Jennifer Gentle – A New Astronomy – (2006)


Après le navrant album juste au-dessus, voici une autre curiosité, dans un style très différent. C’est ça qui est bien avec ce genre d’album, des surprises, de l’inattendu et de l’inimitable, allez, vous allez être servis avec ce nouvel opus, « A New Astronomy », si vous ne le connaissez pas déjà. Bonne nouvelle (ou pas, en fait), se trouve à prix dérisoire sur discogs, mais y a-t-il une raison à cela ?


Heureusement il y a les notes de pochette, elles permettent de situer l’enjeu de cet ovni. Déjà on apprend que cet enregistrement se classe côté low-fi, il a été enregistré dans la chambre d’un dénommé Marco Fasolo, sur un magnétophone à cassettes quatre pistes, alors ne faites pas le malin avec votre grosse chaîne Hi-Fi, elle ne sera pas d’un grand secours !


On apprend également que l’album est dédié à Giovanni Paneroni, astronome amateur et vendeur de glaces et de bonbons. Il a exprimé l’idée que la terre était plate, qu’il y avait des glaces tout en haut et tout en bas de la Terre et que le soleil est ridiculement petit, avec deux mètres de diamètre et quatorze kilos de masse. Il est évident également que les planètes ne bougent pas et que les étoiles sont des feux accrochés au ciel: Copernic est donc un dangereux faussaire! Giovanni a contacté de nombreux savants de son époque et est ainsi devenu connu en Italie, mais il mourut en mille neuf cent cinquante dans un hôpital psychiatrique, des milliers de personnes assistèrent à ses funérailles…


Les notes, convenons-en, donnent envie. Alors la folie sur la galette rivalise-t-elle avec celle de notre illuminé astronome ? Je dirais plutôt oui, mais tout en sachant que la musique ici est essentiellement expérimentale, et qu’elle fera sans doute fuir le plus grand nombre, clopin, clopant...


Les bandes sont pas mal triturées, bidouillées, à la recherche de sons ambiants que l’on pourrait classer dans plusieurs catégories légèrement différentes. Il y a celles où s’entendent les cordes torturées d’une guitare, comme sur « Hiss From Nowhere », cette proximité d’un instrument connu rassure, même s’il n’y a que dissonance et répétition, on se croirait dans une sorte de manège tournoyant, même si rien ne bouge dans l’univers de Giovani.


Dans cette même catégorie il y a également le titre « Hollow Earth Theory » presque mélodique qui donne le change. Mais il y a également des chansons comme le joyeux « The Cannibal Club » au son un peu crado qui va bien, ou encore la dernière pièce « Me And Joe On The Moon » de cette même espèce, mais du genre ritournelle, qui donne à penser et à tourner (encore ?)


Il y a également des pièces un peu plus noires, légèrement noise, comme « Church of the Black Emptiness » ou le titre d’ouverture « Lost Aurora » qui nous plongent directement dans le gothique ou l’étrange, ou encore l’espace flottant et froid qui glace les os et effraie le chaland de passage…


La catégorie bidouillage de bandes offrent des résultats divers, voire opposés, comme sur « What Did You Say » qui appartient également au groupe chansons. Il y a également le planant « Music From Mars ». Bref pas mal de bidouilles sur cet album paru, à l’origine en Cdr, puis réédité l’année suivante sous cette forme actuelle.


Chacun se fera sa petite idée, les astronomes amateurs également…

xeres
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le 2 juil. 2025

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