7th Symphony
6.2
7th Symphony

Album de Apocalyptica (2010)

Finlande, 1993, quatre musiciens peut être un peu fainéant mais ayant une idée saugrenue, décident de former un groupe. Jusqu'à là rien d’anormal sauf que celui-ci ne possédera comme instrument que des violoncelles jouant des reprises de Metallica. Dix sept ans plus tard et six albums plus tard, le groupe revient avec « 7th Symphony » sorti dans les bacs fin août. Par la suite le groupe a progressivement laissé tomber les reprises pour se mettre à écrire leurs propres compositions. Sur leur dernier album « Worlds Collide » (2007), le côté grand public a pris énormément d'ampleur avec la mise en retrait des violoncelles au profit de l'apparition au chant d'une pléthore de guests. La présence du groupe en ouverture de l'Eurovision 2007 n'a fait qu'accentuer cette tendance. Qu’en est t’il de ce nouvel album ?

Autant être clair dès le début tout ceux qui n'ont pas aimé « World Collide » vous pouvez passer directement à la conclusion, le groupe ayant continué dans la facilité au détriment de la qualité. Ce nouvel album reprend donc la même formule que le précédent, de nombreux guests : Gavin Rossdale (Bush), Brent Smith (Shinedown), Dave Lombardo (Slayer, Apocalyptica), Joe Duplantier (Gojira), Lacey Sturm (Flyleaf), participent sur la moitié des pistes de l'album tandis que l'autre moitié est instrumentale.


Après une première écoute, le premier défaut qui saute aux yeux (enfin surtout aux oreilles), c'est le manque d'inspiration dans les compositions. C'est pas nouveau le groupe n'a jamais vraiment su composer, à part sur “Cult” où l'ont pouvait retrouver des compositions plus personnelles et propres à l'univers du groupe. A partir de “Cult” (et le départ de Max Lilja) le niveau n'a fait que décroître, à croire que le groupe n'avait pas grand chose à dire d'autre. Les mélodies sont très classiques, à des années lumières de ce que le groupe a pu faire sur « Cult ». Exit les ambiances sombres et mystérieuses, place à la simplicité. Aucune piste instrumentale ne retient vraiment l'attention ce qui est un comble quand même pour ce type de groupe. Finalement on ne retient pas les mélodies mais les structures de certains morceaux (« On The Rooftop With Quasimodo » et la fin de « At The Gates Of Manala ») qui rappelle le passé du groupe, les autres pistes instrumentales passent comme un film de Shyamalan, c'est long et ennuyant et on ressort avec l'impression d'avoir perdu son temps.


Le second gros problème, c'est la présence des titres chantés. Le groupe y cache son manque d'inspiration et y invite des chanteurs (euse) connu(e)s afin d'élargir leur base de fan et baser leurs compositions sur le chant et non les instrumentations. Pourquoi avoir mis ces titres ? Cela sent le commercial à plein nez au détriment de la création musicale. Ces titres chantés sont d'une pauvreté affligeante. Entre « Broken Pieces » avec la chanteuse de Flyleaf, qui désolé Mikko (cf interview) ne sait pas chanter, sa voix m'a donné qu'une seule envie : passer directement à la piste suivante. « End Of Me » (disponible en clip), résume à elle seule, la volonté du groupe de simplifier au maximum ses compositions en signant ici une piste taillé pour les radio US, tout en guimauve et en sucre. Le même constat s'impose pour toutes les autres pistes à guests. Le pauvre Joe Duplantier se retrouve à poser son chant sur une composition en total désaccord avec celui-ci, tandis que « 2010 » propose à Dave Lombardo de faire joujou avec ces fûts. De ce côté là le groupe a réussi à faire pire que « Worlds Collide », chapeaux !

La production est réalisée par Joe Barresi (Coheed And Cambria, Queens Of The stone Age...), le son est net et clair bien que trop lissé. Ce « lissage », que l'on peut retrouver dans énormément de productions actuelles (le dernier Kamelot par exemple), compresse énormément le son des violoncelles déjà beaucoup trop saturé. Les instruments perdent toute leur saveur et tendent à se rapprocher du son que pourrait produire une guitare électrique. Et c'est là que je pense que le groupe fait une grosse erreur. Leur force par le passé c'était le superbe son naturel et lancinant des violoncelles qu'ils maîtrisent à merveille. Or depuis déjà quelques années les violoncelles se retrouvent de plus en plus en retrait. On se retrouve donc avec quatre chansons où les violoncelles se retrouvent cantonnés à accompagner les « guests » dans des chansons fortement typés pop/rock que le public américain affectionne tant. Le groupe y perd toute son originalité et on se retrouve en face de bête chansons pop/rock qui pullulent déjà sur le marché.

Alors certains me diront que la période “Cult” est finie et que le groupe change d'orientation musicale, je suis d'accord mais c'est pas une raison pour saloper la nouvelle orientation. Le groupe ne doit pas perdre de vue son origine et sa force, ce qui est le cas dans cet album. Alors qu'ils se ressaisissent, enlèvent ces guests inutiles (ah non c'est vrai ils servent à vendre plus) et remettent les violoncelles aux centres de leurs compositions sinon le prochain album risque de frôler les pâquerettes.
Whysy
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le 16 janv. 2015

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quiks

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7th Letargy

Trop inegal pour etre séduisant, trop haché pour etre envoutant, cet opus ne parvient jamais à accrocher. Il restera pour moi une deception, quand on sait de quoi ils sont capables.

le 17 août 2012

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