Sam Shalabi – الموسيقي للعرب = Music For Arabs (2014)
Sam Shalabi est certainement un des musiciens Egyptiens les plus intéressants, particulièrement avec la formation « The Dwarfs of East Agouza » que j’ai aimé suivre pendant ses quatre premiers albums, avant de les perdre de vue. Sur cet album du seul Shalabi l’aventure est plus personnelle, centrée sur Le Caire, la ville qu’il chante ici…
Il faut bien le reconnaître, cet album est assez particulier et risque d’en surprendre plus d’un qui penserait y entendre de la musique arabe avec l’ajout psychédélique ou traditionnel qu’on y trouve souvent, de quoi plaire à tous, aux orientaux comme aux occidentaux.
Sam Shalabi a d’autres préoccupations, il a composé cet album au Caire et a joué de tous les instruments, batterie, percussions, daf, mazhar, oud, rabat, salamiyyah, zummara, harmoniums et différents claviers, ainsi que des guitares, des échantillonneurs et des boîtes à rythmes. Il a importé des conversations de rues qu’il a incorporé à son œuvre par collage, particulièrement sur la première pièce, « Music For The Egyptians ».
L’auditeur occidental se sent un peu mis de côté par la barrière de la langue, car un dialogue s’instaure par-dessus la musique, dont la compréhension semble assez primordiale, d’un autre côté l’album de nomme « Music for Arabs », alors il n’y a pas à se plaindre !
Les invités de l’album parlent ou chantent, ainsi on y entend Aida El Kashef, Maurice Louca, Amir Samman, Sherif Sami et Alan Bishop, son voisin d’escalier, apparemment à l’étage au-dessous. Mais le plus important c’est de souligner l’aspect expérimental de l’album qui pourrait surprendre sur les premiers titres, celui déjà cité et le second, « Luxor Dancer ».
Inversement, les deux derniers sont beaucoup plus accessibles, « The Wherewithal » et « Music For The Egyptians part 2 » qui penche côté traditionnel avec ce magnifique solo de oud, accompagné de temps en temps par un clavier. Les deux autres titres, ceux du milieu sont entre les deux, « Revolution » sur les préoccupations du moment et « The Ennemy of my ennemy » qui mélange modernité et tradition.
Du coup un album dont l’écoute peut précéder l’achat, afin d’éviter d’éventuelles déconvenues.