Andy Haas – Arnhem Land
Voici « Arnhem Land » signé par Andy Haas paru en 1997 sur le label japonais « Avant ». C’est John Zorn qui est à l’origine de ce label spécialisé dans les musiques expérimentales, d’avant-garde ou de free jazz. Ainsi ce sont plus de quatre-vingts albums qui sont parus entre 1992 et 2004. La création de « Tzadik » sonnera la fin du label « Avant » qui recèle pas mal d’albums de très grand intérêt.
Celui-ci par exemple est hors norme. Andy Haas y joue du Didgeridoo ou « didgeridu », cet instrument traditionnel australien est âgé de plus de soixante-cinq mille ans et fait partie de la culture et de la spiritualité des aborigènes. Il est fabriqué à partir d’un tronc d’eucalyptus rongé en son intérieur par les termites. Chaque instrument est unique, pour en jouer il faut utiliser la technique du « souffle continu » ou « souffle circulaire ». Il a la réputation d’être l’instrument le plus ancien du monde à l’exception des percussions.
Je possédais déjà un album autour de cet instrument, « Terra Africa » de Bruno Moury et Christophe Mad’dene, plutôt folk, il ne s’échappait guère d’une certaine tradition, je l’aime beaucoup. Celui-ci je l’ai acquis il y a peu, le temps que son écho arrive à moi, il faut dire qu’il a dû traverser la terre.
Ce qui le différencie du précédent c’est l’approche très actuelle, ainsi le didgeridoo devient-il l’interlocuteur privilégié pour un autre musicien. C’est donc une succession de duos qui s’affiche ici et les intervenants sont des figures des musiques improvisées ou d’avant-garde, gravitant le plus souvent autour de la planète John Zorn.
Ainsi se succèdent à différents instruments Iku Mori, Cyro Baptista, Fred Frith, Anthony Coleman, Makigami Koichi, Cyro Baptista et Keiji Haino. Andy Haas possède une longue pratique de l’instrument et s’inscrit lui aussi dans la modernité, son interprétation est à la fois traditionnelle par la technique utilisée et actuelle dans sa démarche musicale, extrayant des sons inattendus de cet instrument millénaire.