Voici le neuvième album du groupe sarthois parmi ce qui existe de mieux dans le panorama du rock en France.
9 commence superbement par deux titres crépusculaires, le bien nommé "Le Couchant", au chant murmuré décrivant un tableau vivant du fond d'une campagne qui s'endort et l'émouvant "Les Grandes Marées", qui est comme éclairé à la lueur d'une veillée funèbre. "Jouvence" allume le premier feu par une section de guitares torrides, suivi de la reprise torturée de "Margot", une chanson de Malicorne datant des années 70, vieux groupe apprécié par Xavier Plumas, chanteur, musicien et poète érudit pour le plus grand plaisir. L'instrumental "Mark-Mark" coupe le milieu du disque amenant un peu vers les zones frontalières de Calexico avec un apport de blues et de jazz. Plus sombre, "Marinette" souffle dans des braises plus noisy, fait couler jusqu'à ce qu'on atteigne "Les Abysses", titre poignant sublimé par quelques instruments à vent de cuivre et de bois à vous en tirer des larmes.
Album magnifique, contemplatif et immergeant entre promenades paisibles et mouvementées. Quoi dire d'autre, après que "Les Chevauchées" ait apaisé un auditeur toujours conquis ?