Jessica Pavone – Army Of Strangers – (2011)
J’avais déjà évoqué Jessica Pavone à propos de l’album « Departure Of Reason » enregistré cette même année deux mille onze avec Mary Halvorson. Elle joue du violon et de l’alto et se retrouve ici en compagnie d’un entourage qui pourrait tout aussi bien convenir à un environnement rock, avec Pete Fitzpatrick à la guitare électrique, Jonti Siman à la basse et Harris Eisenstadt à la batterie.
Cet album brouille un peu les cartes côté catégorisation, où le ranger ? D’un autre côté c’est plutôt bon signe cette liberté retrouvée, hors des pistes conventionnelles. Incontestablement l’alto ajoute également une couleur folk qui se marie fort bien avec le sens mélodique de Jessica et son excellence à la composition.
La pièce d’ouverture « Cast Of Characters » est très impactante et attire l’oreille immédiatement à la façon d’un tube, mais chaque compo porte son petit mystère, son charme indéfinissable qui fait de Jessica une musicienne d’un grand intérêt. Elle a également joué avec Anthony Braxton, s’est frottée aux « Songs of Love and Hate » de Leonard Cohen, est passée par Tzadik et j’en passe, sa trajectoire est assurément originale et sans tabou.
Cet album paru chez « Porter Records » est assurément une pièce de plus dans un parcours hors norme. Les morceaux sont souvent courts, entre deux et cinq minutes, excepté « There Won't Be Walking In The Daylight », la pièce la plus longue qui se développe avec intérêt mais ne franchit pas le seuil des sept minutes. Quatre titres sont joués au violon et les six autres à l’alto.
D’une pièce à l’autre la newyorkaise distille des ambiances très particulières, créant de petits univers gérants des émotions très différentes, souvent d’inspiration très rock, le trio à l’arrière se montre très efficace à ce jeu, comme sur « Karmic deservation ».
Il faut dire que tout semble très écrit, ce sont des instrumentaux, mais qui ne résistent pas au format chanson pourrait-on dire, avec une écriture serrée et précise qui ménage ses effets. C’est en effet une des particularités de Jessica que de passer d’un format « corseté » à un autre très libre selon les rencontres…
Il va falloir encore creuser un peu, à la recherche d’une musicienne qui en a encore long à raconter…