Armén
-
Armén

Album de Pouppée Fabrikk (2020)

Disons le tout de go: je suis un immense fan de Pouppee Fabrikk et les place au sommet de la chaîne alimentaire EBM (ou EKM pour être précis. Sont-ils pour autant les meilleurs en composition de lignes de basse irrésistibles et rythmiques qui emportent tout "comme un ouragan"? Ça peut se discuter mais en revanche, ce qui ne se discute pas, c'est je dirais "l'attitude" de leur musique, l'absence totale et absolue de compromission que l'on y trouve, à l'intérieur, dedans. Pouppee Fabrikk est resté fidèle a une ligne claire: faire de la musique de Bonhomme avec un son âpre et des basses testostéronées comme rarement vu.

On comprend aisément qu'avec un tel business plan le groupe n'allait pas remplir le stade de France et c'est donc en fonction des aléas de la vie que s'est égrainée une discographie qui m'a longtemps laissé sur ma faim: quelques albums réguliers entre 1990 (dont le fabuleux Portent) et disons 2001 pour l'E.P. Elite electronics puis plus rien.

En 2013 pourtant, l'album The Dirt sort de nulle part. S'il est surtout constitué de vieux titres remis au goût du jour, il n'en devient pas moins un classique avec des moments mémorables et surtout un son a faire dresser les cheveux sur la tête : absolument massif et parfaitement maîtrisé. C'est là, je dirais que le groupe atteint l'apothéose sonore en produisant une musique qui est aussi violente que subtile. Oui car Pouppee Fabrikk c'est du faux bourrin, du faux simple si vous voyez ce que je veux dire. Un son qui sent l'artisanat du synthé, pas le VST moderne.

Armen est le premier vrai nouvel album en 20 ans. Le son est aussi dur que sur The Dirt et l'habillage sonore toujours aussi subtil et original. Quant aux lignes de basse et au chant... mamma mia. On dit que les artistes peuvent s'assagir en vieillissant, ici c'est tout le contraire. La voix sauvage d'Henrik Björkk est salie par une belle couche de distorsion comme le reste de l'ensemble d'ailleurs, plus cru que jamais. Les hymnes évidents que sont Only control ou I'm here to stay sont tout simplement inoubliables. L'album est parfaitement cohérent et souligne le propos de Pouppee Fabrikk magistralement, propos qui résonne ici comme un cri et que l'on pourrait formuler de la façon suivante : "Nom de Dieu mais c'est quoi cette société de mauviettes!".

Armen n'a pas d'équivalent

BnRkl
10
Écrit par

Créée

le 25 août 2025

Critique lue 4 fois

BnRkl

Écrit par

Critique lue 4 fois