Six ans se sont écoulés depuis leur précédente union. "Six années de musique, de vie dans les caves et les homestudios, deux aller-retour vers Kingston et 40 000 litres de bières ont conduit à l'avènement de cet album. Une explosion entre l’univers de Winston et le mien, une fusion atomique entre son gang et ma bande" selon Camille Bazbaz.
Fruit d'une deuxième collaboration entre le vieux jamaïcain et le Bazbaz Orchestra après le déjà très réussi "A Drop" en 2005, cet album est un passeport permettant de planer au dessus d'une contrée reggae matinée de courants musicaux divers et riches.
Le décollage se fait par "Walking Razor" dans la veine du "Reggae's On Broadway" de Masta Marley, mélange de rock et de reggae.
Fumant autant de weed qu'un cheval a besoin de foin, Winston McAnuff impose une première escale au milieu d'un champ roots avec "Hey Girl" pour rappeler que le maitre à bord est avant tout jamaïcain.
"Special Sunrise" est une mélopée jamaïcow-boy copinant avec un orgue et une guitare aérienne et tremblante semblable au "Bang Bang" de Nancy Sinatra...et Sheila.
D'épaisses volutes envahissent "I Pray To Jah Everyday", une ambiance mystique qui se sirote avec un rhum cubain.
Une ode funky consacrée à "Angela Davis", égérie des Black Panthers, philosophe féministe, communiste américaine (!!!) revêtue de wah-wah dont, en toute modestie, je maitrise parfaitement l'imitation buccale (autant que le son produit par un liquide versé d'une bouteille).
"Jacob's Ladder" est le titre le plus surprenant de la galette : ni plus ni moins qu'un riff ACDCien prédomine tout le long !
Fatigués d'avoir jouer les jambes écartées, Winston et les Bazbaz se réunissent pour se rouler "The Path", un titre A.O.C, acoustique et langoureux.
"Mr White Shirt" & "Easy Rider" est une doublette funky qui précède "Settle Babylone" encore une fois acoustique, des sons tribaux joués par des fées, une mélodie belle à te foutre le frisson et le bourdon et qui se consume par un solo de trompette bouchée qui pique les yeux.
Le trip se conclu par "Mary Mary" qui évoque les productions les plus emblématiques de Robert Nesta dont l'évocation est indissociable de toute production reggae
Injustement reconnu, je conseille vivement de s'étourdir en compagnie de Winston McAnuff et de faire tourner sa maigre discographie mais toujours de qualité.
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