Activité sur Les mains invisibles
Résumé · "Je ne suis pas de ces industriels de la littérature, je suis de ceux qui rédigent par nécessité, et non par envie. Qu'y a-t-il de plaisant à raturer des heures à se faire mal à la main ?Croyez-vous que ce soir une douce mélodie que d'écouter ce que l'esprit nous contraint de faire ? Pensez-vous un seul instant que la poésie naît de la joie ? Foutaises, et ceux qui vous disent le contraire sont des menteurs. L'écriture n'a rien d'enviable, et si vous appréciez les récits de quelqu'un, c'est qu'il était fiévreux, terriblement malade, de lui-même et des autres. Si vous lisez ce que je crache, c'est que j'ai été souffrant, et que je me suis réfugié dans l'écriture pour une bonne raison. Peut-être que je ne suis plus un patient chétif aujourd'hui, mais le résultat d'un livre n'est que grosse maladie de soi. Il n'y a rien d'enviable dans l'écriture, je le répète, car si on se réfugie à l'intérieur d'un carnet vert, c'est que le déluge est terriblement violent et intense à l'extérieur. Il n'y a aucun plaisir dans le fait de me mettre à nu et de m'exposer à vous, c'est avant tout un sport de combat, mais quitte à devoir se battre, autant le faire avec les armes de la postérité. Ce que vous lisez, ces phrases, tout ce livre, ce n'est que l'assemblage méticuleux de ma grossière prétention, de mon ego ronflant et de mon désespoir. Je deviendrai écrivain, et peu m'importe la pureté de ce qui m'anime."



