Mercenaries
4.1
Mercenaries

Film de Christopher Ray (2014)

La tradition veut que le désormais célèbre studio The Asylum nous sorte son mockbuster lorsque Hollywood sort un blockbuster. L’exemple le plus récent étant Ape vs Monster qui n’est autre que la version fauchée et opportuniste de Godzilla vs Kong. Lorsqu’en 2014 sort The Expendables troisième du nom, forcément les petits malins ont fait leur version. Elle s’appelle Mercenaries, c’est mis en scène par un de leur réalisateur maison Christopher Ray, accessoirement fils du « célèbre » Fred Olen Ray, et … Non, attendez, ne partez pas tout de suite, parce qu’il n’est pas si mal dans son genre ce film. Il fait même peut-être partie du haut du panier de chez The Asylum. Mieux encore, il réussit à plus ressembler aux séries B d’action des années 80 que The Expendables 3 qui jouait déjà sur ce créneau-là. Si si, je vous jure !


Pourtant, sur le papier, ça ne sentait pas bon. C’est The Asylum je vous rappelle, et vouloir faire un Expendables lowcost avec des boobs, dont certaines anciennes gloires de la série B de seconde zone, il y avait de quoi craindre le pire. Pourtant ça fonctionne. Mais nous y reviendrons un peu plus tard. Le scénario pourrait être un croisement entre celui de The Expendables et celui des 12 Salopards. La fille du président des États-Unis, qui foutait on ne sait trop quoi dans un avant-poste russe, s’est faite kidnapper par le chef de guerre Brigitte Nielsen. Pour on ne sait trop quelle raison, le gouvernement américain décide d’envoyer une équipe entièrement féminine de condamnées à qui l’on promet une remise de peine si leur mission est un succès. Bien entendu, elles ont chacune sa spécialité : la sniper, la folle de la gâchette qui aime avoir une arme dans chaque main, la spécialiste des explosifs et du sabotage, … Mais elles ont toutes quelque chose en commun : elles sont belles, elles sont badass, et elles ont envie de botter des culs ! Ah bah ça, en termes de nouveauté, on est aux abonnés absents, mais n’oublions pas que nous rendons ici hommage aux séries B d’action des années 80 dont les scénarios ne brillaient pas par leur originalité. Notre fine équipe est composée de Zoë Bell, vue dans les films Raze ou Oblivion, accessoirement cascadeuse ou encore doublure de Uma Thurman dans Kill Bill ; la jolie Kristinna Loken qui donnait la réplique à Schwarzy dans Terminator 3 ; Vivicia A. Fox qui incarnait Vernita Green dans Kill Bill ou la petite amie de Will Smith dans Independance Day ; et Nicole Bilderback, actrice d’origine coréenne qui a surtout œuvré dans le milieu de la série TV (Dawson, Dark Angel). Leur cheffe est jouée par Cynthia Rothrock (Une Flic de Choc, China O’Brien), seule artiste martiale du lot que les amateurs de ciné HK et de séries B des années 90 connaissent bien mais qui au final n’a qu’un petit rôle. En guise de grande méchante très très méchante, la justement très grande Brigitte Nielsen (Le Flic de Beverly Hills 2, Starforce), très en forme, en mode cabotinage.


En soi, Mercenaries n’est clairement pas un bon film. Soyons clair là-dessus. Pourtant, il y a une ambiance très eighties des plus sympathiques. Le film a un côté bien ringard comme il faut, cheesy comme disent les américains, mais ringard dans le bon sens du terme (si si, il y a un « bon sens » à ringard). Les dialogues sont souvent ridicules, mais le film les assume à fond parce que, même si Mercenaries n’est qu’un énième film opportuniste pour surfer sur le futur succès du blockbuster dont il est la copie lowcost, l’ensemble semble des plus sincères. La mise en scène est plutôt correcte pour ce genre de produit sans le sou. Ça ne casse pas trois pattes à un nanar, on reste dans du The Asylum, mais un The Asylum haut du panier. Le film ne perd pas de temps, on a un gunfight dans les 2 premières minutes et à la 5ème le scénar est lancé. Les scènes d’action sont rigolotes, avec des ralentis inutiles et poseurs partout histoire de montrer toute la badassitude de ce groupe de nénettes, un montage à la hache, mais qui leur donne un petit côté cheap pas désagréable. On a du gunfight, de la baston à mains nues, des explosions, des jeeps, un avion, avec une seule envie, de montrer que les femmes peuvent aussi être badass. Et sans plan boobs alors que beaucoup auraient succombé à la facilité ! Ça se la joue à la John Woo, sans le talent, avec des sauts un flingue dans chaque main. Les sbires ont une forte propension à ne pas se servir de leurs armes à feu ou à retenir leurs coups. On a des accessoires d’une crédibilité sans faille, à l’instar de ce couteau dont la lame se tort comme du caoutchouc, ou cette puce qu’on leur met sous la peau et qui ressemble à s’y méprendre à une micro-sd. Bien qu’on ait un peu de sang numérique foireux (comme tous les CGI du film), Christopher Ray a le mérite de mettre également quelques belles giclées bien physiques. Non vraiment, cette petite bobine bas du front, et qui ne va jamais chercher autre chose que proposer du divertissement était plutôt agréable compte tenu du cahier des charges de départ (The Asylum).


Pour peu qu’on ne s’attende pas à voir un grand film d’action, Mercenaries est une série B d’action au demeurant sympathique, certes fauchée et blindée de défauts mais pourtant plutôt attachante tant l’ensemble parait sincère.


Critique originale avec images et anecdotes : DarkSideReviews.com

cherycok
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le 17 juin 2021

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