Voici le saxophoniste Binker Golding, la moitié de Binker and Moses, à la tête d’un quartet de jazz comprenant quelques grands noms de la scène londonienne. On retrouve Joe Armon-Jones au piano, Daniel Casimir à la basse et Sam Jones à la batterie qui jouent tous les trois également aux côtés de Nubya Garcia. Plus que de post-bop on pourrait même parler de hard bop tant on se plonge dans le style ancien, Binker se replie sur ses fondamentaux en interprétant les sept titres de l’album, tous de sa composition, avec ce quartet entièrement acoustique et ce son rétro. Un certain classicisme, y compris dans le lieu d’enregistrement puisqu’il s’est déroulé dans les mythiques studios « Abbey Road ».
D’une certaine façon c’est assez osé, il y a du panache à se mesurer aux artistes « Blue Note » à l’ancienne, dans un genre et un style où tout semble avoir été dit, les « grands noms » surgissent du passé et d’une certaine façon sont également honorés par ce « petit nouveau » au talent affirmé qui se pose là, avec brio. Il faut citer également Joe Armon-Jones qui est assez époustouflant dans ce cadre, mais aussi les deux autres, brillants également, qui se régalent de quelques solos ! Le dernier titre, « Fluorescent Black » s’échappe vers un tempo très rapide qui emporte, un clin d’œil habile qui semble signifier : « Alors, vous avez-vu ? » La réponse est un « oui » catégorique !