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Le Guetteur

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S’étant fait connaitre dans nos frontières (du moins pour les plus jeunes) principalement avec Romanzo criminale, parfait complément du Nos meilleures années de Marco Tullio Giordana, convaincantes piqûres de rappel que le cinéma italien a été grand (et peut l’être encore), Michele Placido traverse les Alpes et vient tourner un polar à Paris (non sans avoir auparavant réalisé 2 autres films beaucoup plus confidentiels).

Acteur lui-même à ses heres perddues, Placido s’est entouré aussi de deux acteurs-réalisateurs, un à chaque bout du face-à-face, sans doute pour que les explications en soient simplifiées. C’est toujours mieux quand on joue à l’extérieur. A ma droite, Daniel Auteuil. Si, si, il réalise aussi, il est actuellement en pleine crise d’adaptations de Pagnol, peut-être pour boucler la boucle, lui le sous-doué qui a acquis la reconnaissance en Ugolin. Un peu bouffi, il gère gentiment sa crédibilité de flic acquise chez Olivier Marchal. A ma (extrême?) gauche, Mathieu Kassovitz, qui prétend détester toujours autant jouer mais qui doit bien se refaire la cerise après l’injuste bide de sa dernière réalisation, L’Ordre et la Morale (à revoir d’urgence, bande d’ingrats). Fidèle à son habitude, il ne joue pas, mais arrive à être intense quand même. Dans le reste ddu casting, l’imposant Olivier Gourmet côtoie de très bons seconds rôles, parmi lesquels Francis Renaud ou Arly Jover, sortes de on-sait-jamais-comment-ils-s’appellent (mais on-les-aime-bien-quand-même).

La bande-annonce nous vendait un duel entre flic et sniper, l’identité de ce dernier restant mystérieuse et on pouvait imaginer une enquête longue et tortueuse, ponctuée d’autres actes « de bravoure » du tireur. Une fois de plus, on a été trompés sur la marchandise: il ne s’agit pas (trop) de ça, mais plutôt d’un énième film de casse. Ou plutôt des complications qui s’en suivent, le casse n’étant même pas montré. Le film enchaîne alors les rebondissements et les mauvais coups entre membres du gang, avec une échappée vers le film de serial-killer.

C’est ce que beaucoup reprocheront au réalisateur, qui ne sait pas vers où emmener son film et semble tirer à vue (un comble pour un flm de sniper). Si on peut effectivement le taxer de manque d’originalité (on pourrait cependant en dire autant du très surestimé Millénium), la mise en scène de Placido et ses images froides démontrent un savoir-faire qui maintient sous tension jusqu’à la fin et l’interprétation de haut vol achève de rendre l’ensemble très regardable.

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Auteur : Wesley

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