn Blue, la mayonnaise retombe tout de suite derrière avec des grotesques tentatives de funk, de disco et morceaux radio friendly pas intéressants.
L’ouverture de l’album sur Weight Of Love reste tout de même un de ces moments inoubliables de l’année pour moi.

The Jungle
-
13.

The Jungle

4:13.

Morceau de Pharoahe Monch

Annotation :

P.T.S.D.

Le talent de Pharoahe est immense, et en plus on a plus besoin d’attendre 8 ans entre chaque album désormais et c’est une bonne nouvelle. Je regrette un peu les choix des productions, certes elles accompagnent très bien le projet, c’est sombre, sec, mais souvent trop simpliste en comparaison au flow déstructuré et acrobatique du mc. Un constat que je faisais déjà dans une moindre mesure avec l’album précédent (WAR), c’est toujours un petit regret quand on sait ce qu’il a été capable de faire sur Desire.
Je ne bouderais pas pour autant mon plaisir, c’est un boulot remarquable dans l’ensemble, Pharoahe Monch est un monstre, et en plus il se fait accompagner par Black Thought et Talib Kweli tout deux en grande forme.
The Jungle est une bombe.

Till It’s Gone
8.5
14.

Till It’s Gone

4:35.

Morceau de Yelawolf

Woopo a mis 9/10.

Annotation :

J’avais jamais écouté Yelawolf par le passé, juste un ou deux morceaux ici et là, pour voir, et ça ne m’avait pas plu du tout. Son passage chez Shady, les cyphers etc m’ont laissé indifféremment également., encore un énième redneck tatoué qui rappe vite sur des instrus trop trap pour moi.. et la comparaison avec Eminem se fait d’une manière ou d’une autre, en gros il part avec pas mal de désavantages pour moi.
Et puis il y a eu le dernier cypher pour la compil Shady. Accappela dans sa campagne d’Alabama. Brillant.
Du coup, je suis allé sur spotify voir ce que le gars sort en ce moment, et je tombe sur ‘til It’s Gone et Box Chevy V. Je suis très impressionné. Ca me rappelle Bubba Sparxxx à l’époque de Deliverance, musique du bayou, ça pue l’alligator et le fumier. Les hooks et les flows sont ciselés aux couteaux à sushi, ça tabasse, alors j’espère que l’album qui doit sortir dans quelques mois ira dans cette direction. On verra.

i
8.7
15.

i

3:52.

Morceau de Kendrick Lamar

Annotation :

Comme Yela, il faudra attendre l’an prochain pour savoir de quoi il en retourne réellement. Apres good kid… la pression et l’attente montera crescendo au fil des semaines. Le premier single est surprenant et laisse perplexe, mais est diablement efficace.