"BREAKING NEWS, Jean-Patrick Manchette en aurai marre de voir son bouquin se faire violer !"

Après Taken, From Paris with Love ou encore Banlieue 13, Pierre Morel réalise Gunman un film d’action avec Sean Penn et Javier Bardem, entre autres.


Jim (Sean Penn), ancien tueur à gages, ancien membre des forces spéciales s’est reconverti dans l’humanitaire et désormais fore des puits au Congo.


C’est assez mauvais. Le film avait pourtant l’air d’avoir de bonnes idées malgré un scénario pas très original, le projet avait quand même l’air ambitieux. Malheureusement ce n’est vraiment pas bien fichu et il n’y a pas grand-chose de positif à en tirer.


Le traitement des personnages est extrêmement pauvre, néanmoins Sean Penn bodybuildé s’en sort assez bien. C’est surtout du côté des personnages secondaires qu’il faut jeter un œil. Beaucoup sont inutiles, d’autres sous-exploités, d’autres encore plus énervant qu’autre chose comme Jasmine Trinca qui est insupportable… Puis insupportable devient affligeant lorsqu’elle explique qu’elle se tape Felix (Javier Bardem) depuis 8 ans, vit avec, se marie avec, et adopte un enfant avec juste parce qu’il était gentil avec elle.
Absolument aucun personnage ne vient titiller l’intérêt du spectateur, on se contente de les découvrir, impassible. Aucun enjeu, aucune surprise, dès les premières minutes du film on sait qui est le traitre, tu parles d’un thriller.
Non, ici chacun est à sa place comme un rôle qu’on attribue, avec le petit passé, la petite histoire de fond et sa fatalité. Même Jim qui est le moins raté n’est pas non plus parfait, son besoin de rédemption tombe comme un cheveu sur la soupe, on a du mal à saisir le mal qui le ronge. C’est un tueur à gages bordel, on se doute bien que le ministre qu’il a flingué n’est pas son premier contrat. Surtout que tout dans le personnage nous montre qu’il a quand même de la bouteille, il a des carnets sur chaque pays qu’il a visité avec les opérations qu’il y a effectué etc etc.
Et puis comment parler de traitement de personnages raté sans évoquer Idris Elba qui incarne l’inutilité même à l’écran. Il joue un agent d’INTERPOL sur le terrain (oui en vrai il n’y a pas d’agent d’INTERPOL sur le terrain mais bon) qui balance des métaphores foireuses et merdiques à Sean Penn et qu’on voit arriver à la toute fin quand même le caméraman et le perchiste étaient en train de remballer.


Le film s’enlise dans des facilités scénaristiques comme par exemple les voyages éclairs de Jim aux quatre coins du globe ou cette espèce de grosse commotion cérébrale incurable dont on n’a absolument rien à foutre mais qui est juste là pour l’handicaper durant les scènes d’action.
Scènes d’action qui d’ailleurs sont bien en-deçà de ce que l’on pouvait espérer. Elles sont réussies mais tellement vues et revues. Décidément la prise de risque n’est pas de mise ici.
On se plaît à chercher les faux raccords et les incohérences qui se font nombreuses, mention spéciale à Felix Machin (Javier Bardem) qui, pendant une fusillade, se retrouve avec une coupe de champagne pleine et sors une connerie du genre « je trinque à votre bonheur » avant de se faire flinguer. Je n’ai pas pu m’empêcher de repasser la scène tellement la débilité de la situation m’a étonné.
Presque aussi ridicule que le parallèle fait dans la scène de l'homme blessé au combat et du taureau dans l'arène.


Même si Gunman avait pourtant de bonnes intentions (dénoncer le pillage des multinationales en Afrique), il se vautre en beauté.
C’est lent, c’est mou, ça parle et ça comble les trous béants avec du vide, on est bien loin du rythme nerveux vendu dans la bande annonce.

Redango
3
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le 13 juil. 2015

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Redango

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