Les meilleurs romans dystopiques selon H Bazé
Parmi les sous-genres de la science-fiction, la dystopie tient une place toute particulière. Loin de l'espace, des lasers et des extraterrestres, elle propose un futur sombre, souvent sous le joug d'un pouvoir totalitaire, pas si lointain et pas si impossible.
Ces derniers temps (nous sommes en mai 2025 quand j'écris ces lignes), l'extrême droite est de plus en plus présente et plébiscitée un peu partout dans le monde, le discours haineux est totalement libéré et certains régimes sont en passe de devenir totalitaires.
Je me suis alors pris à aimer le plongeon dans ce genre littéraire qui fait froid dans le dos, mais vous met en garde... d'où la volonté de créer cette petite liste.
Les oeuvres sont classées par ordre chornologique avec un petit commentaire à chaque fois. En effet, il me semble difficile de réellement définir "la meilleure dystopie" tant les approches peuvent être variées...
Bonne lecture et réfléchissez !
Fragile/s (2024)
Sortie : 22 août 2024 (France). Roman
livre de Nicolas Martin
H Bazé a mis 8/10.
Annotation :
Découvert à la Foire du Livre de Bruxelles et agrémenté d'une dédicace et d'un chouette discussion avec l'auteur (très politique !), ce livre est une dystopie glaçante (bon, c'est le but du genre) qui nous présente un monde dont nous ne sommes pas assez éloignés (et de moins en moins)... c'est puissant, c'est intéressant... ça nous pend au nez, il faut qu'on se sorte les doigts du c** et rapidement.
Tout est sous contrôle
Sortie : 4 avril 2024 (France). Roman
livre de Christopher Bouix
H Bazé a mis 8/10.
Annotation :
Ce livre est une dystopie à la Black Mirror.
Cette phrase seule explique l'idée générale. La fausse apparence de douceur est due au fait que les protagonistes ont un indice élevé de bonheur ce qui change un peu la donne et offre une autre perspective.
Je l'avais acheté à la Foire du Livre en 2025 sous les conseils de l'éditrice. J'ai rencontré l'auteur cette édition de 2026 et je lui en ai acheté un autre. J'ai hâte !
On ne verra pas les fleurs le long de la route (2026)
Sortie : 16 janvier 2026. Roman
livre de Éric Pessan
H Bazé a mis 8/10.
Annotation :
Digne successeur de l'OuLiPo, Eric Pessan s'est lancé un amusant et original défi : écrire tout un roman, cohérent et intéressant, en utilisant énormément de citations issues de la littérature mondiale.
Ca donne un récit avec plus de 1000 notes de bas de page qui renvoient toutes à des livres aussi divers les uns que les autres (on passe de Rabelais à Jon Kalman Stefansson, avec un petit tour chez Racine ou Valérie Perrin). C'est audacieux et réussi. Mon seul "bémol" est que j'aurai aimé avoir les dates (Eric Pessan note l'auteur, le titre, le traducteur et l'édition). Ca aurait été marrant de percevoir les espaces temporels qui séparent parfois deux ouvrages.
Dans un premier temps, on regarde les notes, puis on se concentre sur l'histoire et on s'arrête quand l'une nous marque plus (j'irai pas jusqu'à dire que j'en ai reconnu, mais certaines me plaisaient et j'étais alors ravi de voir qu'il s'agissait d'un livre connu et aimé).
Et l'histoire finalement ? Et bien elle est très intéressante puisqu'on nous présente un monde entre postapocalyptique et dystopie. C'est globalement notre monde, mais l'écriture et la lecture ont - petit à petit - disparues et les gens sont devenus bêtes. Seuls quelques groupes de révolutionnaires se battent pour sauver ce qui reste de culture et d'écologie... on en suit deux d'entre eux et c'est assez immersif.
Le Passeur (1993)
The Giver
Sortie : 1994 (France). Roman, Jeunesse, Science-fiction
livre de Lois Lowry
H Bazé a mis 8/10.
Annotation :
Classique de la SF adolescente, "Le Passeur" est vraiment une bonne histoire !
Si on est sur une société dystopique classique, avec un héros "élu" qui se soulève contre sa réalité, Lois Lowry propose un petit quelque chose de plus malin. On n'a pas droit à de l'action exagérée, non c'est plus subtil.
Jonas quitte son monde, mais n'est pas poursuivi (ou si peu) et semble découvrir autre chose... (je n'ai encore jamais lu la suite)
Enfin, et pour justifier sa place dans cette liste, parlons de la société du "Passeur". Comme souvent, tout y est parfait. Les citoyens et citoyennes vivent en harmonie, sans se poser aucune question, sans se souvenir de rien (on se situe plusieurs générations après la notre), les citoyens et citoyennes sont shootés pour restreindre toute pulsion (au point que leur capacité d'entendre la musique et de voir les couleurs disparait), ils sont endoctrinés avec des phrases de politesse aussi bateau qu'insupportables... et seul le Passeur détient la vérité et la mémoire. Mais quel fardeau...
On a beau être en 1993, "Le Passeur" est une superbe dystopie qui nous présente une société aussi "parfaite" qu'affreuse... dommage qu'Hollywood ait foiré l'adaptation...






