La Fistinière pour les nuls.

Avis sur Cinquante nuances de Grey

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Critique publiée par le (modifiée le )

Dans le métro New-Yorkais, il y avait toujours au moins une femme par wagon qui lisait ce livre. Quand j'ai trouvé 20$ par terre à l'aéroport, je me suis dit que je pourrais enfin assouvir ma curiosité, malgré les avertissements lus à droite à gauche.

A mon tour de vous avertir : si vous vous trouvez dans la même situation que moi, achetez vous plutôt du toblerone.

Le pitch est plutôt intéressant : Anastasia, jeune ingénue, doit interviewer Christian Grey, PDG riche et charismatique. Elle tombe évidemment sous son charme, il se joue d'elle puis finit par lui avouer qu'il est un Dominateur, et il lui dévoile sa "salle de jeux", remplie d'instruments de plaisir/torture en tout genre, à forte odeur de cuir.

Ce point de départ ( qui met quand même une centaine de pages sur 500 à se mettre en place ) était plutôt prometteur, hélas, les 400 autres pages ne seront qu'une éternelle hésitation de l'héroïne ( "il est si beau et gentil, mais j'ai peur que ses démons intérieurs me détruisent" ), ça n'avance pas, ça tourne en rond, et l'écriture n'est pas là pour remonter le niveau.

C'est plat. Extrêmement plat et redondant. Toutes les 3 pages, Ana se mord les lèvres, et Christian lui dit "Ne te mords pas les lèvres, tu sais l'effet que ça me fait." Toutes les 10 pages, Christian va lui faire un compliment, et elle va le répéter en italique pour montrer sa surprise. Puis vient le gimmick repris de Fight Club, où la narratrice parle de son "subconscient" ( sa "bonne conscience" ) et de sa "déesse intérieure" ( son petit démon ) avec qui elle a des dialogues fascinants.

L'histoire elle-même devient incroyablement classique; tout le côté BDSM est vite écarté, puisque cette Anastasia est tellement géniale que Christian le dominateur va transgresser toutes ses règles pour être "normal" avec elle. Ca valait le coup de créer toute cette tension.

Côté sexe, c'est tellement too much que ça ne peut pas être excitant : la petite Anastasia est vierge au début du livre, et a 3 orgasmes lors de sa première relation sexuelle avec Christian, puis elle jouit quasiment à chaque fois qu'il la touche. C'est un livre écrit par une femme, pourtant, mais qui donne des idées fausses sur la sexualité féminine.

La fin est relativement intéressante : pas bête, placer un cliffhanger quand on écrit une trilogie, c'est la base. Personnellement, je me contenterais de résumés sur internet.

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