Le cri primitif d’Oliver Stone

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Savages a un but : être le cri primitif d’Oliver Stone pour dire : « Non, je ne suis pas mort ! ». Il faut dire que l’ancêtre à l’impressionnante filmographie avec quelques films devenus cultes a sacrément perdu la main ces derniers temps (Alexandre, World Trade Center, W. : L’Improbable Président, Wall Street : L’Argent ne dort jamais). Est-il à ranger aux côtés des autres dinosaures n’arrivant plus à retrouver la magie dont était dotée leur cinéma? La vérification avec Savages, et c’est maintenant !

Réunissant un casting plutôt bon. Tout de même, on compte les deux stars en devenir Taylor Kitsch et Aaron Taylor-Johnson (incroyable métamorphose depuis son personnage de Dave Lizewski dans Kick-Ass) et une bombasse faisant pâlir d’envie tous les hommes (sauf Leo vu qu’il est déjà passé par là et moi parce que je n’arrive vraiment pas à m’y faire – même si ses fesses sont sublimes). Le tout avec un casting de second rôles d’has been comme il faut, John Travolta, Salma Hayek et Benicio Del Toro. Le tout sur des sujets ayant souvent réussi aux réalisateurs hollywoodiens: la drogue, les luttes entre gangs et une histoire de fesses (six ici vu que les deux garçons partagent la même fille).

Malgré tout, je n’ai jamais réussi à accrocher au film, trouvant le temps désespérément long. Pourtant les ingrédients sont là pour que j’aime le film: voix off, scènes de sexe chaudes, violence poussée, duel de répliques et personnages hauts en couleur – dommage qu’Uma Thurman ait été coupée au montage, depuis la pub Schweppes, c’est probablement l’actrice la plus en couleur. Il parait qu’Oliver Stone lui a dit: « Hey, what did you expect ? » en l’informant.

En fait, en analysant, je me suis rendu compte que je ne suis tout simplement jamais rentré dans le film à cause d’un générique d’ouverture avec Blake Lively en mode publicité pour Dior comprendre bombasse en tenue très légère, se tapant des poses je-ne-vois-pas-la-caméra-mais-je-sais-qu-elle-est-là, le tout sur un décor paradisiaque et avec un réalisateur amoureux et en profitant pour essayer pleins d’astuces avec la caméra : du noir et blanc en veux-tu en voilà, des zooms, des cadrages pour essayer de choper le poil de nez de l’actrice et j’en passe des meilleurs. Le tout sur une voix off sur la vraie voix de l’actrice vomitif (sans parler des répliques d’un banal). C’est simple, jamais je n’ai pu rentrer dans le film, un sentiment de malaise grandissant en moi. D’ailleurs ce dernier a disparu dès le dernier son de la voix off, il n’y a pas de coïncidence surtout que le malaise is back à chaque retour de la voix (pas celle de Secret Story, celle de Blake)

Après cette désagréable entrée en matière, on retrouve les deux acteurs et on s’amuse un peu. Même Blake est sympa mais bon, j’avoue que le côté histoire d’amour entre les trois tombe un peu comme un poil de cul sur la soupe. Le pire, c’est qu’on n’arrive pas à l’enlever, à chaque fois elle retombe dedans. Du coup, on patiente en attendant que quelqu’un de plus agile que nous réussisse à l’enlever. Il finit par y arriver mais au bout de trois quarts d’heure et des poussières. Ça fait long pour démarrer un film. Heureusement, pendant ce temps-là le père Del Toro nous a diverti en faisant le guignol et nous montrant son stand dédié à la violence (décapitations, balles dans les genoux, dans la tête). Y avait aussi Travolta nous refaisant du bon Travolta. D’ailleurs une question m’a prise la tête pendant le film, Del Toro porte-t-il une perruque et Travolta des implants? Pour Salma Hayek, on sait.

Le film commence enfin avec l’enlèvement de la blonde, ses deux mecs pètent une durite et décident de foutre le boxon. Enfin, on va avoir le droit à de l’action surtout que la partie romantique est foirée. Effectivement, on a le droit à un beau braquage bien emballé. Ça n’a jamais été un problème chez Oliver Stone mais une seule! On revient ensuite au Tarantino movie, blabla à gogo entre acteurs has been et en devenir. Seulement Tarantino a un putain de talent pour l’écriture et il n’y en a pas deux comme lui (allez, peut-être dix au monde). Du coup, on se fait un peu chier malgré quelques fulgurances notamment via Salma Hayek. Le film se termine sur un coup de pute plutôt marrant mais aussi sur cette $@#$ de voix off. La boucle est bouclée.

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